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Blé dur : production et échanges mondiaux

SELON LE CONSEIL international des céréales (rapport du 28 avril), les prix à l’exportation du blé dur nord-américain n’ont guère changé en avril. Les cotations de la CCB pour du blé dur n°1 et n°3 faisaient en moyenne 215 et 207 $/t (fob Saint-Laurent), niveau analogue au mois de mars. Les ventes américaines à l’exportation (juin-mai) ont augmenté de 67.000 tonnes net, pour passer à 733.000 tonnes (au 14 avril), en baisse de 29 % par rapport à l’an dernier. Les nouvelles ventes comprennent 43.000 tonnes à l’UE (Espagne et Italie) et 43.000 tonnes à l’Algérie mais elles sont en partie compensées par l’annulation de 25.000 tonnes. Les exportations de blé dur canadien (août-juillet) atteignaient 2,0 millions de tonnes (au 17 avril), quelque 14 % de moins qu’à la même époque l’an dernier. Les permis à l’exportation délivrés par l’Union européenne (juillet-juin) ont augmenté de 104.000 tonnes à 1,174 million de tonnes (dont 158.000 tonnes de semoule de blé dur), soit 81 % de plus que l’an dernier (base Union européenne à 15). Les exportations réelles de l’Union européenne, jusqu’en novembre, montraient que l’essentiel du blé dur était destiné à l’Algérie. Les permis d’importation de l’Union européenne ont augmenté de 96.000 tonnes pour atteindre 1,288 million de tonnes, en baisse de 26 % par rapport à l’an dernier à la même époque (base Union européenne à 15). La Turquie a vendu 37.500 tonnes de blé dur à 160-183 $/t fob, pour livraison mai.

2005/2006 : perspectives de l’offre…

Les estimations de production mondiale de blé dur en 2005 sont inchangées par rapport au mois dernier, à 37,4 millions de tonnes (41,1 millions de tonnes). La production dans l’Union européenne à 25 devrait reculer de 3,1 millions de tonnes pour tomber à 8,5 millions de tonnes, traduisant une forte contraction des semis, notamment en Italie, suite à la réforme de la Politique agricole commune qui a abaissé les aides directes à la production. Toutefois, des conditions favorables ont stimulé les espoirs de production de l’Italie à raison de 0,2 million de tonnes par rapport aux prévisions antérieures, à 3,7 millions de tonnes (5,6 millions de tonnes). Ceci est en partie absorbé par des projections moindres pour l’Espagne, en recul de 0,1 million de tonnes, à 1,7 million de tonnes (2,6 millions de tonnes). Des pluies bénéfiques au cours d’avril dans la majeure partie de l’Espagne n’ont pas réussi à soulager la sécheresse des régions productrices de blé dur dans le sud du pays et le déficit hydrique depuis l’automne est jugé avoir sapé les perspectives de rendement. En France, les pluies d’avril ont été les bienvenues mais il en faudrait plus pour que la production égale le résultat de l’an dernier de 2,1 millions de tonnes.

La production de blé dur en Amérique du Nord devrait être proche de l’an dernier, un retour à des rendements normaux, en recul par rapport aux très bons résultats de l’année 2004, étant compensé par une hausse des emblavements. Les résultats du sondage des intentions de semis de mars au Canada, publiés le 21 avril dernier, suggèrent que les agriculteurs ensemenceront 2,4 millions d’hectares sous blé dur ce printemps, soit environ 5,5 % de plus que la campagne précédente. Le temps favorable a permis aux travaux des champs et aux semis de débuter avec de l’avance sur le calendrier habituel dans le sud de la Saskatchewan. La production est officiellement estimée à 4,8 millions de tonnes (5,0 millions de tonnes), en légère baisse par rapport au chiffre préliminaire du mois dernier. Aux Etats-Unis, le rapport des intentions de semi, publié par le département américain à l’Agriculture (USDA) à la fin de mars, plaçait la superficie 2005 sous blé dur à 1,1 million d’hectares, 2 % de plus que l’an dernier. Dans le Dakota du Nord, principale région productrice de blé dur, les semis ont progressé plus vite que la normale ; 15 % environ étaient achevés au 24 avril, contre un taux moyen à cette date de l’ordre de 6 % seulement.

En Afrique du Nord, la récolte marocaine reste stressée par le temps sec mais des pluies adéquates ont arrosé l’Algérie et la Tunisie, ce qui préserve les perspectives d’une nouvelle bonne récolte. Le total de la production de blé dur dans la région devrait faire 4,8 millions de tonnes (5,3 millions de tonnes) en 2005, quelque 1 million de tonnes de plus que la moyenne quinquennale.

Au Proche-Orient asiatique, il faudrait des pluies, notamment en Syrie, pour soulager une vague de temps sec et chaud.

… et de la demande

Les échanges mondiaux de blé dur en 2005/2006 (juillet-juin) devraient afficher une hausse de 0,3 million de tonnes pour passer à 6,5 millions de tonnes, bien que ce chiffre fasse tout de même 0,5 million de tonnes de moins que la moyenne quinquennale. Si les besoins d’importations du Maroc risquent fort d’augmenter sur la base d’une détérioration de ses perspectives de production, des moissons supérieures à la moyenne en Algérie et en Tunisie brideront probablement leurs achats.

De gros stocks de report au sein de l’Union européenne devraient juguler tout redressement éventuel de ses importations.

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