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Géopolitique
2020, une année des plus incertaines

Bien sûr, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne devrait occuper le devant de la scène, l’an prochain. Mais d’autres événements viendront altérer, ou pas, la marche du monde, sans compter les imprévus.

© Geralt (Pixabay)

L’année 2020 sera celle de la gestion du Brexit, qu’il soit « hard » (dur) ou négocié. Les ports français ont pris très tôt au sérieux cette problématique et, à titre d’exemple, les ports normands comme ceux du nord de la France ont travaillé sur moult simulations, et mis en place ou adapté leurs infrastructures pour en diminuer les effets principaux (renforcement des contrôles, allongement des files de camion…).

Outre-Manche, en revanche, on craint beaucoup la date fatidique, actuellement fixée au 31 octobre, notamment en cas de Brexit dur. Le ministre des Transports George Freeman vient de déclarer que « le gouvernement britannique travaillait sur l’idée qu’un “no-deal” pourrait occasionner une baisse du trafic portuaire de Douvres [principal port de commerce anglais pour l’Europe continentale] de 60 % pendant trois mois », soit 1 Md£ en moins par semaine.

Pour le port de Göteborg, principal port de commerce pour la Suède avec le Royaume-Uni, le fait qu’il y ait ou non un accord ne change pas la donne. Ce dernier sera considéré comme un pays tiers, avec des règles qui s’appliquent normalement à ceux-ci : contrôles douaniers, vérifications de la conformité des biens aux règles de l’UE… « Les biens exportés et importés par et vers le port devront être conformes avant d’entrer dans notre zone portuaire », a récemment précisé Elvir Dzanic, PDG de l’Autorité portuaire de Göteborg. Comme d’autres spécialistes de l’économie portuaire, les Suédois semblent plus craindre des difficultés pour les petites et les moyennes entreprises que pour les plus gros groupes. Le pays ne croit pas à des files d’attente dans les terminaux eux-mêmes mais plutôt à l’entrée même du port. Mais pas question de paniquer pour le moment : « Bien sûr, l’industrie de la logistique sera le maître du jeu dans cette situation où il faudra s’adapter vite. Mais par le passé, elle a déjà montré qu’elle savait le faire ».

Un monde très mouvant

Ce Brexit s’inscrit dans un monde « confus plutôt que compliqué », selon l’expression employée par Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères de la France, dans une conférence intitulée “Un monde de crises et de conflits”, organisée par l’Institut de relations internationales et stratégiques le 11 septembre.

Année bissextile, 2020 connaîtra une élection présidentielle aux États-Unis (le 3 novembre). « Trump bis or not Trump bis » sera la question. Le président états-unien, souvent présenté comme soumis aux opinions de ses principaux conseillers, a montré qu’il savait plutôt agir en collant parfaitement aux intérêts de son pays sans passer pour un va-t-en-guerre avéré.

Quant à la Chine (qui célèbre les 70 ans de la République populaire), elle devra résoudre son dilemme de comment “gommer” la peur qu’elle inspire aux États-Unis notamment, sans déclencher de conflit armé et alors qu’elle est en passe de devenir – si ce n’est déjà fait – la nation la plus puissante du monde. Son incroyable défilé militaire de début octobre a marqué les esprits alors qu’elle a plutôt tendance à se déployer à travers le monde en développant son économie. Vous avez dit confus ?

 

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