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Production
Le bio affiche une croissance record

Selon l’Agence bio, les surfaces en grandes cultures bio enregistrent un bond de 38 % en 2018 par rapport à l’année précédente. C’est l’une des filières bio les plus dynamiques.

Sur les 2 millions d’hectares cultivés en bio en 2018, plus d’un quart est implanté en grandes cultures : ce sont 513 783 ha, dont 112 000 ha de nouvelles terres converties l’an dernier en céréales et oléoprotéagineux. Un record historique avec 1 363 nouvelles exploitations céréalières en bio. « Cette dynamique est sans précédent, se réjouit Philippe Henri, nouveau président de l’Agence bio. Toutes les régions progressent. La répartition sur le territoire va plus s’équilibrer. » Si le Sud poursuit son essor, avec une poussée continue en Occitanie (surtout dans le Gers et l’Aveyron), les zones céréalières traditionnelles du Nord, de l’Est et du Centre font une percée. « Ces régions ne plafonnent pas les aides, ou peu, stimulant ainsi les conversions. Et les stockeurs, coopératives et privés, poussés par la demande des transformateurs et des consommateurs, organisent aussi des collectes. »

Déficit en voie de réduction

« Le soutien apporté aux créations de silos dédiés, notamment via le fonds Avenir bio de l’Agence bio doté de 8 M€/an, contribue à accélérer cette dynamique », rappelle Florent Guhl, directeur de l’Agence bio. Le financement des Agences de l’eau sur les zones de captages dégradés est incitatif. En Île-de-France, en retard, les grandes cultures décollent : elles concernent la majorité des conversions, et occupent près de 70 % des surfaces bio, soit 12 700 ha. Dans les régions où les aides ont été plafonnées, la mixité bio-conventionnelle persiste. Des collecteurs visent une conversion totale, quoique progressive. Par exemple, la Cocebi, coopérative historique entièrement bio en Bourgogne, impose sept ans à la ferme pour atteindre une activité bio totale. Pour le président Philippe Henri, producteur lorrain de grandes cultures et éleveur de pondeuses et de bovins allaitant, « cette croissance va réduire le déficit français en céréales et oléoprotéagineux bio, pour les filières en alimentation humaine et animale ». Si la France importe environ 30 % de ses besoins en grains, la forte demande en origine France fait chauffer les cours.

 

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