Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP),
« les mesures retenues par les ministères de l’écologie et de l’agriculture ne visent pas à maintenir un service public compétent pour l’équipement et l’aménagement des territoires, pour l’environnement, pour l’agriculture, pour l’alimentation », estiment les représentants syndicaux du ministère de l’agriculture (FSU, CGT et Sud). Pour protester contre les mesures annoncées le 4 avril dernier, les syndicats ont boycotté le comité de suivi de la RGPP, vendredi dernier, et ont fait part à Michel Barnier de leurs inquiétudes.
Le train des décisions s’accélère alors que sur le terrain la mise en œuvre des premières mesures ne se fait pas sans difficulté. La première phase d’évaluation de la fusion DDA-DDE dans 8 départements tests témoigne d'
«un sentiment de détérioration de l’autonomie de chacun, de l’efficacité et de la réactivité» exprimé par les personnels ex-DDAF qui se plaignent
«de la pesanteur hiérarchique». Un rapport du comité hygiène et sécurité ministériel (CHS) s’avère encore plus sévère, soulignant
« un effet-volume » qui conduit à privilégier les règles d’organisation et de fonctionnement des ex-DDE au détriment de celles des ex-DDAF.
Le ministère sur la fin ?
L’annonce, le 4 avril, de la fusion des corps d’ingénieurs du génie rural des eaux et forêt (GREF) et de ceux des Ponts et Chaussées n’est pas pour rassurer le personnel. Certains représentants syndicaux y voient le signe qu’après la présidence française de l’Union européenne, le ministère de l’Agriculture sera fondu dans celui de l’Ecologie et de l’Equipement. Alors, quand Michel Barnier annonce que les directions départementales des services vétérinaires (DDSV)
« seraient » au cœur des nouvelles directions départementales de la sécurité sanitaire, de l’alimentation et de la protection des consommateurs, le scepticisme est grand dans les rangs du ministère. Si la création de cette nouvelle direction a bien été entérinée le 4 avril dernier, le fait qu’elle soit dirigée par la rue de Varenne ou par Bercy n’est pas encore tranché.
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Beaucoup d'autres points de la réforme du ministère de l’Agriculture restent flous. S'il semble acté que le service des nouvelles des marchés (SNM) sera intégré au niveau national au sein du futur office agricole unique, (pour l’instant baptisé « FranceAgriMer »), le devenir des agents régionaux reste incertain. Les services régionaux de l'information statistique et économique (SRISE) seront-ils maintenus, alors que les services régionaux de l'office agricole doivent rejoindre les nouvelles directions régionales renforcées ?
Le personnel du ministère s'interroge aussi sur l'organisation à l'échelle des départements. A peine la fusion en deux vagues des DDA et DDE programmée, Nicolas Sarkozy a annoncé le 8 avril dernier dans le Lot, l'extension du projet OSE (organisation des services de l'Etat par regroupement en tant que services de la préfecture). Cette organisation sera déployée dans un premier temps sur la région Midi-Pyrénées. Une annonce contradictoire qui a poussé les représentants FSU, CGT et Sud a interpeller vertement Michel Barnier, la semaine passée.
Un appel à la grève le 15 mai
«De deux choses l'une. Soit vous et vos représentants n'avez aucune prise sur les décisions, et vous n'êtes plus alors un interlocuteur valable sur l'avenir de votre département ministériel. Soit vos collaborateurs nous ont mené en bateau et alors quel crédit accorder maintenant à leurs propos et engagements ?», ont déclaré les syndicats. Les trois syndicats appellent les personnels du ministère de l’Agriculture à participer à la semaine d'action fonction publique prévue du 13 au 17 mai prochain et à faire grève le 15 mai. En région, des actions locales interministérielles ont déjà commencé comme à Grenoble, à Nantes et à Toulouse.