Exportation de céréales : Sica Atlantique espère dépasser les 2 Mt en 2025-2026
Sica Atlantique a exporté plus de 500 000 t de céréales sur le premier trimestre 2026 et espère en charger au moins autant d'ici la fin de campagne 2025-2026. Mais rien n'est moins sûr...
Sica Atlantique a exporté plus de 500 000 t de céréales sur le premier trimestre 2026 et espère en charger au moins autant d'ici la fin de campagne 2025-2026. Mais rien n'est moins sûr...
« Nous n’enregistrons pas un rythme d’exportation hyper dynamique en ce début d’année 2026. Mais nous chargeons régulièrement des navires », commente Pierre-Jean Huré, directeur commercial de Sica Atlantique. Résultat : sur le premier trimestre 2026, le prestataire de service rochelais a exporté plus de 500 000 t de céréales, contre un peu moins de 444 500 t sur la période janvier-mars 2025.
| Exportations au départ du groupe Sica Atlantique | ||
| En tonnes | Janvier-mars 2025 | Janvier-mars 2026 |
| Blé tendre | 193 535 | 239 965 |
| Blé dur | 26 180 | 52 848 |
| Orge fourragère | 183 600 | 119 975 |
| Maïs | 25 000 | 89 335 |
| Total | 444 474 | 508 324 |
| Source : groupe Sica Atlantique | ||
Dans le détail, les chargements de blé tendre dominent largement, suivi par l’orge fourragère. A noter une vraie dynamique en maïs, avec un tonnage qui a plus que triplé d’un an sur l’autre, et un doublement du volume chargé en blé dur.
L'Afrique de l'Ouest, première cliente
La totalité du tonnage de blé tendre a été expédié en Afrique de l’Ouest, qui a également importé un peu de blé dur. L’Italie et, dans une moindre mesure le Royaume-Uni et la Pologne complètent la liste des clients en cette céréale.
L’orge fourragère a pris le chemin, dans un premier temps, de l’Arabie saoudite et, dans un second temps, du Maroc et de la Tunisie.
Quant au maïs, il a été chargé sur le péninsule ibérique.
Faible visibilité sur la fin de campagne
Concernant les perspectives d’export sur le dernier trimestre de la campagne 2025-2026, en l’absence de boule de cristal, il est très difficile de se projeter. « La volatilité des cours des céréales, la variation de la paire euro-dollar et la hausse des coûts de fret maritime, en lien avec le renchérissement du prix du pétrole et la fermeture du détroit d’Ormuz induits par la guerre au Moyen-Orient, rendent difficiles toute prospective. On ne peut qu’espérer que la demande soit active car il reste encore un volume de blé tendre significatif à exporter avant l’arrivée de la nouvelle récolte », déclare Pierre-Jean Huré.
Pour l’heure, le carnet de commande de Sica Atlantique est loin d’être rempli. « Nous avons quelques navires à charger sur le mois d’avril, mais rien sur les mois suivants », se désole Pierre-Jean Huré.
Inquiétude concernant la hausse des coûts de transport maritime
Sans les quantifier, le directeur commercial confirme que les coûts du transport maritime ont bien progressé depuis le début du conflit en Iran. « Et de manière plus significative pour les petits bateaux (coasters) que les grands », remarque Pierre-Jean Huré. De fait, ce sont les trois composantes du prix, à savoir les coûts du navire, les coûts de soute et les coûts d’assurance, qui ont augmenté de façon plus ou moins importante. « Et personne ne sait combien de temps la guerre au Moyen-Orient va durer », s’inquiète le dirigeant de Sica Atlantique.
Dans ce contexte, « les céréales françaises sont plus compétitives sur le Maghreb que les marchandises en provenance de la zone mer Noire et d’Amérique du Sud, ce qui pourrait nous avantager dans le cas où le Maroc revienne au marché », analyse le directeur commercial.
Et de préciser, si « la guerre au Moyen-Orient n’a pas d’impact sur l’exécution des contrats déjà conclus », « le renchérissement du prix des matières premières agricoles et du fret maritime induit par le conflit militaire pourrait avoir des conséquences sur les affaires à venir », précise Pierre-Jean Huré. La demande des pays importateurs pourrait être plus limitée.
Pour l’heure, Sica Atlantique, fort de ses 1,6 Mt déjà chargées à fin mars, espère toujours exporter plus de 2 Mt de grains sur la campagne 2025-2026. Rappelons que le dirigeant du prestataire de service tablait sur un objectif de 2,1 Mt en janvier.
Une sole de maïs attendue en baisse sur le proche hinterland du port de la Rochelle Pallice
Selon les échos des opérateurs, les cultures d’hiver bénéficient de bonnes conditions de développement pour le moment.
Concernant les semis de printemps, au vu des faibles rendements en maïs non irrigué l’an dernier et du prix élevé des coûts des engrais en lien avec la guerre au Moyen-Orient (renchérissement du gaz nécessaire à la production des fertilisants azotés et difficultés d’acheminement par voie maritime avec la fermeture du détroit d’Ormuz), les agriculteurs du proche hinterland du port de La Rochelle Pallice envisagent de réduire leur sole de maïs, pour augmenter leur surface en tournesol, moins gourmand en engrais et bien adapté aux conditions pédoclimatiques de la région.
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