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CIC : perspectives mondiales 2006/2007

DANS SON DERNIER rapport paru le 23 février, le Conseil international des céréales (CIC) indique qu’un hiver rigoureux dans la CEI a réduit de 7 Mt les prévisions de production de blé pour 2006/2007, qui tombent à 588 Mt. En Russie, un quart des emblavements (déjà en repli) devront probablement être abandonnées en raison des dégâts du gel, et les conditions en Ukraine sont tout aussi mauvaises. La vague de froid a également légèrement détérioré les perspectives de récolte dans l’UE mais la production devrait être nettement supérieure à l’an dernier. L’état du blé d’hiver dans les Plaines méridionales des Etats-Unis reste très décevant et, au Canada, il faudrait davantage de pluies dans les régions productrices de blé de printemps. En supposant des rendements moyens, la récolte chinoise sera inférieure à l’an dernier. Les semis de l’Inde ont affiché une légère augmentation sur 2005 et la récolte devrait s’inscrire à la hausse, bien que le temps sec et chaud des dernières semaines ait rogné les prévisions officielles. La consommation de blé en 2006/2007 pourrait chuter de 13 Mt pour passer à 605 Mt, l’essentiel du repli étant attendu dans l’alimentation animale, notamment dans la CEI. Les échanges mondiaux de blé devraient grimper à 110 Mt en raison de plus importants achats par la Chine. La contraction des disponibilités de la Russie et de l’Ukraine pourrait se traduire par une recrudescence des ventes par les cinq principaux exportateurs. Les stocks mondiaux de blé en clôture de campagne pourraient chuter aux alentours de 120 Mt, leur niveau le plus bas depuis le début des années quatre-vingt, les cinq principaux exportateurs comptant pour 44 Mt de ce total, en retrait de 8 Mt.

Les superficies sous maïs aux Etats-Unis en 2006 devraient reculer d’environ 2 % car les agriculteurs devraient donner la préférence au soja, et la faiblesse des prix pourrait réduire les semis dans l’UE même si les rendements devraient être supérieurs à ceux de 2005. La production d’orge dans l’UE devrait marquer une hausse sur l’an dernier grâce à de meilleurs rendements mais les dégâts du gel nuiront à la production en Russie et en Ukraine. Les agriculteurs canadiens pourraient préférer l’orge au canola. Quant aux pluies clémentes en Afrique du Nord, elles bonifient les perspectives de récolte dans cette région.

L’offre et la demande en 2005/2006

Il y a peu de changements par rapport aux estimations formulées le mois dernier pour le blé. Le chiffre pour la production 2005 reste placé à 615 Mt, malgré une hausse de 1,1 Mt en Australie, où la récolte (à 25,1 Mt) atteint le deuxième plus important volume jamais enregistré. Les prévisions de consommation restent inchangées à 618 Mt. En Australie, l’utilisation dans l’alimentation animale est dopée par des disponibilités abondantes et par la hausse des effectifs bovins en parcs d’engraissement, alors qu’au Canada l’affouragement en blé est stimulé par la piètre qualité d’une partie de la récolte précédente et par les droits plus élevés imposés sur les importations de maïs en provenance des Etats-Unis. De nouveaux replis des effectifs bovins et porcins en Russie, même s’ils sont en partie compensés par la hausse de la demande émanant de la filière avicole, réduisent les besoins de blé pour l’alimentation animale. Les prévisions d’échanges mondiaux restent estimées à 108 Mt, une modeste hausse des importations américaines essuyant un repli des achats russes. Du fait de la hausse des statistiques de production australienne pour 2004 et 2005, les prévisions de stocks de fin de campagne chez les cinq principaux pays exportateurs marquent une hausse de 3 Mt pour s’établir à 52 Mt, seulement 2 Mt de moins que l’an dernier. Il en va de même des stocks mondiaux qui sont relevés de 3 Mt et portés à 136 Mt (138 Mt).

La production mondiale de maïs est estimée à 683 Mt (706 Mt), niveau identique au mois dernier. Le principal changement concerne l’Argentine, dont la production est rognée de 1,5 Mt à 14,5 Mt, en raison des conditions sèches plus tôt dans la saison. Les prévisions de consommation mondiale affichent une hausse de 1 Mt pour atteindre un record de 676 Mt. Une nouvelle hausse de 0,6 Mt de l’utilisation de maïs par l’industrie américaine de fabrication d’éthanol, laquelle passe à 40,6 Mt, porte le total de la consommation américaine de maïs à un nouveau record de 228 Mt. Les échanges de maïs sont désormais estimés à 76,4 Mt, 0,4 Mt de plus qu’avant. Côté importations, le plus gros changement concerne les achats du Taipei chinois qui gagnent 0,4 Mt pour se hisser à 5,0 Mt. Les prévisions d’exportations américaines (campagne de commercialisation débutant en septembre 2005) sont inchangées à 47 Mt mais elles devront être majorées si les expéditions se poursuivent à la cadence récemment observée. Des disponibilités moindres vont brider les exportations argentines à 10,5 Mt au cours de la campagne de commercialisation prenant fin en février 2007, 1,5 Mt de moins que les prévisions du mois dernier. Les stocks de report mondiaux à la fin de 2005/2006 sont estimés à 135 Mt, 2 Mt de moins que le mois dernier mais tout de même 7 Mt de plus que l’an dernier. Les stocks américains restent bien placés pour atteindre leur niveau le plus haut en dix-neuf ans avec 61,6 Mt.

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