Aller au contenu principal

Marché bio : la deuxième partie de campagne commerciale est attendue calme par les acteurs français, après le salon BioFach

BioFach, l’un des plus grands salons mondiaux consacré à l’alimentation biologique s’est tenu à Nuremberg en Allemagne entre le 10 et le 13 février 2026.

Le grand salon de la bio BioFach (ici le stand des innovations) s'est tenu du 10 au 13 février 2026 à Nuremberg en Allemagne.
© BioFach

Le salon BioFach, à Nuremberg en Allemagne a réuni 32 000 visiteurs professionnels venus de 135 pays et 2 200 entreprises exposantes de 90 pays du 10 au 13 février 2026. Cette année, l’Inde était à l’honneur en tant que « Pays de l’année ». Cette nation affiche une « croissance rapide en tant que fournisseur de produits biologiques certifiés avec un réseau en expansion de 1,6 million d’agriculteurs bio », ont souligné les organisateurs. L’Allemagne compte bien jouer un rôle majeur comme « porte d’entrée des marques bio asiatiques sur le marché européen, un aspect à suivre de près pour les équipes en charge de la relocalisation et des approvisionnements ». 

Lire aussi : Céréales et oléoprotéagineux bio : des équilibres de marché fragiles à l’approche de la fin de campagne

Quelques éléments de cadrage en Europe

Selon plusieurs acteurs français présents sur le salon, il apparaît une Europe à deux vitesses pour cette deuxième partie de campagne : un marché français qui pourrait être assez calme et une partie de l’Europe, notamment en allant vers le Nord, plutôt active. Hors blé, un opérateur estime que 80 à 90 % de la collecte annuelle a déjà été vendue dans l’Hexagone.

En France, quelques signes positifs côté consommation bio

Pour la France en particulier, on note quelques signes positifs côté consommation, surtout en valeur mais moins en volumes, avec notamment une dynamique de retour en GMS. En ce qui concerne l’Allemagne et l’Europe du Nord, on constate des améliorations tant en volumes qu’en valeur. Avec des opérateurs qui sont à la recherche de blé, d’orge ou encore de féverole origine France. Néanmoins, ce sont des prix export, donc pas forcément super rémunérateurs pour les producteurs de l’Hexagone.

Des disponibilités en Europe de l'Est

Les acteurs en provenance de Lituanie et de Roumanie étaient vendeurs en céréales sur le salon, ce qui signifie qu’il y a encore des stocks, mais les coûts de transports apparaissent un peu prohibitifs et amputent la compétitivité.

Autre élément évoqué post salon : comme chaque année, des questions autour de la certification bio allemande Naturland qui constitue un point de blocage dans les négociations pour ce pays (logistique, spécificité des lots, qualité…) et freine le commerce.

Et la France dans tout ça ?

De la rétention en blé meunier bio

En France, depuis septembre, les producteurs sont plutôt sur une logique de rétention, avec l’espoir de vendre au mieux leur blé meunier. « Je ne serais pas surpris de voir sortir des lots initialement de qualité meunière être vendus en blé fourrager » car il reste des volumes à vendre avant la fin de campagne. La question est de savoir jusqu’à quand les fabricants d’alimentation animale sont réellement couverts. « On pourrait avoir un peu d’activité commerciale en fin de campagne et avant l’arrivée effective de la nouvelle récolte », estime ainsi un intervenant de marché. « Il existe toujours un point d’interrogation concernant les besoins de blé dans l’hexagone. La demande en blé meunier est toutefois bien présente à l’étranger », précise un autre acteur.

Peu de volumes en orge, en triticale et maïs bio

Du côté de l’orge et du triticale, « ça ne bouge pas », et il existe peu de volumes disponibles sur le marché. A signaler que l’orge est devenue moins intéressante en formulation. Egalement à intégrer pour la suite de la campagne, le fait que « jusqu’en tout début d’année 2026 les pays du nord ont acheté beaucoup en France mais ont cessé leurs achats depuis ».

