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Global Grain
Consensus haussier sur le marché du blé tendre

L’offre de blé tendre russe n’est pas inépuisable, et le pays devra tôt ou tard ralentir ses ventes extérieures, principale source de hausse des prix.

Le ratio stock sur consommation chez les principaux exportateurs mondiaux de blé est faible, ce qui devrait faire monter les prix en 2019, selon beaucoup d'analystes.
© Pixabay

Peu nombreux étaient les analystes présents au Global Grain à Genève (du 13 au 15 novembre) à voir autre chose qu’une hausse des prix du blé tendre en 2019 sur les marchés mondiaux. Les projections les plus osées ont été émises par Dan Basse, président du cabinet d’analyse AgResource, qui parie sur des prix « à Chicago à 6-6,50 $/boisseau ($/bu) courant mars-avril 2019, contre 5 à 5,50 $/bu actuellement, et 265-285 $/t en Fob France/Allemagne/Russie/États-Unis. Ceux du maïs resteraient stables, dans la fourchette des 3,60-4 $/bu. Les perspectives sont baissières pour le soja, dont les cours resteraient sous la barre des 9 $/bu, si aucun accord commercial entre la Chine et les États-Unis n’est trouvé ».

L’inflation des prix alimentaires en Russie constitue un des signes avant-coureurs de la hausse des prix à venir du blé tendre sur les places mondiales, analyse Swithun Still, dirigeant du cabinet de trading Solaris. « Les autorités russes sont nerveuses quant à la hausse des prix alimentaires dans le pays, notamment de la farine. Les taux d’inflation publiés seraient sous-estimés, et le pays pourrait agir sur les exportations, notamment de blé. De leur côté, les meuniers russes ont de bonnes marges actuellement, et vont concurrencer l’offre à l’export. »

Quid de la politique russe à venir ?

Alors que 18,2 Mt de blé tendre ont été exportées depuis le début de la campagne 2018/2019, soit plus de 50 % de l’objectif, à 34,2 Mt selon Andrey Sizov, directeur de SovEcon, avec un rythme effréné de plus de 4 Mt/mois, les analystes présents voient le tonnage baisser à 2 Mt/mois à partir de fin 2018-début 2019. Pour résumer, les exportateurs russes expédient un maximum actuellement, avant d’éventuelles restrictions du gouvernement. Reste à savoir comment ce dernier va agir. « Je ne vois pas le gouvernement russe interdire les exportations. En revanche, la mise en place de taxes sur celles-ci est possible », alerte Andrey Sizov. Un scénario dans lequel croit aussi Rouben Indjikian, enseignant au sein de la Webster Université de Genève, spécialiste de la finance et des marchés des commodités. « La mise en place d’une taxe par les autorités russes sur l’export de blé est possible. Elle doit pour cela être non excessive et non punitive. Les taxes pourraient être à terme réinvesties dans les infrastructures russes, afin de favoriser l’activité et l’exportation à l’avenir. »

S’il n’exclut pas la mise en place de taxes sur les exportations russes, Swithun Still croit davantage en une action “en sous-marin” de la part du gouvernement russe. « Il se pourrait que, au lieu de taxer les exportations, signal négatif pour les exportateurs qui perdraient des fonds pour investir dans leurs infrastructures, les autorités durcissent les conditions d’exportation : plus de contrôles aux points de chargement, retard dans l’octroi des certificats phytosanitaires, etc. » Rappelons que les autorités russes ont déjà durci les contrôles phytosanitaires, ces derniers temps.

Concernant les exportations de l’Union européenne, alors que l’USDA les prévoit à 23 Mt, Dan Basse les attend à 18 Mt en 2018/2019. Dernier signal haussier, le spécialiste précise que le ratio stock/consommation au sein des principaux exportateurs mondiaux est quasiment au même niveau que celui de 2007, période de flambée des cours des grains, à 13 %.

En maïs, le ratio stocks/consommation est certes «à un plus bas depuis 2012 chez les grands exportateurs, à un peu plus de 10%, mais le maïs peut concurrencer le blé en nutrition animale», explique Dan Basse. De plus, les ventes depuis l’Ukraine s’annoncent record en 2018/2019, prévues à 25-27 Mt par Andrey Sizov. soja, le conflit commercial Chine/États-Unis explique la vision baissière des analystes pour qui l’apaisement des relations entre les deux pays pourrait intervenir en 2019. Mais, «une accalmie surprise pourrait engendrer un soja sur Chicago à 10-10,50$/bu», projette Dan Basse.

 

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