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Protéines végétales
« La recherche s’accélère en semences de soja », indique Sébastien Chatre, directeur de RAGT R2n

Entre l’âge d’or du soja de pays et la relance du soja de France, la recherche semencière hexagonale a été très calme. Mais elle est repartie à la hausse. Échange avec Sébastien Chatre, directeur de RAGT R2n.

Sébastien Chatre, directeur de RAGT R2n.
© Yanne Boloh

La Dépêche-Le Petit Meunier : Quel est l’effort de RAGT en matière de soja ?

Sébastien Chatre : Nous faisons de la recherche sur le soja depuis plus de cinquante ans, même s’il y a eu des hauts et des bas, notamment au début des années 2000. Nous avons continué lorsqu’il n’y avait pas assez de surfaces pour rentabiliser notre effort de recherche et nous sommes repartis à la hausse il y a sept ans. Le seuil est aux environs de 150 000 ha. L’effort de recherche est rentabilisé. Nous sommes plus sereins. Il existe deux sélectionneurs actifs en France sur cette espèce avec Euralis qui a intégré Caussade. Nous inscrivons une à deux variétés chaque année, surtout dans les classes de variétés précoces, triple zéro, double zéro et groupe 1. Notre effort de recherche a été multiplié par deux depuis sept ans, et nous mobilisons depuis quatre ans les outils génomiques. Nous génotypons environ 5 000 variétés par an pour une mise en culture de 1 500 à 2 000 d’entre elles, ce qui aboutit au bout de deux ou trois ans de test chez nous et deux ans au CTPS à l’inscription d’une à deux variétés par an.

LD-LPM : Quels sont les critères clés ?

S. C. : Le rendement est un point clé et aucune variété ne peut prétendre à l’inscription si elle a moins de 40 % de protéines. Notre RAGT Forza est ultra-protéinée avec +8 % en protéines par rapport à une variété standard. La précocité est un critère essentiel, sans oublier les autres risques : résistance à la verse et à l’égrenage et maladies comme le sclérotinia. Nous réalisons des évaluations spécifiques pour trier le matériel le plus sensible. Le flux variétal est constant : les variétés d’il y a dix ans sont dépassées d’au moins 15 % sur les critères rendements et protéines par celles d’aujourd’hui. C’est important pour les agriculteurs qui peuvent renouveler leurs choix variétaux. Pour tous ceux qui n’en ont jamais semé ou pas depuis longtemps, il y a une relance de la machine avec une expertise agronomique qui se reconstruit.

LD-LPM : Et le potentiel futur ?

S. C. : Contrairement aux sélectionneurs aux États-Unis ou en Amérique du Sud qui vont vers des variétés tardives, voire très tardives et principalement OGM, l’Europe a besoin de non OGM et de variétés précoces à très précoces pour que la plante ait le temps de compléter son cycle. Ce sont presque des espèces différentes de chaque côté de l’Atlantique ! Un potentiel existe en  France, mais aussi en Europe. Nous avons des collègues comme un sélectionneur autrichien et un serbe qui servent leurs zones. L’Ukraine et la Russie s’intéressent aussi aux sojas non OGM. L’essor actuel nous permet de revenir à la vérité : le soja n’avait aucune raison de rester américano-américain.         

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