En maïs, le marché s’annonce comme très tendu avec des ventes déjà très avancées sur des volumes en baisse par rapport aux campagnes précédentes. De plus, la collecte de maïs à venir en 2026 s’annonce comme assez faible du fait d’une sole semée en baisse. « On s’attend à des stocks de report très faibles et les semis à venir seront relativement faibles en raison de très gros semis en céréales à paille. Il n’y a que très peu de place pour le maïs dans les rotations de culture actuellement ».  On s’attend à des hausses de prix après le mois de juin en inter récolte même si « on opère un peu dans le brouillard » à cet horizon. Mais selon certains, « il y aurait toujours des stocks à valoriser ». 

Bilan lourd en avoine et sarrasin bio

Le bilan est très lourd en avoine, « il faut que les prix réagissent pour générer de la demande ». Sur une récolte qui aurait atteint 60 000 t, seulement 30 000 t auraient été vendues et 5 000 t seraient réservées pour l’alimentation animale. Le solde finira probablement dans les stocks de fin de campagne.

Et la situation en sarrasin est lourde en bio mais tendu en conventionnel, ce qui pourrait aboutir à des déclassements sur la deuxième partie de campagne.

Côté protéagineux, le pois est recherché mais il n’y a pas de disponibilité. A contrario, des volumes de féveroles sont disponibles mais les acheteurs attendent un peu, trouvant les prix un peu élevés.

En luzerne, il faut désormais attendre fin mars avec les premières transactions sur la nouvelle coupe pour avoir une idée plus précise sur la suite de la campagne. 

Faibles tonnages en tournesol et colza

La deuxième partie de campagne devra composer avec de très faibles disponibilités en tournesol et en colza. Pour ce dernier, « je ne serais pas surpris de voir les prix grimper un peu et dépasser les 1 000 €/t d’ici juin (NDLR : 960 – 980 €/t actuellement) en fonction des besoins et vu le manque de marchandise », indique un opérateur du marché en France. Le marché du tournesol se trouve dans un état particulier et il n’y a apparemment pas beaucoup d’activité sur le physique avec les prix demandés actuellement. Les disponibilités en graines sont certes limitées mais comme l’huile se vend difficilement avec les niveaux de prix élevés actuellement, les triturateurs ont besoin de vendre du tourteau pour équilibrer les comptes. Les stocks de tourteaux en Europe du Nord sont à sec. Pour autant, les fabricants d’alimentation animale ne s’y retrouvent pas financièrement avec des prix français entre 710 et 730 €/t et un tourteau de soja compétitif. Les ventes de tourteau de tournesol pourraient potentiellement se débloquer avec des prix sous les 700 €/t.

La rédaction

Lire aussi : Céréales et oléoprotéagineux bio : manque de disponibilités en tournesol, maïs et petit épeautre

Les plus lus

Graphique prix blé orge mais France au 3 septembre 2026
Marché des céréales du 3 septembre 2026 : Retournement du marché des céréales et chute du prix du blé

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 2 et le 3 septembre 2026, expliquée par La…

Graphique prix blé orge maïs France au 21 septembre 2026
Marché des céréales du 21 septembre 2026 –  Les prix du blé et du maïs rebondissent fortement sur les marchés

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 18 et le 21 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le…

<em class="placeholder">Image générée par l&#039;IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d&#039;évolution.</em>
Marché des céréales et du sucre du 19 au 26 août 2026 - Les cours du blé tendre poursuivent leur hausse d’une semaine sur l’autre, avec une possible aggravation du conflit russo-ukrainien
​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres…
<em class="placeholder">Chargement de grains dans la cale d&#039;un navire.</em>
Marché des céréales : les importations de maïs primeront sur les exportations dans les ports de l’ouest de la France cette campagne

Les retours de congés poussent les opérateurs à se renseigner sur les disponibilités et à questionner sur les prix, notamment…

<em class="placeholder">évolution des prix du gaz naturel (Dutch TTF Natural Gas)</em>
Marché des engrais : le prix de la solution azotée a fortement augmenté en août 2026
Les cours des fertilisants ont évolué en ordre dispersé en ce mois d’août 2026, sur un marché peu actif dans l’ensemble.…
Marché des céréales du 17 septembre 2026 –  Baisse généralisée des prix du blé et du maïs

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 16 et le 17 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne