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Spécial Congrès des grains de Dijon
« La Bourgogne/Franche-Comté, hormis en colza, a produit une belle récolte »

Fouzia Smouhi, présidente de l’Association du Congrès des grains de Dijon et directrice générale de Cérévia, fait le point sur les moissons d’été dans sa région, en amont de la bourse professionnelle qui se tient le 6 septembre.

Fouzia Smouhi, présidente de l’Association du Congrès des grains de Dijon et directrice générale de Cérévia
© Cérévia

La Dépêche-Le Petit Meunier : Quels sont les atouts et les faiblesses de la récolte 2019 en Bourgogne/Franche-Comté ?

Fouzia Smouhi : Concernant les céréales, la qualité et la quantité sont globalement satisfaisantes, hormis un taux de protéines bas et un faible calibrage sur certains secteurs en orge de printemps. Nous constatons des rendements record localement mais, malheureusement, une disparité entre les zones est plus que jamais marquée cette année. C’est le colza qui représente la grande déception de cette récolte. La collecte est en retrait de plus de 40 % par rapport aux années précédentes. En blé tendre, la quantité et la qualité sont plus que satisfaisantes, avec une hétérogénéité des rendements entre les zones : le sud de notre région connaît une belle augmentation en volumes, une disparité est constatée entre la plaine et les plateaux. Le poids spécifique et les taux de protéines sont bons à très bons, et ce, sur l’ensemble de la grande région, avec un P/L (rapport de l’élasticité sur l’extensibilité d’une pâte) qui peut être assez élevé pour certaines utilisations. Sur un plan sanitaire, nous avons une récolte de grande qualité, 2018 ayant enregistré des problèmes de mycotoxines. Les orges d’hiver présentent de bons taux de protéines, un calibrage correct et un très bon rendement moyen, en hausse de 10 % sur certaines zones par rapport à l’an dernier. En orges de printemps, les taux de protéines sont en moyenne conformes aux normes, avec des rendements corrects mais des calibrages peu satisfaisants. La grande déception de cette récolte 2019 reste le colza avec, d’une part, des surfaces en forte baisse sur certaines zones et, d’autre part, des rendements catastrophiques, historiquement bas, dus en partie à des conditions climatiques défavorables au cours de son développement. Quant à la moutarde – production symbolique de la région –, elle est source d’une forte déconvenue en raison de rendements faibles. Cette filière régionale a vraiment besoin d’être soutenue.

LD-LPM : Quel est l’état des cultures de printemps dans votre région ?

F. S. : Avec deux canicules successives (la première fin juin et la deuxième fin juillet) et de nombreux records absolus de température battus, les opérateurs sont très inquiets concernant les cultures de printemps (maïs, tournesol et soja).

LD-LPM : Que dire de l’édition 2019 du Congrès des grains de Dijon, qui se déroule le 6 septembre ?

F. S. : L’édition 2019 du Congrès des grains de Dijon se présente bien. Cette bourse professionnelle a toujours lieu début septembre, en alternance avec le Congrès des grains de Nancy. C’est une bourse intéressante car c’est la première rencontre après la moisson où les professionnels peuvent échanger sur la nouvelle récolte. Elle rassemble toujours autant d’organismes stockeurs et industriels du centre et du quart nord-est de la France, ainsi que des acheteurs venant du Benelux, d’Allemagne, de Suisse et d’Italie. On espère la présence d’environ 200 personnes, comme lors de la précédente édition qui s’est déroulée en 2017.

 

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