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Euralis enregistre un résultat net négatif sur la campagne 2023-2024

Face à une conjoncture difficile marquée par la contraction des marchés et la baisse des prix, notamment des céréales, le groupe coopératif agricole Euralis doit s’adapter pour améliorer sa performance économique et financière. 

De gauche à droite, Christophe Congues, président d’Euralis, et Philippe Saux, son directeur général.
De gauche à droite, Christophe Congues, président d’Euralis, et Philippe Saux, son directeur général.
© Euralis

Si Euralis présente une hausse de son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 6 millions d’euros (M€), à 97 M€ sur la campagne 2023-2024 (+6,6 % par rapport à l’exercice précédent), le groupe coopératif agricole du Sud-Ouest a enregistré une baisse de chiffre d’affaires de 10 M€, à 1,57 milliard d’euros (Md€), soit une baisse de 3 % d’une campagne sur l’autre. Quant au résultat net, Nathalie Salmon, responsable de la communication externe du groupe Euralis, confirme qu’il est négatif pour la campagne 2023-2024. 

Euralis justifie la baisse de son chiffre d’affaires, dont 32 % s’effectuent à l’étranger, par « des prix à la baisse (notamment des céréales) », malgré « une augmentation des ventes en volumes ». Par ailleurs, « l’augmentation des stocks – notamment de semences et de canard gras – et le renchérissement du coût du financement impactent directement la performance financière de la plupart de [ses] activités », indique le communiqué de presse. Et d’expliquer : « le décalage entre les productions agricoles et alimentaires tout comme la commercialisation des produits nécessitent de forts besoins en fonds de roulement, tout au long de l’exercice ».

Belles performances du pôle agricole

Concernant le pôle agricole, les productions affichent de bonnes performances en lien avec « une collecte automnale 2023 satisfaisante (céréales, légumes, semences) » et une forte augmentation des productions de palmipèdes grâce à la vaccination (+33 %). Les volumes de volailles sous label sont quant à eux quasi-stables.

Lire aussi : Euralis mise sur les filières végétales pour valoriser au mieux les productions de ses adhérents

Rappelons qu’en 2022-2023, le chiffre d’affaires du pôle agricole, qui représentait 39 % du chiffre d’affaires global, atteignait 593 M€.

L’intérêt de produire des pois chiches, lentilles et haricots secs se confirme

La filière légumes secs d’Euralis, créée en juin 2022 avec son partenaire historique Bonduelle, connaît un succès grandissant, en termes de surface comme de nombre d’agriculteurs. Les producteurs, adhérant à l’Organisation des producteurs Protéines végétales d’Euralis, sont passés de 118 à 142 entre 2023 et 2024, ce qui a permis une croissance de 41 % des plans de production, qui ont progressé de 900 à 1 274 d’une année sur l’autre. En 2024, quelque 43 agriculteurs ont produit des pois chiches, 41 des lentilles et 58 des haricots secs. Au total, les volumes ont atteint 1 800 tonnes de légumes secs sur une surface de 1 300 hectares.

Lire aussi : Euralis et Bonduelle font légumes secs communs depuis un an

Hausse du chiffre d’affaires du pôle semences

Malgré la « baisse structurelle de ses marchés à l’exportation » en raison notamment du conflit armé russo-ukrainien, de « stocks élevés et coûteux », de « marges dégradées » et de « frais financiers en hausse », le chiffre d’affaires du pôle semences a progressé de 34 M€ en 2023-2024, à 448 M€, « grâce à une politique commerciale offensive et une génétique de qualité ».

Lidea, la filiale semencière d’Euralis, qui a dû ajuster sa capacité de production en France, poursuit ses efforts de recherche, en développant des collaborations avec Innolea, Soltis et Eurosorgho, ce qui permet « d’enrichir l’offre variétale, d’accéder à des technologies de pointe et de renforcer la position d’Euralis sur ce marché stratégique », précise le communiqué. 

Lire aussi : 42 millions d’euros d’investissements pour Euralis

Pour preuves : 

  • En France, le maïs grain Milady se hisse dans le top 3 des variétés les plus commercialisées, avec 110 000 doses vendues, et Lidea a doublé ses parts de marché en colza en 2024, pour atteindre 13 %.
  • Aux Etats-Unis et en Afrique, des essais variétaux prometteurs laissent augurer le développement de nouveaux marchés.


Rappelons qu’en 2022-2023, le chiffre d’affaires du pôle semences, qui représentait 27 % du chiffre d’affaires global, atteignait 414 M€.

Des activités alimentaires en difficulté

Entre « coûts supplémentaires (vaccination, ovosexage), manque de foie gras pour la saison 2023 (suite à la grippe aviaire) et fermeture de certains marchés à l’export, Euralis Gastronomie a initié un projet de transformation en décembre 2024, qui « conduirait à l’arrêt des activités du site de Sarlat ». Parallèlement, un retour des produits phares pour la marque Rougié et une refonte des gammes pour la marque Maison Montfort ont été entrepris.

Le pôle traiteur a dû quant à lui améliorer sa performance industrielle et logistique pour conquérir de parts de marché, dans un contexte d’inflation et de baisse de la consommation. Le renforcement de l’efficacité du secteur d’activité est passé par un repositionnement tarifaire, une nouvelle offre de charcuterie, une meilleure gestion des stocks et la rénovation de l’atelier pâtisserie salée du site d’Yffiniac.

Rappelons qu’en 2022-2023, le chiffre d’affaires des activités alimentaires, qui représentait 27 % du chiffre d’affaires global, atteignait 412 M€.

Entre adaptation au marché et amélioration continue

Toutes ces mesures structurelles et conjoncturelles répondent à la volonté d’Euralis « d’améliorer sa performance économique et financière ». 

Et Philippe Saux, directeur général d’Euralis, d’expliquer : « Nous agissons en responsabilité sur plusieurs leviers : l’adaptation de nos organisations, la réduction de nos frais fixes, l’amélioration de notre performance opérationnelle. Depuis le début de l’année 2024, des plans de réduction de frais fixes sont mis en place au sein de nos différentes activités. Ces mesures difficiles sont malheureusement nécessaires pour nous adapter aux nouvelles conditions de marché, notamment la hausse du coût de l’argent ».

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