Aller au contenu principal

« J’ai divisé par quatre mes coûts de désherbage grâce à la pulvérisation ultralocalisée »

Luc Tesnière entame sa troisième saison avec un pulvérisateur Ara d’Ecorobotix. L’outil qui assure des traitements ultraciblés lui permet de préserver ses oignons, qui s’avèrent plus gros et plus homogènes à la récolte.

« Nous avons amélioré les rendements et la qualité de nos oignons depuis que nous utilisons le pulvérisateur Ecorobotix Ara qui réalise des traitements ultralocalisés », se félicite Luc Tesnière, agriculteur au sein de la SCEA éponyme à Ernes, dans le Calvados. À la tête d’une exploitation de 400 hectares, l’agriculteur était confronté à des difficultés de désherbage en plein sur ses 25 hectares d’oignons et d’échalotes. « Ces dernières années, la liste des produits de désherbage autorisés sur les oignons s’est fortement réduite. Aujourd’hui, le catalogue de matières actives est très restreint et ces produits sont de moins en moins sélectifs, quand ils ne fragilisent pas les bulbes. » La solution de désherbage en plein devenait compliquée, les oignons pouvant subir le contrecoup du traitement pendant plusieurs jours. Si les applications d’herbicides n’engendraient pas de retard de récolte, elles pouvaient occasionner un peu de mortalité sur la culture et des bulbes hétérogènes en fin de cycle.

La pulvérisation ultralocalisée pour ne plus toucher la culture

 

 

Aussi, s’il n’est plus envisageable d’être sélectif sur les matières actives, il est depuis quelque temps possible de l’être sur le positionnement de l’application. À la recherche de nouveaux outils, Luc Tesnière découvre le pulvérisateur Ara de la société suisse Ecorobotix. L’appareil se compose d’un tunnel de 6 m de large en trois éléments, doté de 156 buses pilotées par six caméras et une intelligence artificielle, qui distingue les cultures des adventices et pulvérise du produit uniquement là où les mauvaises herbes sont présentes. À la clé, une réduction drastique de la dose utilisée et surtout la possibilité d’éviter d’appliquer de la bouillie sur les cultures.

Le pulvérisateur Ecorobotix acheté en copropriété

 

 
<em class="placeholder">Ecran du pulvérisateur Ara d&#039;Ecorobotix attelé sur un tracteur John Deere 7430</em>
L'intelligence artificielle distingue les adventices (en rouge) de la culture (en vert) © L. Vimond

Avant d’investir dans cet appareil, Luc Tesnière, ainsi que deux autres exploitations – la SCEA Haghebaert à Vendeuvre et l’EARL Hardy à Banneville-la-Campagne – ont préféré louer un appareil pour la saison 2024, afin de le tester. L’essai a été transformé, puisque les trois exploitations ont acheté l’année suivante, en copropriété, un appareil neuf pour 125 000 euros, tout en bénéficiant d’une aide locale de 30 000 euros. L’outil travaille sur 25 hectares d’oignons et d’échalotes sur l’exploitation de Luc Tesnière, et sensiblement les mêmes surfaces sur les deux autres exploitations. Le pulvérisateur intervient également sur les carottes (11 hectares chez Luc Tesnière, 18 à 20 hectares chez les deux autres exploitants), ainsi que sur les prairies de la SCEA Haghebaert, qui a très rapidement réduit sa population de rumex et de chardons.

L’Ara efficace de jour comme de nuit

Les trois éléments de tunnel du pulvérisateur Ara, entourés d’une jupe qui affleure le sol, créent un environnement quasiment dépourvu de pollution lumineuse, garantissant un fonctionnement identique de jour comme de nuit. Cet environnement clos présente également l’avantage de pouvoir travailler par conditions plus venteuses, lors desquelles un pulvérisateur classique resterait au hangar.

Les six caméras haute définition assurent une détection fine des moindres pousses d’adventices en les distinguant des cultures. « Même une plantule de la taille d’une tête d’épingle peut être détectée. Il faut parfois se baisser pour comprendre pourquoi l’appareil a traité à tel ou tel endroit, qui paraît dépourvu d’adventices au premier abord. »

Le traitement ciblé sur un carré de 6 cm de côté

Derrière les caméras, les 156 buses traitent un carré de 6 x 6 cm, distantes entre elles de 4 cm. La hauteur de chacune des trois rangées de buses se règle automatiquement à 25 cm au-dessus du sol. Sur les cultures en buttes comme les carottes, ce sont les plantes qui servent de référence pour ajuster la hauteur des buses et non les creux entre les buttes pour lesquels les besoins de précision sont moindres.

