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La profession céréalière se réjouit de la levée des taxes sur les importations d'engrais états-uniens

L’AGPB et La Coopération agricole – Métiers du grain s’inquiètent de la remontée des prix des engrais depuis le printemps, et de l’impact de la taxation des importations en provenance de Russie. Les professionnels demandent également un report des mesures d’ajustement carbone aux frontières.

Antoine Hacard, président de La Coopération agricole - Métiers du grain et Catherine Matt, directrice
Lors de sa conférence de presse de rentrée, la Coopération agricole - Métiers du grain s'est félicitée de la levée des droits de douane sur les engrais importés depuis les États-Unis. De gauche à droite, son président, Antoine Hacard, et sa directrice générale, Catherine Matt.
© Adèle d'Humières

Cet été, les cours des engrais azotés ont progressé avec le conflit entre Israël et l’Iran. L’ammonitrate à 33,5 % d’azote franco vrac en granulés était ainsi coté par La Dépêche Le petit meunier entre 430 €/t et 438 €/t sur le mois d’août, en hausse de 17 % par rapport à son niveau du mois de mai et 8 % par rapport à celui du mois d’avril. En cause, le conflit entre l’Iran et Israël, qui a conduit à une hausse les prix du gaz naturel, la demande soutenue dans le monde, et maintenant la taxation prohibitive des engrais russes. « L’interdiction de l’entrée sur le territoire d’une origine majeure pour le marché français a fait reculer l’offre et tiré les prix vers le haut », explique Antoine Hacard, président de la section Métiers du grain de La Coopération agricole.

Lire aussi : Marché des engrais : prudence et attentisme perdurent en cette fin d’été

Les professionnels saluent la levée des taxes à l’importation sur les engrais en provenance des États-Unis

Le sujet des engrais était d’ailleurs listé parmi les thématiques prioritaires pour l’AGPB (Association générale des producteurs de blé) lors de sa conférence de presse de rentrée le 16 septembre dernier. S’appliquaient aux produits états-uniens 6,5 % de droits de douane, et près de 30 € de taxes antidumping par tonne pour certains produits azotés.  « Nous avons salué au mois de juillet la levée des taxes sur les origines états-uniennes », a déclaré Éric Thirouin, président de l’AGPB. La mesure doit encore être ratifiée par les chefs d'État et le Parlement. Antoine Hacard s’est également félicité de cette ouverture du marché aux importations en provenance d’outre-Atlantique. « La guerre commerciale entre les États-Unis et l’Union européenne a ouvert cette opportunité », a-t-il déclaré. Pour rappel, la mesure avait été soutenue par les organisations professionnelles après l'annonce de la taxation de l'origine russe.

Lire aussi : La Commission européenne projette de taxer les engrais russes : les producteurs sont vent debout

Les organisations professionnelles souhaitent élargir l’exemption des taxes aux origines Trinidad-et-Tobago et Nigeria

Depuis l’année dernière, l’AGPB pousse pour l’ouverture du marché européen également aux produits fabriqués à Trinidad-et-Tobago et au Nigeria notamment, ainsi que pour la levée des taxes anti-dumping.

Lire aussi : Engrais - Comment la Russie concurrence les produits français

La mesure d’ajustement carbone aux frontières (MACF) critiquée par les producteurs

La taxe apposée sur les produits importés dont la fabrication a causé de fortes émissions de CO2 (MACF ou mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) devait s’appliquer dès le 1er janvier 2026 sur les achats d’engrais, utilisés en 2027 sur les cultures de céréales. Les professionnels souhaitent souligner l’ignorance dans laquelle ils sont laissés concernant la méthode de calcul. « Nous demandons un report de la mesure », a déclaré Antoine Hacard. « Dans l’ignorance des règles de calcul, les fournisseurs d’engrais vont surtarifer cette taxe, ce qui va se répercuter sur les producteurs et se traduire par une baisse de compétitivité de l’agriculture céréalière française », ajoute-t-il. « Nous sommes déjà dans la zone du monde où les engrais sont les plus coûteux, d’où la nécessité de ne pas les taxer encore plus », renchérissait Philippe Heusele, secrétaire général de l’AGPB la semaine dernière. 

Le syndicat professionnel rapporte en effet que les ministères, pour justifier cette taxe, avancent l’argument de la possible répercussion du coût des engrais sur les prix du blé, et ce, alors que les cours de la céréale ne couvrent actuellement pas les coûts de production. La Coopération agricole et l’AGPB, dans le cadre du Copa-Cogeca, portent ce sujet au cœur des instances de l’Union européenne, ont rappelé les représentants professionnels.

Lire aussi : Pourquoi les prix des engrais risquent de flamber à l’horizon 2026

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