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Macro-économie
La Chine doit rectifier le tir pour assurer à terme son taux de croissance

Les débouchés extérieurs s’essoufflant, l’Empire du Milieu doit développer sa demande intérieure et augmenter la qualité de ses productions.

« DEPUIS UN OU DEUX ans, nous avons eu une vision de la Chine qui allait nous “manger tout cru”, rappelle Patricia Le Cadre, directrice adjointe du Céréopa et animatrice des débats de Vigie Matières premières, qui se sont déroulés le mardi 27 novembre à Paris. Aujourd’hui, nous allons parler d’une Chine qui risque de dérailler. » C’est en tout cas l’hypothèse que Pierre Sabatier, stratégiste et cofondateur du cabinet Prime View, émet dans son livre “La Chine, une bombe à retardement ?”, qu’il a écrit avec Jean-Luc Buchalet.

En récession dans les deux ans
    De 2001 – année de son entrée à l’OMC – à 2008, la Chine aurait appliqué le modèle allemand : « on vend de la compétitivité coût et on fait reposer la croissance économique exclusivement sur les exportations », explique Pierre Sabatier. En 2008, pour éviter la récession, elle y adjoint le modèle espagnol : « on achète la croissance à crédit en investissant toujours plus dans les infrastructures et le résidentiel », continue-t-il. Aujourd’hui, le ralentissement « sévère » de croissance économique en Chine s’explique par le double phénomène de la perte de vitesse des exportations, au regard de la récession européenne et américaine, et de l’essoufflement de la politique de surinvestissement.
    Si la situation économique dans l’UE et aux États-Unis ne se reprend pas rapidement, comme le prédit l’OCDE, les situations de faillite en Chine vont se multiplier. Pour relancer la machine, le pays n’a d’autre choix que de développer sa demande intérieure, en passant d’une compétitivté coût à une compétitivité hors coût. Autrement dit : « L’avenir de la Chine, ce n’est pas produire, c’est produire avec de la qualité et de la traçabilité, pour de riches Chinois de plus en plus nombreux », estime l’économiste. Et le passage d’un régime végétal à un régime carné soutiendra les prix des matières premières agricoles sur le long terme.
    Cependant, dans l’immédiat, « le développement de la demande intérieure chinoise passera par une récession du type de celle que les pays occidentaux ont traversé dans les années 70, une récession de surcapacité d’offre classique, parie Pierre Sabatier. Dans les deux ans, la Chine devrait connaître un accident de croissance beaucoup plus important que ce qui est évoqué aujourd’hui dans la presse. »

Une nécessaire innovation de rupture
    La problématique du gouvernement chinois, totalement conscient de cette situation, est double : « la reprise en main par le gouvernement central des pouvoirs régionaux, très forts et corrompus, et le développement d’une demande intérieure qui nécessite une montée en gamme grâce à l’innovation », déclare Pierre Sabatier. L’idéal serait l’innovation de rupture, qui permet de créer de la richesse en se tournant vers des activités à plus fort taux de marge, mais qui nécessite un débat contradictoire. Or, ce dernier peut-il être accepté dans un régime autoritaire ? Il faudrait « une vraie redistribution des cartes, qui ferait abandonner le pouvoir au Parti communiste, pour avoir une vision plus collégiale de l’économie », affirme le stratégiste. Mais pour le gouvernement en place, cela veut dire se tirer une balle dans le pieds.

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