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Exportation de céréales - Les temps changent pour Sénalia

La réunion annuelle d’information de Sénalia a présenté le bilan 2024 et les perspectives du spécialiste rouennais des chargements de céréales à l’exportation. Tour d’horizon.

De gauche à droite, Didier Verbeke, président de Sénalia, et Gilles Kindelberger, son directeur général, lors de la réunion d'informations du prestataire de services rouennais, le 10 janvier 2025 à Paris.
De gauche à droite, Didier Verbeke, président de Sénalia, et Gilles Kindelberger, son directeur général, lors de la réunion d'informations du prestataire de services rouennais, le 10 janvier 2025 à Paris.
© Thierry Michel

Ce vendredi 10 janvier 2025, Sénalia, qui exploite les terminaux portuaires céréaliers, agroindustriels et logistiques sur le port de Rouen, a présenté, devant 300 partenaires au studio 104 de la Maison de la Radio à Paris, un bilan de son année 2024 et ses perspectives d’avenir. Une réunion à la croisée des chemins collectifs (une année difficile pour l’activité traditionnelle de l’exportation de grains versus l’essor de nouvelles diversifications) et individuels (départ en juillet 2025 du directeur général Gilles Kindelberger et départ, déjà effectif, du président Thierry Dupont).

Lire aussi : Sénalia prévoit une baisse de 60 % de ses exportations céréalières en 2024 2025

En introduction de cette réunion, Gilles Kindelberger, directeur général, a rappelé que 4 Mt auront été exportées sur la campagne 2023-2024 (clôture au 30 juin 2024). Le chiffre d’affaires de Sénalia s’est établi à 45 M€ (+13 %) pour cet exercice avec des fonds propres à 94 M€ et 164 collaborateurs. « La capacité de réception de marchandises est désormais de 40 000 à 50 000 t par jour. Au total, 182 navires ont été chargés sur le port de Rouen ». Côté logistique, 48 % des flux ont été apportés par voie de train (12 %) ou de péniches (36 %), le partenariat mis en place avec Scat-Davenne fonctionnant de façon très satisfaisante. « C’est une nouvelle progression » de ces modes d’acheminement a souligné le directeur général qui a aussi appelé « [ses] collecteurs à s’unir pour charger plus de trains ». Il s’est montré satisfait aussi de la progression de l’ensemble des métiers « sauf le cacao ».

Se diversifier pour compenser les aléas

Face aux aléas divers, notamment météorologiques et géopolitiques, l’entreprise réfléchit et met en œuvre diverses mesures, en particulier de diversification, pour mieux affronter les années à venir. D’autant que la mauvaise moisson 2024 (qui laisse Sénalia prévoir que 1,6 Mt seront chargées à l’export au maximum pour la campagne 2024-2025) et la mauvaise météorologie de l’automne ne poussent pas à l’optimisme. « La récurrence des aléas climatiques posent question », précise ainsi Didier Verbeke, président de Sénalia. Le comportement de la Chine, qui retrouve un fournisseur d’orge compétitif avec l’Australie, ou celui de l’Algérie, qui a récemment banni la France de ses appels d’offre, perturbent les flux de chargeurs comme Sénalia. 

Certaines mesures concernent l’organisation du travail : ouvertures des sites une semaine sur deux, ou quinze jours-quinze jours ; gros programme de formation (3 % de la masse salariale) pour améliorer la « polyvalence des métiers » ; rationalisation des activités et saturation des installations… 

Importance du "sans insecticide de stockage"

Côté exportations céréalières, Gilles Kindelberger note que « si le taux de protéine demeure le critère clé, le sans insecticide de stockage (SIS) devient une notion de plus en plus importante pour nos clients, notamment à l’exportation, alors même que la problématique des insectes est un phénomène en expansion ». C’est du reste aussi un sujet d’importance pour Arvalis et Intercéréales. A titre d’exemple, « les États-Unis, constituant pourtant un exportateur majeur de blé, ont fait l’acquisition de 70 000 t de marchandises hexagonales SIS (soit deux bateaux) lors de la campagne commerciale 2023-2024 », selon nos confrères d’Agra Presse.

Lire aussi :  Pourquoi les exportations de blé français sont elles en berne

Investissement dans des outils de travail du grain

Du coup, Sénalia a prévu un programme d’investissements compris entre 4 et 5 M€ sur ses installations rouennaises, à valider prochainement en conseil d’administration, pour l’installation de nettoyeurs calibreurs visant à l’amélioration du travail du grain.

D’autres pistes sont explorées : devenir prestataire pour l’installation d’infrastructure dans des pays -importateurs, trouver de nouveaux débouchés géographiques ou transformer des opportunités récentes en clients récurrents, renforcer et développer des activités de logistique industrielle avec le triturateur Saipol ou encore dans le bioplastique avec Tereos/Futerro, géolocaliser des volumes de blé disponibles en fonction de leur qualité et d’un besoin donné…  

Développement de l'entreposage

L’entreprise accentue sa présence dans l’entreposage et la possibilité pour les clients de ce secteur de réaliser des activités de production et d’expédition directement à partir du site de stockage (exemple avec Comptoir & Co, spécialiste des mélanges d’épices et qui exporte à l’international). Sénalia gère désormais 75 000 m2 d’entrepôts et devrait employer 250 collaborateurs à l’horizon 2027 sur cette activité.

Lire aussi : Sénalia : de faibles exportations de blé sur la première partie de campagne 2023 2024

Deux nouveaux dirigeants à la tête de Sénalia

La réunion d’information s’est terminée par des annonces individuelles : Gilles Kindelberger, actuel directeur général, a annoncé son départ pour le 30 juin 2025. Il était arrivé en 1981 dans la structure, comme « manutentionnaire de premier échelon », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Ma fierté professionnelle, c’est Sénalia ! ». Philippe Lestrade, ex directeur France du spécialiste mondial du transport de conteneurs MSC, lui succèdera le 3 février. 

Enfin, Didier Verbeke a officiellement été présenté comme le nouveau président de Sénalia, en remplacement de Thierry Dupont, élu président il y a dix ans.

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