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La pulvérisation localisée pour ne traiter que le rang

Traiter sur le rang avec un pulvérisateur standard : l’idée est séduisante pour gagner en débit de chantier. Mais la précision du ciblage impose une rampe hyperstable.

Le traitement localisé sur le rang souffre d’un talon d’Achille : son débit de chantier limité, qu’il soit pratiqué en pré-levée au semis ou en post-levée avec une rampe dédiée ou une bineuse. D’où l’idée de recourir à un pulvérisateur standard équipé d’une large rampe. Pour cibler le rang, deux options s’offrent à l’agriculteur : des buses à jet étroit (40 à 65 degrés) ou des écrous permettant de pivoter la buse pour réduire la largeur de la bande traitée.

Les constructeurs s’organisent pour faciliter cette pratique. Amazone propose par exemple son dispositif AmaSelect Row, avec un porte-buses piloté capable de s’adapter à différents interrangs. Chez Horsch, le même objectif est atteint avec des buses écartées de 25 cm et des porte-buses coudés. Evrard développe une solution avec des buses à 40 degrés espacées de 15 cm pour traiter des bandes de 5 à 10 cm.

L’enjeu de rester au-dessus du rang

Mais l’efficacité du ciblage bute sur un obstacle majeur : les mouvements de la rampe. « L’enjeu est de rester au-dessus du rang. Un léger décalage de quelques centimètres peut faire complètement dévier le jet de sa cible, avertit Benjamin Perriot, ingénieur chez Arvalis. Lors d’un test sur des rangs de maïs semés à 50 cm, mené avec un pulvérisateur porté standard équipé de trois antennes GPS pour analyser la position de la rampe en continu, seulement 65 à 70 % de bonne couverture des rangs a été atteinte. »

Arvalis prévoit un nouvel essai avec cette fois-ci un pulvérisateur Horsch disposant de tous les équipements de stabilisation, pour vérifier si une gestion très fine de la hauteur et du fouettement de la rampe permet d’atteindre un taux de couverture satisfaisant. Les constructeurs recommandent par ailleurs d’utiliser un autoguidage RTK au semis, comme à la pulvérisation.

La piste d’un pilotage de rampe couplé à une détection des rangs par caméra pourra également s’envisager dans l’avenir. Horsch a d’ores et déjà franchi le pas en installant sur son pulvérisateur, une caméra CultiCam habituellement dédiée au guidage des bineuses, pour piloter l’essieu suiveur et corriger la position de l’appareil, notamment dans les dévers.

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