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Marché des Céréales
Blé dur : « difficile pour les prix d’aller plus bas »

Stratégie Grains donne sa vision du marché du blé dur. La baisse des surfaces dans l’UE pourrait être contrebalancée par la bonne production attendue en Algérie, et des réserves importantes en Amérique du Nord.

© chrysda (Piabay)

Si l’on observe la différence de prix entre les récoltes 2018 et 2019 du blé dur coté sur Port La Nouvelle, on constate un écart de prix en faveur de la récolte prochaine d’environ 15 €/t : 210 €/t pour la récolte 2018 et 225 €/t pour la récolte 2019, selon des courtiers. Ceci en raison notamment des incertitudes quant aux disponibilités françaises, voire européennes, lors de la campagne commerciale 2019/2020. « La baisse des surfaces est actée dans l’UE, avec un recul significatif dans tous les principaux pays producteurs (France, Italie, Espagne), ce qui va faire baisser plus encore la production européenne et, notamment, française », précise Gabriel Omnès, spécialiste du marché du blé dur de Stratégie Grains. Malgré les importantes réserves en Amérique du Nord, l’analyste estime « qu’il est cependant difficile d’imaginer que le prix du blé dur puisse descendre beaucoup plus bas que le niveau atteint en 2018/2019 ».

Pour la campagne 2019/2020, Stratégie Grains juge le bilan hors Union européenne assez lourd. La production algérienne s’annonce bonne pour le moment, selon le bureau d’analyse. Et, malgré une baisse des surfaces attendue au Canada, les stocks canadiens et états-uniens (1 Mt environ aux États-Unis, deux fois plus que l’an dernier) devraient être très confortables. Au niveau de l’UE-28, des surplus devraient persister en Espagne et en Italie. Malgré tout, « un rebond des cours est très possible dans l’UE du fait de la forte baisse des disponibilités européennes prévue en 2019/2020, d’autant plus que les cours ont atteint un niveau très bas en 2018/2019. Cela devrait permettre à la prime de se reformer face au blé tendre, dont les prix ont dévissé en nouvelle récolte. Ils ne sont désormais plus un soutien pour les prix mondiaux du blé dur, contrairement à ce qui s’est produit en 2018/2019 », tempère -t-il.

Deuxième plus mauvaise performance à l’exportation vers les pays tiers

La qualité décevante dans le sud de la France et la lourdeur du marché mondial ont limité l’activité portuaire sur les destinations hors UE pendant la campagne commerciale hexagonale 2018/2019. « Ce sera la deuxième plus faible performance à l’export vers les pays tiers au départ de la France depuis plus de quinze ans, à peine au-dessus du niveau de 2016/2017 », détaille Gabriel Omnès. Stratégie Grains estime les exportations hexagonales légèrement au-dessus des 0,2 Mt. La consommation des fabricants d’aliments français est, de son côté, aussi estimée aux alentours des 0,2 Mt.

 

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Les semouliers/pastiers se veulent positifs au sujet du blé dur français

La qualité des lots dans le sud de la France lors de cette campagne 2018/2019 a déçu les industriels français, explique Christine Petit, secrétaire générale du Sifpaf-CFSI (Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France-Comité français de la semoulerie industrielle). « Les rendements des semouliers ont régressé de 4-5 % entre 2017/2018 et 2018/2019, en raison de la baisse des poids de mille grains et des poids spécifiques. » Néanmoins, la représentante des semouliers/pastiers hexagonaux se veut positive pour l’avenir : « certes il y a une baisse des surfaces cette année, mais cela est surtout dû aux mauvaises conditions climatiques de ces dernières années. […] La recherche permet de sortir de bonnes variétés (projet Dephy). […] Les débouchés sont présents: la consommation française de pâtes progresse, passant de 8 kg/hab/an en 2017 à 8,4 kg/hab/an en 2018 ».

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