« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat
Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de grains enregistré sur la période allant du 1er juillet au 31 décembre 2025. Avec près de 1,8 Mt de grains exportés, le prestataire de service rouennais a dépassé son objectif sur les six premiers mois de l’exercice commercial 2025-2026… et espère bien réitéré cette performance sur la deuxième partie de campagne.
Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de grains enregistré sur la période allant du 1er juillet au 31 décembre 2025. Avec près de 1,8 Mt de grains exportés, le prestataire de service rouennais a dépassé son objectif sur les six premiers mois de l’exercice commercial 2025-2026… et espère bien réitéré cette performance sur la deuxième partie de campagne.
« Les chiffres à l’exportation de grains de Sénalia sur le premier semestre de la campagne commerciale 2025-2026 sont comparables à ceux réalisés il y a deux ans », se réjouit Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia. Le silo portuaire rouennais a en effet chargé 1,789 Mt du 1er juillet au 31 décembre 2025, soit plus du double du volume enregistré sur la même période en 2024-2025 (qui a connu une récolte désastreuse) et même un tonnage supérieur à celui du premier semestre 2023-2024 (1,657 Mt).
| Exportations de grains opérées par Sénalia | ||
| En tonnes | Premier semestre 2024-2025 | Premier semestre 2025-2026 |
| Céréales | 790 000 | 1 771 000 |
| Blé tendre | 378 000 | 1 105 000 |
| Blé dur | 24 000 | 27 000 |
| Orge fourragère | 242 000 | 581 000 |
| Orge de brasserie | 146 000 | 54 000 |
| Maïs | 0 | 4 000 |
| Oléoprotéagineux | 2 500 | 14 000 |
| Oléagineux | 10 000 | |
| Colza | 10 000 | |
| Protéagineux | 4 000 | |
| Total | 792 500 | 1 789 000 |
| Source : Sénalia, janvier 2026. | ||
Dans le détail, si le tonnage d’orge fourragère sur le premier semestre 2025-2026 ont progressé de 140 % d’une campagne sur l’autre et celui du blé tendre a crû de 192 %, contre une hausse de 126 % tous grains confondus (cf. tableau ci-dessus). Les chargements de blé dur, qui correspondent à du transit camion-péniche à destination de la région parisienne, ont peu évolué, alors que les exportations d’orge brassicole ont diminué de deux tiers (-63 %). On remarquera une cargaison de maïs, expédiée en juillet, et des expéditions significatives de colza.
Lire aussi : Sénalia : des exportations céréalières divisées par deux en 2024-2025
En termes de destination, le blé français a essentiellement été expédié sur le Maroc, en l’absence de l’Algérie pour raisons diplomatiques. Les autres importateurs sont la Tunisie et les pays d’Afrique de l’Ouest. En orge fourragère, l’Arabie saoudite est le principal client, avec la Jordanie en outsider. Quant à l’orge brassicole, elle est majoritairement partie en conteneur sur la Chine, et dans un moindre mesure en vrac sur le Mexique.
Une première partie de campagne meilleure qu’attendu
La première moitié de la campagne 2025-2026 a représenté « une bonne surprise en termes de flux », commente Alain Charvillat.
Et d’expliquer : « Si en juin les ventes à l’exportations de la nouvelle récolte étaient minimes, les chargements de Sénalia ont profité du retard des moissons et des problèmes de qualité des productions d’Europe de l’Est, qui ont accru la demande des Etats membres de l’Union européenne en origine France sur les trois premiers mois de la campagne 2025-2026. Cette activité régulière a permis de dégager des silos les productions estivales et aux organismes collecteurs d’accueillir sereinement les moissons automnales ».
A partir d’octobre, le trafic s’est atténué tout en totalisant des tonnages mensuels importants. En fin d’année, les capacités de stockage du terminal céréalier rouennais étaient presque vides.
Des perspectives optimistes sur la deuxième partie de campagne
« Etant donné que nous avons exporté davantage de grains sur le premier semestre qu’attendu, nous envisageons dorénavant un objectif à fin juin entre 3,6 Mt et 3,8 Mt », précise le dirigeant de Sénalia. En juillet dernier, le prestataire de service rouennais anticipait un volume aux alentours de 3,5 Mt sur la totalité de la campagne 2025-2026.
Concernant la potentielle concurrence du blé argentin sur le marché mondial - notamment sur le Maghreb - en cette deuxième partie de campagne, Alain Charvillat relativise : « nous avons jusque-là bénéficié d’une marchandise tricolore assez compétitive en termes de prix et de qualité ».
Quant à la logistique amont, elle demeure tendue avec un manque de cale persistant s’agissant du transport fluvial. « Malgré tout, nous avons réussi à répondre à la demande des exportateurs », temporise le dirigeant de Sénalia.
Des stocks tendus en ce début janvier pour répondre à la demande
Le programme de chargement sur la première quinzaine de janvier s’établissait à 200 000 t au 5 janvier. « Etant donné la faiblesse du stock tampon à la veille de la trêve des confiseurs, nous avons besoin de remonter des grains de notre hinterland pour assurer ses expéditions », a souligné Alain Charvillat.
Si l’épisode neigeux de début janvier a limité l’acheminement des grains et tendu ses stocks, Sénalia « devrait tout de même pouvoir tenir le programme prévu », rassure le directeur Céréales export. Quant aux manifestations des agriculteurs, qui bloquent en ce moment les grands axes routiers en région comme aux portes de la capitale, elles n’ont pour l’heure pas d’impact sur la logistique céréalière portuaire à Rouen.