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FranceAgriMer corrige en baisse de 400 000 t les exportations de blé tendre vers les pays tiers

Le rythme des exportations françaises de blé tendre et d’orge pour la campagne commerciale 2024-2025 reste insuffisant. La production de maïs est revue en hausse significative. Les stocks de fin de campagne sont réévalués en hausse en blé et en maïs, mais en très légère baisse en orge.

navire à quai devant des silos de grains de Sénalia sur le port de Rouen.
Les exportations françaises de céréales sont toujours à la traîne, d'une campagne sur l'autre.
© J.-C. Gutner

FranceAgriMer a revu en forte baisse les exportations françaises de blé tendre et d’orges vers les pays tiers pour cette campagne commerciale 2024-2025. Malgré une production en fort recul, les disponibilités françaises font face à une concurrence soutenue des pays de la zone mer Noire. Avec l’arrivée sur le marché des récoltes australienne et argentine, le marché français à l'export manque de visibilité sur la deuxième partie de campagne.

Lire aussi : Céréales - Rebond des surfaces françaises de blé tendre entre 2023 et 2024, selon Agreste

 

Des exportations de blé tendre au plus bas depuis vingt-cinq ans

En blé tendre, les exportations enregistrent un rythme peu dynamique depuis le début de la campagne 2024-2025. Les exportations vers les pays tiers sont estimées en forte baisse (-400 000 t par rapport au chiffre du mois de novembre), ce qui représente une baisse de 66 % sur la campagne précédente.
 
« Le marché souffre d’une grosse absence du Maghreb. Pour le moment, l’Afrique subsaharienne est la principale destination mais ce ne sont pas d'importants volumes », commente Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur les céréales de FranceAgriMer (FAM).
Selon l'établissement public, le blé français souffre de la concurrence des pays de la zone mer noire et du manque de demande de la part des pays du Maghreb, et en particulier du Maroc. L’absence de la Chine dans les achats explique aussi la maigre performance de la France à l’export. Depuis le début de la campagne, les exportations sont tirées par les pays de l’Afrique sub-saharienne. Cependant, ces destinations représentent un potentiel de volume d’exportation limité. Cette tendance se confirme dans les chiffres du mois d’octobre avec une baisse des exportations de 33 % par rapport à l’an dernier avec 813 000 t. Le cumul des exportations depuis juillet jusqu’à octobre atteint 2,89 Mt et accuse un recul de 34 % sur la même période en 2023. 
 
Notons, un statu quo sur les utilisations domestiques de blé tendre avec, comme changement notable, une diminution de 10 000 t à destination de l’amidonnerie.
 

Nouveau recul des exportations d’orge de 100 000 t en l’absence des acheteurs chinois

Les exportations d’orge fourragère souffrent aussi des achats chinois, qui ont de leur côté reconstitué leurs stocks et observent l’évolution du marché avec l’arrivée de la nouvelle récolte en Australie
 
En octobre, les exportations françaises d’orge s’élèvent à 300 000 t, soit une diminution de 47 % par rapport à l’an dernier. Le cumul depuis le début de la campagne 2024-2025 atteint 1,66 Mt, ce qui représente une baisse de 38 % par rapport à l’an passé. Par conséquent, FAM a abaissé les exportations d’orge vers les pays tiers de 100 000 t à 2,1 Mt. Au global, les exportations sont estimées en recul 27 % sur la campagne précédente.
 
« La Chine, notre plus important client pour les exportations françaises d’orge, est actuellement absente … Mais le pays importe davantage sur la deuxième partie de campagne », rappelle Habasse Diagouraga. Cependant, sur le second semestre de l'exercice commercial 2024-2025, les opérateurs ne disposent pas à ce jour d’informations fiables sur les intentions de la Chine quant à ses importations d’orge, selon FAM.
 
Du côté de l’orge de brasserie, l’activité de la malterie est peu dynamique, selon l'établissement public. Par conséquent, les utilisations des malteurs sont revues en baisse de 40 000 t.
 

Une production de maïs en hausse de 430 000 t malgré une récolte en conditions difficiles

Selon les dernières données Céré'Obs, en fin de semaine 48, la récolte de maïs accusait un retard de 24 jours sur récolte 2023. Actuellement, des parcelles sont encore à récolter dans des conditions humides. FAM relève la production 2024-2025 de maïs de 430 000 t. Toutefois, ce chiffre est à relativiser car il est basé sur les surfaces observées et non sur les volumes réels. 
 
Les stocks sont estimés en hausse de 318 000 t, soit une augmentation de 34 % par rapport à la campagne précédente.
Rédaction Réussir

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