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Commerce mondial
Etats-Unis/Chine : une dispute partie pour durer ?

Les deux leaders mondiaux ont les moyens financiers pour tenir leurs positions. Les élections de mi-mandat aux États-Unis seront à surveiller de près.

Récolte de soja au Brésil. Le pays aussi en importer pour les réexpédier en Chine

Les élections de mi-mandat aux États-Unis pourraient être un indicateur déterminant. « Une victoire de Donald Trump le renforcerait dans sa stratégie de guerre commerciale, alors qu’une défaite l’affaiblirait », analyse Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste de l’Idele (Institut de l’élevage). Thierry Pouch, économiste de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), penche pour un prolongement des tensions quoi qu’il arrive, les deux pays ayant les moyens de résister aux pressions. « Les États-Unis peuvent supporter le coût du plan d’aide de 12 Md$ accordé à ses producteurs. Il inclut des aides couplées à la production, financées par la Commodity Credit Corporation, disposant d’un droit de tirage auprès du trésor états-unien de 30 Md$. Autre moyen de financement : une loi de 1935 autorise le prélèvement de 30 % des recettes douanières pour le rachat de surplus de produits agricoles », détaille l’économiste. Du côté de la Chine, « le pays dispose de réserves de devises de 4 000 Md$ », rappelle l’expert, lui permettant de subventionner leurs agriculteurs et industriels, et de surpayer les importations de grains. « Les Chinois ne veulent pas perdre la face. Ils font le dos rond, et espèrent que Donald Trump ne sera pas réélu », explique Jean-Marc Chaumet.

Une querelle bénéfique pour des pays extérieurs au conflit

Si la dispute Chine/États-Unis venait à perdurer, des puissances agricoles extérieures s’en retrouveraient renforcées. « Le Brésil n’a certes actuellement pas les moyens de couvrir à lui seul les besoins chinois de soja, mais il pourrait importer des volumes du Paraguay, voire des États-Unis, et les réexpédier en Chine », précise Thierry Pouch. L’Inde dispose d’un potentiel d’exportation en soja intéressant, ajoute ce dernier. Par ailleurs, « on peut imaginer que des pays d’Asie du Sud-Est (Vietnam, Laos…) se procurent du soja états-unien, et le réexpédient vers la Chine », projette Jean-Marc Chaumet. L’Ukraine tirerait son épingle du jeu, en augmentant ses ventes de maïs vers la Chine de 10 % entre 2017/2018 et 2018/2019, prévoit le ministère de l’Agriculture ukrainien au 31 juillet. Tout comme la Russie, qui a exporté 0,45 Mt de soja sur la Chine en 2017, et 0,477 Mt entre janvier et mai 2018, selon Oil World.

 

 

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