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Ressource en eau
Des nappes d’eau souterraine déjà très basses

Le BRGM vient de publier l’état des nappes d’eau souterraine pour le mois d’avril. Tour d’horizon.

Situation des nappes d'eau en France en avril 2022
© BRGM

« La période de vidange a débuté dès janvier-février avec deux à trois mois d’avance. En avril, les niveaux des nappes sont généralement en baisse. La situation s’est rapidement dégradée à partir de février 2022 » résume les experts du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) dans leur bulletin, publié le 12 mai 2022, concernant les nappes d’eau souterraines au mois d’avril.

Cette structure, notamment en charge de mesurer l’état des nappes d’eau souterraine au niveau national, fait remarquer tout d’abord que « la fin de l’hiver et le début du printemps sont une période charnière » avant de préciser que « les pluies insuffisantes ont fortement impacté l’état des nappes. La situation est particulièrement préoccupante, avec des niveaux bas à très bas localement, sur les nappes entre Vendée, Maine et Touraine ainsi que sur les nappes de la Côte d’Azur, de Provence et du sud de la Drôme ».

 

Tendances d’évolution

La période de recharge 2021-2022 « a été courte et peu active sur la plupart des nappes du territoire. La phase de vidange des nappes s’est progressivement mise en place avec deux à trois mois d’avance, entre janvier et mars, les pluies efficaces ayant généralement été déficitaires ». La vidange des nappes (baisse de leur niveau) se poursuit et « les niveaux sont en baisse sur une grande partie des nappes du territoire ».

Deux raisons à cela : l’absence de précipitations notables sur la période considérée, la reprise de la végétation et l’augmentation de l’évapotranspiration (remontée des températures aidant). « Les pluies d’avril ne se sont que peu infiltrées vers les nappes du fait d’une augmentation des températures et de l’évapotranspiration ».

En revanche, un certain volume de pluie tombé sur certaines parties du territoire a un peu amélioré la situation dans certains bassins. « La pluviométrie excédentaire de début avril a permis d’observer des recharges plus ou moins importantes sur les nappes du nord-est du territoire » et l’on constate « des niveaux mensuels généralement en hausse ou stables par rapport au mois précédent ». Quant au Bassin aquitain, « seules les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau enregistrent une hausse générale des niveaux ». Dans le sud du pays, « certaines nappes du Languedoc (nappe alluviale de l’Aude), du Roussillon et de Corse ont bénéficié de précipitations efficaces significatives en avril. Les niveaux se retrouvent en hausse courant avril ».

 

Avril 2022 versus les autres mois d’avril

« L’étiage 2021 a été peu sévère pour la plupart des nappes, à l’exception des nappes du sud du territoire. La recharge très déficitaire de l’automne et hiver 2021-2022 se fait fortement ressentir sur les niveaux des nappes. La situation des nappes s’est dégradée à partir de février, à l’exception de rares secteurs ayant bénéficié de pluies efficaces suffisantes » peut-on lire dans le bulletin qui vient de paraître.

La situation des nappes inertielles (évolution lente du niveau) du couloir Rhône-Saône est contrastée. « Les niveaux sont proches des moyennes mensuelles sur les nappes alluviales et fluvio-glaciaires de l’Avant-Pays savoyard, de l’Est-Lyonnais et du Haut-Dauphiné. Ils sont moins favorables, de modérément bas à bas, sur les nappes des cailloutis plio-quaternaires du Dijonnais à la Dombes et sur la nappe de la molasse miocène du Bas-Dauphiné ».

En avril, la situation des nappes réactives (évolution plus rapide des niveaux) « se détériore » par rapport au mois précédent et « les niveaux sont généralement modérément bas ». Localement « des niveaux très bas sont observés sur la nappe des sables cénomaniens du Maine, sur les nappes des calcaires jurassiques et crétacés de la Vendée à la Brenne et sur les nappes de Provence et de la Côte d’Azur ». Celles « du sud-ouest, d’Occitanie et des calcaires de Lorraine observent des niveaux comparables à supérieurs aux normales ». Sur ces nappes, la situation s’est améliorée courant avril (épisodes de recharge en mars et/ou en avril).

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux modérément hauts ou autour des normales par rapport aux mois d’avril des années antérieures : les « nappes de la craie et des formations tertiaires du nord du Bassin parisien et d’Artois-Picardie, inertielles et peu sensibles à l’absence de pluie efficace, restent comparables aux normales » ; les « nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau, de la Garonne et de ses principaux affluents et la nappe plio-quaternaire du Bassin aquitain ont profité de plusieurs épisodes de recharge en mars et avril et conservent des niveaux autour des normales à modérément hauts » ; enfin les « nappes alluviales et pliocènes du littoral languedocien et du Roussillon et les nappes des calcaires karstiques des régions montpelliéraines et nîmoises ont bénéficié des pluies efficaces en mars ou avril et leurs niveaux sont comparables aux normales à modérément hauts ».

Dans certains cas, les situations sont moins favorables, avec des niveaux bas, voire localement très bas, par rapport à tous les mois d’avril : les « nappes des calcaires jurassiques du sud de la Vendée et la nappe de la craie de Touraine observent des niveaux bas à localement très bas, la période de recharge ayant été tardive et écourtée » ; les niveaux de la « nappe inertielle des cailloutis plio-quaternaires de Bourgogne-Franche-Comté sont bas, héritage de plusieurs recharges successives déficitaires ; enfin, ceux des « nappes des alluvions et des formations complexes de Provence et de la Côte d’Azur sont bas, du fait de faibles recharges en 2020-2021 puis en 2021-2022 d’un étiage estival 2021 assez sévère ».

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