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La Commission européenne décide de renforcer les importations de sucre

Face à l'arrêt imminent des quotas sucriers, les pays européens devront davantage se tourner vers l'export, ce qui implique une meilleure compétitivité et une chute des prix.

Avec un timide raffermissement du prix du sucre européen, les planteurs de betterave et canne à sucre, réunis les 9 et 10 mai à Versailles, auraient pu envisager sereinement l'arrêt des quotas. Cependant, la Commission européenne envisage d'intensifier les importations afin d'éviter un emballement des prix, avant leur probable chute. « Nous comptons ouvrir le marché européen du sucre en supprimant certaines taxes douanières à l'importation. Nous avons déjà des accords de libre-échange avec le Mercosur et le Canada notamment. Nous souhaitons accroître leur nombre afin de pouvoir faire face à l'arrêt des quotas », a expliqué Martin Van Driel de la DG Agri de Bruxelles sous les huées de l'assemblée. À cela, Olivier de Bohan, pré-sident de Cristal Union, a demandé de clarifier la position de la DG Agri, en ajoutant : « Arrêtez de nous mettre des bâtons dans les roues! »

La France tournée vers l'export

L'UE est le troisième producteur de sucre dans le monde, avec 16,5 à 17,5 Mt fabriqués chaque année. En 2017, la libéralisation du sucre va booster la production de betteraves de 6 à 17 %, et l'isoglucose risque de passer de 0,7 à 1,2 Mt, voire 2,4 Mt, perturbant le marché.« L'UE devra être compétitive face à l'isoglucose, au sucre importé et aux autres cultures », prévient Martin Todd du cabinet de conseil LMC. D'autant plus que la consommation de sucre migre vers l'isoglucose. Après 2017, le cours moyen du sucre devrait s'aligner à la baisse sur ceux mon-diaux, soit un prix de la betterve inférieur à 25 €/t, selon Elisabeth Lacoste, secrétaire de la CIBE. Il convient donc de consolider le secteur et de saisir les meilleures opportunités. « En France, nous exportons 2 % de notre production. Après la fin des quotas, nous devrons exporter le double », explique Alain Jeanroy, directeur de la CGB. « Pour certains planteurs, les exportations seront des opportunités, considère pour sa part Elisabeth Lacoste. Mais nous pensons qu'ils peuvent produire davantage mais aussi se tourner vers des cultures alternatives. » Lors de son allocution, Stéphane Le Foll a quant à lui rappelé que « la filière doit s'assurer de la transparence des prix et de la bonne répartition des valeurs ajoutées ».

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