Aller au contenu principal

Le Cérès défend le Certificat d’obtention végétale

Des parlementaires s’intéressent à la convention Upov et à la nécessité de sa signature rapide

IL DEVIENT URGENT de signer la convention de l’Upov UPOV : Union internationale pour la protection des obtentions végétales de 1991 au regard du débat organisé par des parlementaires réunis au sein du Cérès, pour ne pas laisser le système du brevet supplanter le certificat d’obtention végétale. Coutumier des débats agricoles, le Cérès a invité Bernard Teyssendier, ex-chef du département de biologie végétale à l’Inra, et Daniel Segonds, président du directoire de RAGT et vice-président du Gnis, à s’exprimer sur la question « des enjeux de la brevetabilité du vivant pour les organismes de recherche », le 8 avril.

Danger de la généralisation du brevet

Le débat entre le brevet, qui interdit toute réutilisation des semences protégées par ce dernier, et le certificat d’obtention végétale (défini par la convention de l’Upov) utilisé en matière de propriété industrielle, est maintenant éculé. Mais la concurrence entre les deux penche de plus en plus vers le brevet, ce qui inquiète les membres du Cérès mais aussi la filière de production des semences. « La génétique d’asso­ciation aborde maintenant à grande échelle la mise en relation statistique entre un ensemble de marqueurs génétiques et les propriétés phénotypiques des plantes d’intérêt. Cette évolution a pour effet d’augmenter de plus en plus la place du brevet au détriment du COV en matière de protection des variétés végétales. L’enjeu politique est de préserver un modèle d’innovation ouvert, qui organise l’accès de tous à la variabilité génétique, en retenant la notion de patrimoine génétique comme patrimoine commun ; mais aussi d’autre part à la connaissance telle qu’elle est rendue publique dans les brevets, concernant les nouveaux concepts et méthodes de génétique et leur mise en oeuvre par les inventeurs pour la sélection et la création variétale », a insisté Bernard Teyssendier. Ce dernier a dénoncé « la prolifération des brevets ayant pour effet d’em­pêcher aux petits opérateurs l’accès aux ressources moléculaires et de compliquer l’accès à l’infor­mation en matière de propriété intellectuelle. » D’où la nécessité de signer la dernière convention de l’Upov de 1991, que la France tarde à ratifier. Selon le chercheur, des « dérapages » ont eu lieu dans l’UE, par exemple lorsque l’Office européen des brevets a accordé un brevet à Pioneer sur « la seule base d’une description de la composition en acide gras d’un plan de colza. »

Gros manque à gagner pour les semenciers

Pour la filière française, « composée de 60 à 70 sociétés et affichant collectivement un excédent commercial de près de 477 M€ », signer la convention de l’Upov de 1991 n’est pas seulement un moyen de concurrencer le brevet ou de faciliter l’accès aux ressources génétiques. En effet, concernant l’utilisation de semences fermières (strictement interdite par le brevet), celle-ci prévoit une rémunération de la recherche à hauteur de 50 % de la redevance normale, contre 25 % aujourd’hui en France pour le blé.

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

chargement de blé sur un bateau dans le port de Rouen par Senalia
FranceAgriMer alerte sur l’émergence de la concurrence du blé argentin, après une première moitié de campagne dynamique en termes d'exportations céréalières

L’édition du mois de janvier des bilans céréaliers français présente des révisions en baisse des exportations de blé et d’orge…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne