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Constitution de l’UE : divergence syndicale

Comme les Politiques, les syndicats agricoles sont très divisés concernant le projet de Constitution de l’Union européenne.

LES SYNDICATS ENTRENT en campagne. Les méthodes diffèrent tout comme les points de vue, mais tous, à l’exception de la Coordination rurale qui a choisi le silence, se sont exprimés en leur nom ou au moins en celui de leurs dirigeants. Rappelons que le sondage Ifop diffusé le 22 mars indiquait que 69 % des agriculteurs ayant arrêté leur choix avaient l’intention de voter non, 42 % des interrogés étaient indécis.

Pour les Jeunes agriculteurs et la direction de la FNSEA, c’est «oui»

Seul syndicat agricole à assumer une position favorable au traité constitutionnel, Jeunes agriculteurs a annoncé le 28 avril, son appel à voter «oui» au référendum du 29 mai prochain. Selon le syndicat, la Constitution est «la boîte à outils incontournable» qui permettra «d’écrire la politique agricole de demain». Le traité rassure les Jeunes agriculteurs dans la mesure où il «réaffirme tous les principes et objectifs inscrits dans le chapitre agricole en 1957 par les pères fondateurs de l’Europe», selon le communiqué des JA. Autre argument évoqué : le renforcement du «poids politique de nos élus nationaux et européens» qui auront «clairement leur mot à dire sur les textes proposés». Enfin le syndicat met l’accent sur l’importance de peser sur les négociations internationales : «la France ne peut pas faire cavalier seul,(…), ce n’est qu’au travers du oui que nous réussirons à peser dans les orientations futures de la politique agricole européenne» . Si la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) persiste à ne pas donner de consigne de vote, ses leaders, en revanche, n’ont pas caché leur intention de se prononcer en faveur du projet. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a insisté sur le caractère personnel de sa position dans un communiqué du 26 avril. «S’étendre uniquement sur les arguments agricoles serait une vision un peu sectaire des apports de la nouvelle Constitution», explique-t-il. Pour lui, elle «donne enfin le cadre a un vrai développement de l’Europe» et «inscrit dans le marbre les valeurs démocratiques que la France porte haut et fort depuis des décennies». Le manifeste des femmes du monde rurale (collectif féminin issu de la FNSEA dont fait parti Christiane Lambert, vice présidente du syndicat) a aussi invité les agriculteurs à faire le choix du «oui». Le collectif insiste sur l’importance de la Pac et sur la nécessité de renforcer l’UE face à «l’unique superpuissance» américaine et «autres géants émergents» comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

La Confédération paysanne veut une autre Europe

«Non, en tant que paysans, en tant que citoyens, en tant qu’Européens» s’intitule le communiqué de la Conf’. Attaché au principe de «souveraineté alimentaire pour permettre à toutes les femmes et tous les hommes l’accès à une nourriture suffisante, variée et de qualité, sur des territoires vivants, dans un souci de préservation et génération des ressources naturelles», le syndicat appelle à voter «non» au traité. Il dénonce une Pac actuelle répondant «aux exigences de l’OMC fondée selon les dogmes du libéralisme» et ses conséquences : faim dans le monde, diminution du nombre de fermes ou encore des problèmes environnementaux et sanitaires. Selon le syndicat, la Constitution «organise, légalise et pérennise l’Europe des marchés et des marchands» et «traduit les attentes du monde des affaires et de la finance, pas celle des peuples». Parce que «construire ne signifie pas dire toujours oui», la Conf’ refuse le texte, et ce dans une «dynamique de construction européenne démocratique».

De son côté, la Coordination rurale a décidé de ne «pas influencer ses adhérents, suffisamment grands pour décider seuls», d’après Annie Troussier, responsable de communication du syndicat.

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