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Spot Spraying
Comment développer la pulvérisation ciblée dans les champs ?

La pulvérisation localisée, ou spot spraying, permet d’appliquer les produits phytosanitaires uniquement là où c’est nécessaire. Malgré ses avantages prouvés, cette technologie reste peu généralisée en raison de freins techniques et économiques.

Un pulvérisateur dans un champ.
La pulvérisation localisée, ou spot spraying, permet d’appliquer les produits phytosanitaires uniquement là où c’est nécessaire.
© H. Challier

La pulvérisation ciblée permet de ne traiter que les surfaces nécessaires. Elle est utilisée notamment pour les herbicides. Son grand avantage, en plus de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, est l’absence d’application sur toute la surface qui évite aussi les effets de stress ou de ralentissement de croissance sur les cultures traitées. Une plante moins exposée aux produits phytosanitaires peut croître plus librement, ce qui améliore les rendements.

 

La reconnaissance des graminées, un défi à lever pour le spot spraying

Si la reconnaissance et le traitement du rumex dans les prairies ainsi que le traitement des adventices dans les cultures en lignes (maïs, betteraves, tournesols, pommes de terre) sont des pratiques déjà courantes, l’élimination des graminées dans les céréales à l’aide du spot spraying reste un défi technique : la différenciation entre plantes monocotylédones cultivées comme le blé et graminées adventices comme le vulpin des champs est plus difficile.

 

Le spot spraying, des défauts en usage exclusif

Il a été observé que le recours unique au spot spraying pour les trois premiers traitements en betteraves sucrières peut entraîner des infestations tardives, en particulier les années où le printemps est sec (avril-mai) et l’été plus humide (juin-juillet).  Les adventices encore à l’état de germes n’étaient pas détectées lors des premiers survols et donc pas traitées. Après les pluies estivales, leur développement s’est intensifié, causant une infestation tardive. 

En attendant des améliorations techniques, le spot spraying apparaît comme un outil complémentaire dans une stratégie globale de protection des cultures. Il peut ainsi être utilisé plus tard dans la saison, après une application initiale d’herbicides de pré-levée, par exemple. 

 

Les coûts élevés du spot spraying 

Un des freins à la généralisation de la technologie du spot spraying est l’investissement initial important qu’il requiert. L’agriculteur doit acheter ou louer plusieurs équipements sophistiqués comme un pulvérisateur équipé, des drones, des caméras, faire analyser les données, ou encore, créer des cartes d’application. Ces coûts empêchent un grand nombre d’agriculteurs à investir.

 

Les pistes à développer pour accélérer l’adoption du spot spraying

Il reste plusieurs défis techniques à relever. Le premier est d’adapter cette technologie aux céréales semées à la volée par semoir à céréales. Ce qui permettrait une adoption plus large de la technologie sur toutes les cultures d’une même exploitation. Il existe déjà des tentatives de reconnaissance des dicotylédones dans les cultures monocotylédones, comme les chardons dans le blé. L’étape suivante serait la reconnaissance des graminées adventices monocotylédones dans les cultures monocotylédones – par exemple, le vulpin des champs dans le blé. 

Par ailleurs, les systèmes doivent mieux s’adapter aux variations de vitesse de conduite, afin que les buses s’activent au bon moment, indépendamment des changements de rythme. La stabilité horizontale de la rampe du pulvérisateur joue ici un rôle crucial : les mouvements latéraux peuvent affecter la précision de l’application.

Enfin, la gestion des volumes de données peut être difficile quand on traite un grand nombre de points de traitement dans une parcelle : par exemple, un champ de 30 hectares peut nécessiter jusqu’à 80 000 points de traitement individuels, soit autant de zones de gestion.

 

Farm robotix, la nouvelle plateforme de solutions numériques d’Agritechnica

Alors que le spot spraying continue de faire ses preuves, les innovations présentées à Agritechnica pourraient bien marquer un tournant dans son adoption à grande échelle. Le salon organisé par la société DLG, qui se déroulera du 9 au 15 novembre 2025, accueillera pour la première fois le Digital Farm Center présenté par FarmRobotix. 

L'accent sera mis sur des technologies innovantes dans les domaines de l'agriculture numérique, de l'automatisation, de la robotique et de l'intelligence artificielle. Au DLG Spotlight "Digital Farming", situé au cœur du Digital Farm Center, les visiteurs pourront assister à des démonstrations interactives de produits, des conférences et des tables rondes sur des sujets d’actualité, ainsi que se connecter avec des experts de l’ensemble du secteur. Sous le thème principal du salon "Touch Smart Efficiency", qui met l'accent sur l'interconnexion intelligente des technologies numériques les plus modernes pour augmenter durablement la productivité en agriculture, la plateforme offrira une nouvelle fois aux agriculteurs, fabricants, start-up, scientifiques et investisseurs des opportunités de réseautage thématique et d'échange de connaissances. 

Agritechnica - 9 au 15 novembre 2025 - Hanovre en Allemagne 

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