« Nous craignons que l’érosion de l’élevage ne s’accélère »

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Louis Thivat, président de l’Union des fabricants d'aliments composés Auvergne Limousin, a cherché des alliés au sommet de l’Elevage pour défendre l’activité des filières animales en zone difficile.

Les Marchés : La question des matières premières a dominé la journée des fabricants d’aliments au Sommet de l’Élevage. Comment se pose-t-elle aux industriels du bassin ?

Louis Thivat : L’impact de la hausse est plus fort et plus menaçant qu’ailleurs. Nous nous inquiétons particulièrement du maintien de la filière porcine régionale. Nous craignons une accélération de l’érosion de l’élevage. Les abatteurs vont voir leurs coûts de ramassage par tête s’alourdir. Nous-mêmes, fabricants d’aliments composés, avons des coûts logistiques déjà très élevés. Nous livrons 22 tonnes par kilomètre carré. Nous n’avons pas que des densités faibles, nous avons aussi le relief ! Dans les zones de piémont, les semi-remorques ne circulent pas.

LM : Qu’a pu réaliser votre union régionale, l’Urfacal, depuis sa création il y a un an par la fusion des unions régionales d’Auvergne et du Limousin ?

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L. T. : Nous avons amélioré nos conditions d’activité, par exemple en mettant en place un système de sous-traitance mutuel au cas où une usine doit suspendre sa production, lequel a déjà fait ses preuves. Nous avons aussi fait du lobbying en invitant par exemple un représentant parlementaire de l’Allier sur la question des distorsions de concurrence entre les filières françaises et européennes. Il a constaté que la réglementation française est toujours plus restrictive. Nous avons aussi invité le vice-président de la région Auvergne… Regroupés entre fabricants du monde coopératif et dits « privés » de nos deux régions, nous pouvons faire venir un intervenant extérieur à nos réunions qui ont lieu trois ou quatre fois par an. Autre exemple, l’un de nous a rédigé une note pour alerter le ministère sur les risques de déprise agricole, un autre pour réclamer l’extension de l’autorisation de transport par 44 tonnes à tout le territoire. Au-delà de ces actions, je crois beaucoup aux liens confraternels. A la sortie de table de notre dernière réunion, où nous étions une quinzaine, personne ne nous aurait vus comme des concurrents.

Je précise que l’Urfacal s’adresse aux fabricants adhérents de Coop de France et du Snia, pas à d’autres, à la condition qu’ils exercent leur activité, ou une partie de leur activité, dans le bassin allaitant du Massif Central. Elle compte une vingtaine d’adhérents, dont 3 sont issus de l’ancien syndicat des fabricants du Limousin. Nous n’avons pas de budget, que de la bonne volonté. L’union Bretagne-Pays de la Loire est bâtie de la même façon ; à une autre échelle puisqu’en produisant 880 000 tonnes, nous représentons 4 à 5 % du marché français.

LM : Qu’est-ce qui a amené l’Urfacal et le Snia à inviter les représentants de la fédération européenne, la Fefac ?

L. T. :Je suis allé à l’assemblée générale de la Fefac à Porto. J’ai fait là-bas connaissance de son nouveau président, Pedro Correa de Barros, et de son secrétaire général, Alexander Döring. Je leur ai demandé s’ils connaissaient le Sommet de l’Élevage et ils ont accepté notre invitation. Leur venue est un petit pas vers une défense en haut lieu des zones difficiles comme les nôtres, puisqu’il y en a d’autres en Europe, en Autriche ou au Portugal. L'élevage européen ne se limite pas à la Bretagne ou la plaine du Pô. Il faut que les organisations européennes soient sensibilisées aux problématiques des bassins de races allaitantes. Il faut au moins que ce soit un sujet de réflexion à la Fefac.

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