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Bourse de Milan
« Concentrer les efforts sur la logistique en France »

Sandro Alberti, président de l’Association du marché céréalier de Milan, revient sur les échanges entre la France et l’Italie.

Sandro Alberti, président de l’Association du marché céréalier de Milan.
© Miriam Martegani

La Dépêche-Le Petit Meunier : Quel regard portez-vous sur la production 2019 de grains en Italie, notamment de blé ?

Sandro Alberti : Les dernières prévisions rapportent une production d’environ 3 millions de tonnes de blé tendre, donc 200 000 t de plus qu’en 2018, grâce à l’augmentation des surfaces (environ 4 %) et à l’amélioration des rendements. Il reste des inquiétudes dans certaines régions compte tenu des précipitations des derniers jours. Ces pluies pourraient engendrer des valeurs élevées en vomitoxines. Pour le blé dur, la réduction des surfaces est quasiment compensée par l’amélioration des rendements avec une prévision de récolte à 4,1 millions de tonnes. En maïs, la production est de nouveau prévue en baisse à 5,9 millions de tonnes sur une surface de 630 000 ha, les orges à 980 000 t, en léger retrait par rapport à 2018. Bien sûr, tout dépendra de la météorologie qui joue un rôle de plus en plus important dans l’agriculture.

LD-LPM : Comment ont évolué les échanges céréaliers entre la France et l’Italie ces dernières années ?

S. A. : Il faut noter que, durant les dernières années, les pays de l’Est (notamment Hongrie, Roumanie et Bulgarie) ont consolidé leur position de ventes vers l’Italie grâce, notamment, à de meilleures conditions logistiques, surtout concernant les trains complets qu’on peut charger jusqu’à 1 600 t net. De plus, ces origines sont très compétitives pour notre marché italien, grâce à la possibilité de trouver des frets concurrentiels pour les bateaux complets d’origine mer Noire à destination des ports de l’Adriatique. Pour les régions du Veneto et de l’Emilie, l’offre des pays de l’Est est plus compétitive également. Malgré tout, la France reste toujours une origine intéressante pour les destinations jusqu’à la région de Milan. Il y a des offres de fret bon marché et une bonne disponibilité de camions jusqu’à la moitié de la vallée du Pô, en particulier pour les provinces de Cuneo/Torino, étant donné la proximité entre les lieux d’origine et de livraison de la marchandise. Il faut ajouter aussi qu’il reste quand même une préférence pour la France, à parité de prix, pour des marchandises comme le blé meunier de base et les orges lourdes. Parfois les acheteurs paient une prime pour la même qualité de produit s’il est possible de garantir l’origine française.

LD-LPM: Quels messages souhaitez-vous adresser aux professionnels français pour l’avenir?

S. A. : Je pense qu’il est très important que les fournisseurs puissent garantir une qualité homogène et en conformité avec les paramètres sanitaires de l’Union européenne. C’est la première étape pour établir des relations commerciales fructueuses avec les acheteurs italiens. Cet aspect est essentiel pour travailler avec des moulins qui produisent des farines de haute qualité et qui exigent des caractéristiques très précises. Je suis convaincu que les vendeurs français n’ont pas de problèmes à ce sujet car ils ont une expérience pluriannuelle des clients italiens et sont bien conscients de leurs besoins. Il me semblerait judicieux de concentrer les efforts sur l’amélioration de la logistique, notamment pour les trains car les frets des wagons sont parfois plus chers que les camions.

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