Le pilotage de la pulvérisation dépend également des paramètres rentrés par l’opérateur. « Nous pouvons traiter plus ou moins près du pied d’oignon. À 4 cm quand les oignons sont jeunes, à 0,5 cm quand ils sont développés. Nous avons aussi le choix entre traiter intégralement, cibler tout sauf la culture ou bien ne pulvériser que les monocotylédones ou les dicotylédones. »

15 à 30 hectares d’autonomie avec 300 litres de bouillie

 

 

Pour alimenter les buses, la cuve de 300 litres et la pompe sont attelées sur le relevage avant du tracteur John Deere 7430 équipé de l’autoguidage et dédié à la pulvérisation durant toute la saison. Elles sont accompagnées d’une cuve d’eau claire de 600 litres. « Le dosage est réalisé à 200 l/ha, comme un traitement en plein. Mais comme je ne traite qu’une tache par-ci par-là, je n’applique que de l’ordre de 20 l/ha au premier passage et deux fois moins pour les suivants. En résumé, ma cuve de 300 litres m’assure 15 à 30 hectares d’autonomie. »

Pour prévoir la quantité de bouillie à emporter, l’agriculteur travaille par extrapolation. « Je réalise un aller-retour à blanc avec l’appareil sur deux passes distantes du bord du champ, toujours plus sale, et je vois s’afficher à l’écran la surface que je vais pouvoir traiter grosso modo. Par une règle de trois, je vais mettre en cuve la quantité de produit dont j’ai besoin pour faire ma surface. »

Un débit de chantier de l’ordre de 2 ha/h

« Le pilotage de l’appareil est assez simple dès lors que nous traitons entre les rangs. Mais plus nous nous approchons de la culture, plus il faut être précis, pointu. » Avec une vitesse d’avancement de 7,2 km/h, le pulvérisateur affiche un débit de chantier de l’ordre de 2 ha/h. « C’est nettement moins qu’un pulvérisateur classique doté d’une rampe de 36 mètres, mais cela reste un bon débit de chantier en légumes ». Il faut une journée à l’agriculteur pour traiter les oignons et les échalotes sur son exploitation. Cela fait six jours de traitement dans l’année, « ce qui n’est pas énorme. Quoi qu’il en soit, j’estime avoir divisé par quatre mes coûts de désherbage d’oignons. »

Des oignons plus qualitatifs

 

 
<em class="placeholder">Vue sous le tunnel du pulvérisateur Ara d&#039;Ecorobotix attelé sur un tracteur John Deere 7430</em>
Isolé de la lumière extérieure, le tunnel de pulvérisation génère sa propre lumière pour un fonctionnement identique de jour comme de nuit. © L. Vimond

Après deux saisons complètes d’utilisation, Luc Tesnière ne peut que constater les effets bénéfiques de l’arrêt des traitements sur les pieds d’oignon. « J’ai réduit la mortalité, donc augmenté le nombre d’oignons récolté. Comme ils ne subissent plus de coups d’arrêt, qui pouvaient durer huit jours auparavant, leur croissance est régulière. Les bulbes sont plus gros et de calibre bien plus homogène. Au final, le rendement a augmenté de manière significative. »

Moins fragilisés par les herbicides, les oignons sont ainsi mieux armés contre les ravageurs et les attaques fongiques. « J’ai aussi gagné sur le plan sanitaire. »

Outre l’investissement de départ, le pulvérisateur Ara d’Ecorobotix fait également l’objet d’un abonnement de 6 000 euros par an pour trois cultures (oignon, salade et herbe), qui comprend les mises à jour des algorithmes, ainsi qu’une assistance face aux problèmes rencontrés. « Pour exemple, nous avons récemment réalisé un rendez-vous avec le constructeur pour un souci de détection des morelles qui pointent. Le but est de faire évoluer rapidement le logiciel pour mieux les détecter », apprécie Luc Tesnière.

L’agriculteur estime que l’investissement dans le pulvérisateur Ara se rentabilise avec les cultures avec une certaine valeur ajoutée et sur une surface suffisamment importante. « C’est pour cette raison que nous avons acheté cette machine à trois exploitations. Et nous réfléchissons à ajouter la culture de la salade dans la liste des légumes traitées par l’Ara. »

400 hectares, dont :

- 160 de blé

- 60 d’orge

- 55 de colza

- 57 de lin

- 20 de maïs

- 18 d’oignons

- 12 de pommes de terre

- 11 de carottes

- 7 d’échalotes

Les plus lus

Remplissage du réservoir d'un engin agricole de GNR
Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du GNR a pris plus de 60 centimes le litre en moyenne en France,…

Remplissage du réservoir d'AdBlue d'un tracteur
Comment évolue le prix de l’AdBlue ?

Au coût du carburant qui pèse sur le compte d’exploitation des agriculteurs, s’ajoute l’AdBlue nécessaire dans tous les…

<em class="placeholder">Andaineur Liner à double rotor de Claas avec retourneur d&#039;andain à petits soleils</em>
Claas - Un retourneur d’andain à soleils sur l’andaineur Liner à double rotor

L’andaineur à double rotor et dépose centrale Liner de Claas accède en option, à l’avant, à quatre petits soleils qui…

<em class="placeholder">Moissonneuse-batteuse Case IH Axial-Flow 7160 </em>
Case IH - Deux grands écrans à bord des moissonneuses-batteuses Axial-Flow 6160 et 7160

Les moissonneuses-batteuses Case IH Axial-Flow série 160 année modèle 2027 profitent de plusieurs évolutions améliorant le…

<em class="placeholder">Ecimeuse portée 12,30 m Bouillé Concept à repliage en quatre éléments</em>
Bouillé Concept - L'écimeuse portée se replie en quatre éléments

Romain Bouillé continue d'innover autour des écimeuses de cultures.

<em class="placeholder">Claas Axion 8 avec déchaumeur à dents Horsch</em>
Claas - Les nouveaux tracteurs Axion 8 uniquement disponibles avec la transmission à variation continue CMatic

Dévoilés officiellement à la presse ce mardi 7 juillet en Allemagne, sur le site de l'exploitation Hof Loermann appartenant à…

Publicité