C’est après avoir étudié la gestion de l’ours dans quatre territoires européens (Catalogne et Asturies en Espagne, Trentin en Italie et Slovénie) que les inspecteurs ayant rédigé le rapport sont arrivés, par comparaison ou extrapolation pour la France, à la conclusion que « les Pyrénées doivent se préparer à accueillir possiblement 350 ours à l’horizon de trente ans avec une aire de présence en extension ». Ils ont noté que la croissance annuelle de la population ursine y atteint 10 % en moyenne. « Les Pyrénées françaises et espagnoles, avec 76 individus recensés sont aujourd’hui dans une situation comparable à celle de la chaîne cantabrique (en Espagne, ndlr), il y a trente ans » notent-ils.
Les auteurs du rapport estiment que la cohabitation ou coexistence de l’ours avec les activités humaines en général et agricoles en particulier est sensible partout, « mais ne constitue pas systématiquement un sujet politique ». Ils avouent ne pas pouvoir expliquer pourquoi le nombre d’animaux tués ou blessés par les ours est beaucoup plus important dans les Pyrénées qu’ailleurs, même si le mode d’élevage pastoral spécifique à la France, la taille et le nombre des troupeaux semblent être des facteurs déterminants.
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« Les questions de sécurité pourraient devenir au moins aussi importantes que celle des dégâts »
Devant la recrudescence annoncée du nombre d’ours dans les Pyrénées, les auteurs du rapport, mis à part le triptyque clôtures/chiens/bergers, expliquent ne pas avoir pas identifié d’autre mesure efficace qui pourrait être mise en œuvre en France. Alors qu’ils avertissent qu’« avec l’augmentation du nombre d’ours et de son aire de présence, les questions de sécurité pourraient devenir au moins aussi importantes que celle des dégâts », les auteurs recommandent principalement de réviser dans la concertation, le protocole de gestion des ours et le rendre aisément accessible au public ainsi que de décliner le plan d’action national dans une feuille de route annuelle.