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CIC : perspectives céréalières 2005/2006

SELON LE dernier rapport du Conseil international des céréales (CIC), la production mondiale de blé en 2005/2006 est désormais placée à 604 millions de tonnes (Mt), en baisse de 21 Mt par rapport au record de l’an dernier, mais 2 Mt de plus qu’au mois d’avril ; des chiffres plus élevés aux Etats-Unis, en Iran, en Chine et au Pakistan n’ont été qu’en partie absorbés par des réductions dans l’Union européenne, l’Afrique du Nord et l’Inde.

BLÉ : 604 Mt, +2 Mt sur avril

Les conditions sèches dans certains points de l'UE, des Etats-Unis et de l’Afrique du Nord font que les résultats des moissons de l’hémisphère nord sont loin d'être garantis. Dans l’hémisphère sud, où le blé est maintenant semé, des inquiétudes liées aux risques de sécheresse se font plus marquées en Australie et en Argentine.

La consommation mondiale de blé est rehaussée de 2 Mt et placée à 607 Mt, tout de même un repli de 6 Mt par rapport au record de 2004/2005. La part du blé dans l’alimentation animale devrait reculer de 2 Mt par rapport au niveau élevé de l’an dernier, alors que le recul de l’utilisation dans l’alimentation humaine est lui aussi assez modeste, malgré un nouveau repli en Chine, où la hausse des revenus réoriente la demande vers la viande, les légumes et les fruits.

La hausse des estimations de récolte en Asie explique principalement la réduction de 2 Mt des projections d’échanges en 2005/2006, qui tombent à 106,5 Mt, mais ce chiffre représente tout de même une hausse de 3 Mt sur 2004/2005. Malgré de récentes inquiétudes concernant les cultures, les importantes disponibilités chez plusieurs exportateurs clés, notamment l’Europe et la CEI, devraient maintenir une concurrence féroce sur le marché mondial en 2005/2006.

Les stocks de clôture chez les cinq principaux exportateurs devraient une fois de plus augmenter cette année, si ce n’est que modérément, alors que le total pour les “autres exportateurs nets” restera sans doute inchangé malgré une modeste reprise des stocks de l’Inde. Les stocks mondiaux sont projetés en repli de 4 Mt pour tomber à 132 Mt en raison d’un nouvel amenuisement des réserves de blé chinoises.

CÉRÉALES SECONDAIRES : 963 Mt, +9 Mt sur avril

Une évaluation révisée des perspectives de récolte de maïs aux Etats-Unis et en Chine dope les prévisions de production mondiale de céréales secondaires à raison de 9 Mt, pour les porter à 963 Mt, niveau sensiblement inférieur au total exceptionnel de 1.010 Mt enregistré l’an dernier. La persistance d’un temps froid dans le grenier à maïs américain, si elle a contribué à l’incertitude du marché, ne semble pas encore avoir eu d’incidence sur les rendements. Les perspectives de production d'orge ont diminué au fil du mois. Les prévisions de consommation en 2005/2006, notamment dans le cas du maïs, ont été stimulées par la hausse des estimations de récolte. Les projections de stocks mondiaux de céréales secondaires à la fin de 2005/2006 n’évoluent guère par rapport à un an plus tôt, mais on pourrait constater une certaine hausse chez les principaux exportateurs. Une augmentation des importations de maïs, principalement par le Brésil, et un accroissement des expéditions d'orge, devraient doper les échanges de céréales secondaires en 2005/2006 pour les porter à plus de 103 Mt, 2 Mt de plus que la campagne actuelle.

Malgré les craintes suscitées par la récente vague de froid dans le Midwest américain, les prévisions de production mondiale de maïs augmentent de 12 Mt et grimpent à 672 Mt, contre 707 Mt en 2004. Les estimations avancées pour les Etats-Unis, la Chine et le Nigeria sont toutes révisées à la hausse. La consommation de maïs est projetée à 668 Mt, en légère baisse par rapport au record de 2004/2005, principalement du fait d’une réduction de l’utilisation dans l’alimentation animale. Aux Etats-Unis, les besoins des bovins dans les parcs d’engraissement devraient reculer, mais l’utilisation pour la fabrication d’éthanol va établir un nouveau record. On mise sur un modeste redressement des échanges de maïs en 2005/2006, avec des achats plus volumineux par le Brésil et le Mexique, mais la croissance de la demande de l’Extrême-Orient sera limitée par des problèmes de santé animale (secteur avicole), et par une hausse des importations de viande. Sur la base des estimations actuelles de récolte, les stocks de report aux Etats-Unis pourraient atteindre leur niveau le plus élevé en dix-sept ans à la fin de 2005/2006, alors que les stocks de la Chine pourraient se stabiliser après plusieurs années de repli.

Les prévisions de production d’orge affichent un recul de 4 Mt par rapport au mois dernier et tombent à 140 Mt (152 Mt en 2004) du fait d’une détérioration des perspectives de rendement dans les régions sud de l’Union européenne et des piètres conditions d’ensemencement en Russie ; la prochaine récolte australienne soulève aussi des inquiétudes croissantes. Les prévisions de consommation d’orge reculent aux Etats-Unis, en Russie et dans l’UE. En Afrique du Nord, la sécheresse, tout particulièrement au Maroc, se traduira par un accroissement des échanges d’orge fourragère alors que l’on s’attend à un nouvel essor des besoins d’orge brassicole en Chine et en Russie. Les échanges mondiaux d’orge sont désormais placés à 16,1 Mt, contre 15,8 Mt en 2004/2005.

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