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L'ANMF incite la profession à entrer dans l'ère du digital pour ne pas se laisser distancer

« La révolution numérique est un vrai virage pour les entreprises. Elle doit être portée par toutes les entreprises, chacune doit l'adapter à son niveau », a indiqué Lionel Deloingce, président de l'ANMF, lors de la convention de la meunerie française à Nantes le 16 septembre. L'association a balayé diverses pistes de travail afin de dédiaboliser le numérique auprès des meuniers.

Diminution des TMS

« La réalité virtuelle et la réalité mixte [monde virtuel mais en interaction avec les objets du réel] couplée à la simulation avec mannequin physique peuvent aider à mieux analyser ou prototyper un poste de travail », explique Claude Andriot, expert en réalité virtuelle au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Parmi les préoccupations des meuniers, la diminution des risques liés aux troubles musculo-squelettiques (TMS) dans la profession a été largement évoquée, en particulier pour les postes de chauffeurs-livreurs (port de charges lourdes). Pour réduire les TMS, le CEA accompagne des sociétés en concevant des exosquelettes ou des cobots (robots non autonomes), dont l'objectif majeur est de tester les dispositifs dans des conditions réelles. Le prix d'un exosquelette est de quelques dizaines de milliers d'euros au minimum. Des solutions existent en matière de process telles que des appareils à cylindres connectés, facilitant les analyses en ligne (granulométrie et couleurs des produits) et la collecte de datas, comme l'a présenté Christophe Piquerel, responsable Meunerie France chez Bühler. À l'avenir, l'ensemble de la mouture se gérera à distance en fonction de paramètres prédéfinis, estime-t-il. De plus, le SAV pourra être traité à distance et planifiera les commandes automatiquement en fonction des datas collectés. Face à ces changements, certains meuniers restent sceptiques craignant une perte de transmission de savoir. Autre exemple non issu de la meunerie : des lunettes connectées sont utilisées en maintenance pour assister l'opérateur lors de ses prestations. « L'utilisation de lunettes serait bénéfique puisque la prise en charge du problème serait plus rapide et nous n'aurions plus à payer les frais de déplacement », selon un meunier. Une technologie qui serait aussi un bon outil de formation.

Comment accéder à ces nouvelles technologies

« Une cinquantaine de millions d'euros est attribuée par France-AgriMer pour favoriser le développement de nouveaux projets et Bpifrance en octroie également », indique Kevin Camphuis, cofon-dateur de ShakeUpFactory. « La plupart des sommes allouées ne sont pas utilisées. La France propose un des systèmes d'aides au financement les plus généreux. Il faut s'en saisir car les start-up ne s'en privent pas », complète-t-il. Pour faciliter la “digitalisation des entreprises”, les projets d'innovation en collaboration avec des start-up apparaissent comme une solution prometteuse, selon l'expert. Par ailleurs, le CEA pourrait accompagner les meuniers en diagnostiquant leur environnement de travail dans le but de leur proposer des solutions viables par rapport à leurs problématiques. Par la suite, l'organisme public sera en mesure de créer un prototype adapté au site industriel et l'outil pourra être réellement testé sur place. Soulignons aussi que des partenariats dans la filière sont envisageables pour mutualiser les coûts des projets avec le CEA. 

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