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Céréales - Un système de prix minimum ukrainien à l'export appliqué début décembre 2024 ?

Le système de prix ukrainien minimum à l'export de céréales et d'oléagineux est voté depuis l'été 2024, mais son application a été retardée.

Le drapeau ukrainien ondulé
© bodkins18-Pixabay

Le ministre de l'Agriculture ukrainien Vitaliy Koval a déclaré auprès du média Reuters le mercredi 31 octobre 2024 « qu'un système de prix minimum sur les exportations des principales céréales et des principaux oléagineux du pays devrait probablement être opérationnel début décembre. [...] Un petit nombre de mesures réglementaires sont encore nécessaires pour son introduction définitive ».

« Un système de prix minimum sur les exportations des principales céréales et des principaux oléagineux du pays devrait probablement être opérationnel début décembre », déclare le ministre de l'Agriculture ukrainien.

Lire aussi : Campagne 2023/2024 - « Le marché du blé tendre le plus difficile à analyser en cinquante ans d’expérience », selon Noel Fryer, analyste privé

Un système en discussion depuis 2023

Ce système de prix minimum est en discussion depuis l'année 2023. Rappelons par ailleurs qu'il a été voté et devait à l'origine être opérationnel dès l'été 2024. Mais un grand nombre de changements législatifs nécessaires à son entrée en vigueur ont retardé son application, rapporte Reuters. De plus, le texte ne fait pas l'unanimité, spécialement au sein des exportateurs de grains ukrainiens, qui craignent une perte de compétitivité sur la scène internationale.

Lire aussi : Céréales - L'Ukraine met en place des prix minimums à l'export

Objectif : empêcher la saignée des recettes de l'Etat ukrainien

L'objectif de la mesure est d'empêcher ou de réduire le détournement des recettes d’exportation de céréales de l'Etat vers le marché noir. L'Ukraine a en effet grand besoin de rentrées fiscales émanant de ses ventes extérieures de commodités agricoles, afin de financer son effort de guerre contre la Russie. Le système s'appliquera, entre autres, au blé, au maïs, à l'huile de tournesol, au soja, et au colza. Ces matières premières sont exportées en masse, notamment chez les clients traditionnels de l'Hexagone (Espagne, Italie, etc.). Les prix minimums seront calculés via les données des services douaniers et sur la base des prix de livraison du mois précédent, avec une décote de 10 %.

Quelles conséquences sur les marchés des céréales et des oléagineux ?


Mais concrètement, quelles conséquences sur les marchés auraient une telle mesure? Timothée Pelloquin, analyste chez Horizon Soft Commodities, explique que les effets seraient concentrés « à court terme sur le maïs, étant donné qu’il n’y aurait presque plus de colza à aller chercher en Ukraine et que le disponible exportable de blé ukrainien se serait drastiquement érodé. Mais même pour le maïs, le marché ne réagit guère car l’application de la décote de 10 % fait qu’il ne s’agit pas d’une réelle restriction. Finalement, c’est le positionnement chinois qui dictera la perception du marché. Historiquement, l'Empire du Milieu importe du maïs ukrainien sur le trimestre hivernal. Mais cette année, la graine états-unienne est plus que jamais attrayante ».

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