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Agriculture biologique
Ambition Bio 2022 mise sur la contractualisation

L’Agence bio participe à l’élaboration du nouveau plan Ambition Bio, qui vise 15 % de surfaces bio en 2022. Le déploiement des grandes cultures fait partie des priorités.

© StockSnap (pixabay)

« Grâce aux conversions soutenues en grandes cultures, la production bio devrait être autosuffisante dès 2019 pour répondre à la demande croissante en origine France », déclare Gérard Michaut, président de l’Agence bio, représentant Coop de France et producteur bio en Bourgogne. Les chiffres consolidés de la filière, présentés le 1er juin à Paris, confirment la forte poussée, en 2017, des surfaces bio : +13 % en céréales, +46 % en oléagineux, +6 % en protéagineux, et +55 % en légumes secs.

Au total, les grandes cultures en bio dépassent les 400 000 ha (3,4 % de la SAU française). « La marge de progression est forte, et tous les feux sont au vert pour monter en puissance, estime Gérard Michaut. Il faut se structurer pour répondre à un marché en plein essor. » Au total, celui-ci – tous produits confondus – est estimé à 8,3 Md€ en 2017, soit +17 % par rapport à 2016 (4,4 % du marché alimentaire).

Réduire les importations

Si la part totale des importations est évaluée à 31 %, celle en graines ou tourteaux est moins facile à appréhender. « La mauvaise récolte 2016 a contraint des opérateurs à avoir recours à des achats extérieurs, surtout intracommunautaires, et à des pays tiers, précise Florent Guhl, directeur de l’Agence bio. Pour sécuriser leurs approvisionnements, meuniers et Fab auraient tendance, pour l’instant, à conserver ces circuits d’importation. » Selon les estimations de FranceAgriMer* et ses experts, en blé tendre, les volumes importés avoisineraient les 65 000 t, voire un peu plus, soit à peu près comme l’an dernier. La collecte française 2017 serait d’environ 150 000 t (+67 % versus 2016) et des utilisations évaluées autour de 200 000 t (+15 à 18 %). « La structuration de la filière, notamment la mise en place de silos maillant le territoire pour stocker les espèces de graines bio, est plus que jamais nécessaire. Il faut aussi mieux cerner les nouveaux opérateurs, car nous avons actuellement trop peu de visibilité », souligne Florent Guhl.

Spéculation : danger

Pour la fin de l’été, le plan Ambition Bio 2022, sur lequel planche l’Agence bio avec les ministères concernés (Agriculture, Transition écologique, Enseignement et Recherche), entend instaurer des mesures pour limiter l’import. Outre l’accompagnement technique, la contractualisation pluriannuelle avec l’aval de la filière en est un axe prioritaire. Des collecteurs nouent déjà des contrats sur trois ou cinq ans, en volumes et prix. Parmi les coopératives précurseurs, la Cavac, coopérative vendéenne, est engagée en bio depuis 1998. Depuis une quinzaine d’années, elle contractualise avec ses producteurs, les transformateurs, voire les distributeurs, « pour sécuriser les débouchés de nos productions diversifiées issues des rotations nécessaires en bio », témoigne Christophe Vinet, directeur du pôle végétal, lors du salon Tech & Bio à La Roche-sur-Yon (Vendée), fin mai. Les 100 000 t de collecte prévues pour 2019 seront toutes contractualisées de l’amont à l’aval. « Car, en bio, spéculer c’est détruire la filière et, à court terme, le marché », prévient-il.

* Chiffres provisoires au 1er mai 2018.

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