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Blé russe - Les prix minimums vont-ils durer ?

Un analyste du Conseil international des céréales a donné son opinion sur les prix minimums russes à l'export.

© papazachariasa-Pixabay

Ces derniers jours, le marché a beaucoup discuté d'un phénomène étrange : les prix minimums du blé tendre russe, constatés lors de divers appels d'offres internationaux. On pense par exemple à ceux du Gasc (General Authority For Supply Commodities) égyptien récemment. Aucune offre russe ne s'affichait sous les 270 $/t FOB, permettant à d'autres pays (comme la Roumanie ou la Bulgarie) de rafler la mise. Diverses questions se posent, dont celle-ci : cela va-t-il durer ? Un expert du Conseil international des céréales (CIC) a donné son avis, lors d'une conférence de presse en webinaire le 29 septembre 2023.

Selon le CIC, les prix minimums du blé tendre russe émanent d'une demande du Kremlin aux exportateurs russes, sans qu'il y ait pour autant de texte rédigé (décret, arrêté, etc.). « Les autorités ont donné des directives aux exportateurs de blé russe, qu'ils semblent appliquer pour le moment. Néanmoins, cela ne s'applique qu'aux appels d'offres émanant d'organismes étatiques (Gasc, OAIC - Office algérien interprofessionel des céréales...) », témoigne Alexander Karavaytsev, économiste du CIC, lors de la conférence de presse. L’expert indique que, lorsqu'il s'agit d'acheteurs du secteur privé, des prix descendant jusqu’à 240 $/t FOB ont été constatés, preuve que la Russie peut rester très compétitive. De plus, « lors du dernier appel d’offres, les Russes ont commencé par afficher un prix de 270 $/t FOB, mais sont ensuite descendus temporairement à 260 $/t FOB. Insuffisant, puisqu’un autre pays a remporté l’appel d’offres », détaille-t-il.

S’il est impossible de prédire ce que va faire la Russie, ces éléments ne plaident pas forcément pour une politique de ce type à long terme, surtout si les pertes de parts de marché se multiplient.

Mais pourquoi une telle politique ? Là aussi, aucune certitude, mais une hypothèse est émise par le CIC. « Le fait de fixer un prix minimum peut avoir pour objectif de tenter d’améliorer les prix payés aux producteurs. Nous constatons par exemple dans la zone centrale de la Russie d’importants stocks de blé, qui font pression sur les prix locaux, ce qui décourage les agriculteurs à re-semer, ce que veut éviter le gouvernement », s’exprime Alexander Karavaytsev.

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