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Rapport OCDE/FAO
La hausse des prix est durable

Alors que la communauté internationale essaie de trouver des solutions à la crise, les analyses concluent à la persistance du déséquilibre alimentaire ces dix prochaines années

LES PRIX des produits agricoles resteront élevés et volatils. Les dernières Perspectives agricoles, étude conjointe de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ont été dévoilées le 29 mai à Paris en présence du secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, et de Jacques Diouf, directeur général de la FAO. Ce rapport est le fruit de quatre années de collaboration. Il présente les tendances d’évolution des prix et productions des matières premières agricoles pour la période 2008/2017. Des chiffres très attendus alors s’est tenu du 3 au 5 juin à Rome un sommet organisé par la FAO sur la sécurité alimentaire mondiale, et les défis du changement climatique et des bioénergies. Plus de 151 pays et 2.500 participants ont ainsi tenté d’accorder leurs positions pour trouver des remèdes à la flambée des prix.

Un fléchissement est attendu

Selon le rapport, les prix des produits agricoles mondiaux « devraient fléchir par rapport à leurs récents niveaux records, mais devraient sur les dix prochaines années se maintenir au-dessus de leur valeur moyenne de la décennie passée ». L’inflation pourrait s’accroître à court terme, à mesure que la hausse des prix des denrées de base se répercute dans toute la filière. Pour expliquer cette tension spectaculaire depuis 2005/2006, les analystes pointent une météo défavorable dans les grandes régions de production céréalière, des stocks mondiaux « peu abondants », la demande croissante de l’industrie des biocarburants, mais aussi la modification de régimes alimentaires à base de produits animaux dans certains pays en développement. Quelques-uns de ces facteurs sont ponctuels, ce qui explique la prévision de baisse progressive des cours.

Marchés céréaliers sous tension

Les marchés céréaliers devraient rester tendus jusqu’en 2017, malgré une augmentation modérée mais constante de la production dans les années à venir. Selon l’étude, « les projections de prix pour la période 2008-2017 indiquent une augmentation de 40 à 60 % pour le blé et le maïs ». La croissance de l’industrie des biocarburants, de même que les besoins grandissants pour les activités d’élevage en pleine expansion, vont peser de manière importante sur des stocks à un niveau déjà critique. La production mondiale d’éthanol devrait doubler d’ici 2017. Les producteurs seront donc incités à consacrer davantage de terres aux céréales, même si la concurrence avec les oléagineux est forte. Les échanges céréaliers atteindraient de nouveaux sommets. L’Australie devrait revenir au premier plan, même si des craintes se font déjà sentir sur la prochaine récolte. Pour les exportations en céréales secondaires, l’Ukraine et l’Argen-tine devraient jouer un rôle de plus en plus important. Concernant le riz, la production mondiale devrait augmenter de 10 % en raison des gains de productivité dans les principaux pays producteurs, ou les superficies cultivées devraient néanmoins diminuer. La consommation de riz devrait s’accroître en Afrique (cf. édition du 25/04).

Oléagineux poussés par la forte demande

Selon l’étude, l’augmentation de prix sur 2008/2017 serait de plus de 60 % pour les graines oléagineuses et de plus de 80% pour les huiles végétales. La consommation de ces produits connaîtra également une croissance plus importante que pour les autres matières premières, principalement en raison d’utilisations alimentaires en hausse, surtout animales. La demande pour le biodiesel jouera aussi un rôle de plus en plus marqué.

Quelles solutions ?

La situation est critique. 22 pays, majoritairement africains, sont plus vulnérables selon la FAO. Ces nations cumulent une sous-alimentation chronique, supérieure à 30 %, à une forte dépendance aux importations, notamment de céréales et de pétrole. 862 millions de personnes souffrent de la faim et de malnutrition selon Jacques Diouf, qui a martelé : « Des mesures cohérentes doivent être prises de toute urgence ». Pour le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki Moon, révélant au sommet de la FAO un « plan d’action » contre la crise, la production alimentaire doit « augmenter de 50 % d’ici 2030 » pour répondre aux besoins. Il aspire aussi à « un consensus international sur les biocarburants » et à la suppression des taxes à l’export. Les USA proposent d’accroître la production grâce aux biotechnologies. Le rapport de la FAO plaide à court terme pour une aide humanitaire d’urgence. A long terme, l’accent doit être porté sur la productivité dans les pays qui souffrent.

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