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Biocarburant
[Coronavirus Covid-19] Biodiesel : tirer les leçons de la pandémie et se projeter dans l'avenir

Une étude intitulée "Covid-19 : Ce que les dirigeants doivent savoir pour planifier le futur des biocarburants" a été publiée par Greenea (société de conseil et de courtage en biocarburants).

© ResoneTIC (Pixabay)

La crise du covid-19 n'a pas épargné le secteur des biocarburants, l'énergie ayant été la principale victime de cette pandémie mondiale. (https://www.reussir.fr/ladepeche/philippe-chalmin-nous-arrivons-au-bout-dune-periode). En France, où le confinement a été assez long et plutôt respecté, les ventes de carburants ont très nettement chutées comme dans l'ensemble de l'Union européenne même si des disparités existent entre les États membres (notamment entre la France et l'Allemagne ou la baisse était moins marquée du fait d'un confinement moins drastique). Spécialisée en conseil dans les biocarburants et en courtage de biocarburants de première et deuxième génération (issus d’huiles alimentaires usagées notamment), Greenea a publié, le 17 juin, une étude intitulée "Covid-19 : Ce que les dirigeants doivent savoir pour planifier le futur des biocarburants" (http://www.greenea.com/fr/publications-2/) établissant plusieurs scénarios de reprise du secteur et les principaux enjeux pour la filière dans les années à venir.

Se préparer à la reprise

Les mesures de confinement au sein des pays de l'UE ont entraîné " la demande de biocarburant, vers un gouffre sans précédent durant le printemps" relève l'étude de Greenea. Cette période comporte 3 phases distinctes décrites comme suit par la société de conseil : une première phase de « ralentissement, pendant laquelle les autorités imposent un confinement afin de ralentir la progression du virus" entraînant de fait une paralysie des transports. Ensuite intervient une transition vers une phase de « reprise », où l'activité économique redémarre localement "tout en maintenant un taux de contamination réduit. Un risque de retour des mesures de confinement est toujours présent, tandis que le secteur des transports se remet progressivement de la crise." Enfin, une phase « future », anticipée par Greenea, qui débutera "lorsqu’une réponse efficace au Coronavirus aura gagné la confiance des instances de décision. A ce moment-là, le secteur du transport se sera stabilisé autour d’un nouvel état normal."

Mais la situation ne sera pas la même pour tous. Il ressort de l’étude de Greenea que la France a connu une baisse de la consommation de carburant et donc de la demande de biocarburant que certains de ses voisins européens notamment allemands et du nord de l'UE n’ont pas connu. Ainsi, les usines de biocarburants aux alentours de Rotterdam n’ont presque pas senti les effets de la crise" leur débouchés étant axés vers les pays nord-communautaire, "tels que l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves, dont la consommation de carburant ne s’est pas complètement effondrée." Dans le même temps, "une grande part des contrats en France ont été reportés à 2021", précise le document.

 

figure 2 étude grena covid

Ainsi "Sur le long terme, l’exemple de la France et de l’Allemagne montre à nouveau des disparités." Le pire des scénarios envisagé par Grennea prévoit "que les augmentations des mandats de biocarburants en 2020 et 2021 en France ne sont pas suffisants pour contrebalancer les effets à long terme de la crise du Covid-19." Le plus optimiste "table sur la hausse généreuse des mandats allemands" qui "permettra au marché de se stabiliser à un niveau supérieur à 2019", estime Greenea.

 

Quel impact du Covid pour le marché européen du biodiesel ?

Pendant le confinement, le prix des biocarburants se sont effondrés dans le sillage du pétrole, entraînant en mars une baisse de 23% pour l’ester méthylique d'huile usagée (EMHU) et de 19% pour l’ester méthylique d'huiles végétales (EMHV), peut-on lire dans l'étude de Greenea. La levée des restrictions progressive à l'échelle mondiale permettant de nouveaux déplacements motorisés et une reprise de l'activité industrielle dopant la demande pétrolière et donc ses prix, a permis une hausse des cours des huiles.

Prix Ucome / Fame et niveau de mobilité.

Ainsi depuis le début du mois de mai, "l’EMHU a repris 10% et le Fame 23%." "S’ils devaient poursuivre leur ascension à ce rythme, les prix auront atteint leur niveau d’avant crise cet été, lorsque toutes les restrictions seront levées", estime Greenea.

Si, la faible demande résultant des confinements nationaux a fait chuter les cours des biocarburants, Greenea note que d'un autre côté, "les différentes dynamiques de mandats parmi les pays européens vont résulter en différentes croissances de marché." Le Covid19 "aura eu le même effet brut en France et en Allemagne, générant des pertes respectives de 770 M€, soit 24% du marché en 2019, et de 749 M€, soit 21% comparé à l’année 2019. Les différences se créent lorsque l’on prend en compte l’effet des mandats. L’augmentation des mandats français aideront le marché national à progresser de 60 M€, tandis qu’en Allemagne, la hausse des mandats permettra au marché de se remettre totalement et même de croître de 100 M€, ce qui correspond à une croissance de 3%", estiment les auteurs de l'étude. Et de s'interroger "Les mandats français ne devraient-ils pas eux aussi augmenter dans un futur proche afin de soutenir le marché ?"

Des opportunités à saisir et des risques à venir

Parmi les sujets à surveiller dans les mois à venir, celui de la politique énergétique aérienne apportera sans doute des évolutions importantes comme le souligne l'étude. La aussi, les différences voix envisagées par les États seront déterminantes pour les différentes acteurs de la filière biocarburant. En Norvège, il est prévu par mandat (à venir) d'intégrer 0,5% minimum de biocarburants avancés (issu de matières résiduels) dans le carburant aérien tandis qu'en Espagne, une loi sur le changement climatique pourrait obligé d'utiliser au moins 2% de biocarburants dans le secteur de l'aviation. L'Hexagone pourrait reprendre cette mesure et la stratégie nationale bas carbone prévoit d'incorporer 2% de biocarburants dans le kérosène en 2025 et 5% en 2030.

Du côté de la Commission européenne, "la Directive des Énergies Renouvelables II (REDII) appliquera dès 2021 un facteur de multiplication de 1.2 pour les biocarburants alternatif au kérosène.

En revanche, des menaces pointent déjà l'horizon avec l’émergence de nouveaux carburants renouvelables utilisés par les véhicules routiers, tels que le biogaz/BioGNV, l'électricité ou l'hydrogène. De nouvelles sources encore chères mais bénéficiant d'un système incitatifs avantageux. 

 

 

Source Graphiques : Greenea

 

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