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Céréales
« Gare à la concurrence des prix »

L’Onigc a souligné lors de son dernier Conseil spécialisé, que la concurrence internationale était toujours vive et nos prix trop élevés…

CONCURRENCE. Lors de son dernier Conseil spécialisé Céréales, organisé le 10 janvier à Paris, l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (Onigc) a indiqué qu’après la trêve des confiseurs, les affaires reprennent lentement dans l’Union européenne et en France. Suite à la forte baisse des prix américains début janvier, les acheteurs se réveillent pourtant. L’Égypte en particulier vient de s’approvisionner en blé américain, russe et kazakh. Malgré des disponibilités plus faibles qu’à l’accoutumée, la concurrence est toujours là. Et l’écart des prix s’est creusé au détriment du blé français, pénalisé en outre par un taux de change euro/dollar défavorable.

UE : un nouveau visage pour le marché

Par ailleurs, l’Onigc a indiqué que la seconde partie de la campagne céréalière démarrait avec l’entrée de deux nouveaux pays dans l’Union européenne. La Roumanie est un important producteur de maïs (8 à 12 Mt) mais produit aussi 5 à 6 Mt de blé. La Bulgarie récolte surtout du blé (3 à 4 Mt) et un peu de maïs (1 à 2 Mt). Contrairement à la Hongrie, ces deux pays ne sont pas enclavés. Ils disposent de façades maritimes et d’installations portuaires.

En Roumanie, les céréales sont achetées par des négociants/stockeurs (issus pour la plupart de la privatisation de Romcereal, ancien monopole d’État) ou des transformateurs. Il existe également un marché informel (achat en culture) difficile à évaluer. Les capacités de stockage de ce pays sont estimées à 10,5 Mt auxquelles il faut ajouter les capacités détenues par les transformateurs (2 à 3 Mt). La qualité des installations est moyenne, des silos verticaux en béton avec des équipements souvent rudimentaires.

Le port de Constanta dispose d’une capacité de stockage de transit céréalier de l’ordre de 250.000 t. Avec plus de 3 Mha semés en maïs ces dernières années, Bucarest est désormais l’un des plus gros producteurs de l’UE. Malgré les fortes fluctuations liées aux aléas climatiques, sa récolte se situe régulièrement entre 8 et 10 Mt et dépasse parfois même 12 Mt. La production de blé est plus modeste, entre 5 et 7 Mt sur 2 Mha environ, avec là aussi, des variations qui peuvent être importantes d’une année sur l’autre.

Quant à la Bulgarie, c’est un pays exportateur qui devrait contribuer à l’approvisionnement de la Grèce et de l’Italie. Ce pays dispose de trois ports céréaliers. Balchik tout d’abord, idéalement situé, avec son hinterland céréalier la Dobroudja, une région très fertile où certaines exploitations ont une superficie de 10.000 ha.

Puis Varna, le principal port de Bulgarie, pour lequel il n’existe pas encore de terminal céréalier dédié, mais dont les capacités de stockage sont susceptibles d’héberger 45.000 t de grains. Varna peut charger des bateaux allant jusqu’à 50.000 tonnes et son approvisionnement est réalisé par camions et trains. La réalisation d’un terminal céréalier d’uen capacité de 120.000 t est envisagée. Et enfin, Burgas, port situé à 110 km au sud de Varna. Le transit annuel de grains est de l’ordre de 250 à 280.000 t et la taille des bateaux chargés en céréales peut atteindre jusqu’à 50.000 t. Le port dispose de capacités de stockage plus étoffées qu’à Varna. Même s’il s’agit d’unités de stockage à plat de l’ordre de 10 à 20.000 t chacune, leur qualité est également nettement supérieure. Le total des capacités pouvant accueillir des céréales et oléagineux est annoncé à 500.000 tonnes.

Politique d’exportation au ralenti

Quant à la Commission, elle conduit depuis plusieurs mois une politique restrictive à l’exportation. Les engagements à l’export de l’UE, (près de 5,4 Mt de blé et 1,7 Mt d’orge) de l’UE sont désormais en retrait par rapport à l’an dernier (5,8 Mt de blé et 1,9 Mt d’orge à la même époque). Par ailleurs, Bruxelles poursuit sa politique de remise en vente des stocks d’intervention sur le marché intérieur. Près de 420.000 tonnes de céréales d’intervention détenues par les Etats membres ont ainsi été adjugées sur le marché communautaire depuis la mi-décembre.

Au total, 3 Mt de céréales d’intervention européennes dont 1,2 Mt de maïs, 1 Mt de blé, 600.000 t d’orge et 100.000 t de seigle ont été revendues sur le marché européen depuis le début de la campagne commerciale 2006/2007.

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