Le Sommet de l’Elevage a emboîté le pas aux Nations Unies cette année en mettant en lumière le pastoralisme pour sa 35e édition. Une conférence a abordé les réponses apportées par celui-ci aux défis actuels auxquels fait face l’agriculture : le changement climatique, le renouvellement des générations et les attentes sociétales.

Une pratique millénaire dont on redécouvre les atouts.

Le pastoralisme a 10 000 ans. 10 000 ans que celui-ci façonne les paysages aux quatre coins du monde comme l’a rappelé Yannick Fialip, président du SIDAM en introduction de la conférence. Aujourd’hui, selon la FAO, 75% des pays du monde pratiquent le pastoralisme à des degrés divers et la moitié de la surface terrestre est constituée de parcours. 500 millions de personnes vivent du pastoralisme dans le monde. En France, les pratiques pastorales concernent 22% du cheptel rappelle l’INRAE. Longtemps sous-valorisé, le pastoralisme est loin d’être anecdotique et on redécouvre ses atouts. On estime que les parcours, grâce à l’absence d’intrants et de travail du sol stockeraient 30% du CO2 terrestre. L’entretien des surfaces permis par le pastoralisme est essentiel pour les avalanches, la prévention des incendies, … Face aux défis auxquels est confrontée l’agriculture, changement climatique, renouvellement des générations et attentes sociétales, le pastoralisme peut apporter des réponses concrètes.

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Un système résilient

Depuis ses origines, le pastoralisme s’est toujours adapté. Valorisant la végétation spontanée par la pâturage (définition du pastoralisme), il doit s’adapter à l’évolution des ressources locales à l’heure du changement climatique. Les ressources se font plus rares, les aléas sont plus fréquents, la répartition de l’eau évolue. Sur le rôle du pastoralisme dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, les témoins présents l’affirment : il n’y a pas de solution unique. Les pistes identifiées sont plurielles et dépendent en grande partie du contexte : refends, création de points d’abreuvement, mobilisation de nouvelles surfaces (sous-bois). Des freins existent aussi, notamment réglementaires ou liés à la prédation. Benjamin Paquier, éleveur de tarine en Savoie a dû s’adapter. « On monte désormais plus tôt en alpage et on réorganise le pâturage, explique-t-il. On fait manger certains secteurs avant d’autres et on fait manger moins ras. Nous avons aussi un projet de retenue collinaire. » La gestion de l’eau et la temps nécessaire pour la mise en œuvre des projets pose question. Dans le contexte actuel, attirer les jeunes vers l’agriculture est ardu. Les données sur le renouvellement des générations dans l’élevage pastoral si elles sont disparates semblent montrer que les projets sont avant tout des projets de vie, mûris sur un temps long et les porteurs de projet très différents. L’estive collective proposée dans le Cantal par La Coopérative de Transhumance et d'Amélioration des Structures Agricoles (COPTASA) pourrait être un exemple de projet motivant pour des jeunes installés. Le pastoralisme doit également faire face à des conflits d’usage et à de nouvelles attentes sociétales. Pour cela, il dispose de plusieurs atouts. Il contribue à la préservation de la biodiversité et à l’attractivité et à la vie des territoires. La production de fromages et viandes AOP est en outre non délocalisable et la présence pastorale doit aussi être l’occasion de mieux communiquer et renouer les liens avec le public. Les parcs régionaux peuvent y aider.

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