Nous avons regardé le Droit de Savoir, mardi dernier, sur TF1. Le sujet, "doit-on avoir peur de ce qu’il y a dans notre assiette?", promettait du lourd, du saignant, du scandaleux. En fin de compte, les reportages furent -relativement- équilibrés, en l’absence du complot espéré. On entendit, ô surprise, un nutritionniste expliquer qu’il n’y avait guère -voire aucune- différence, au goût comme du point de vue nutritionnel, entre des oeufs de poules élevées en cage et ceux issus de poules élevées en plein air. On laissa même tenir à un éleveur de poules pondeuses des arguments économiques et agronomiques très sensés, alors même qu’il était filmé comme un voleur, en caméra cachée. N’eût été l’utilisation voyeuriste d’images de parents d’enfants victimes d’une grave intoxication après la consommation de steaks hachés contaminés à l’escherichia coli, on peut dire que l’industrie française de la viande est également ressortie grandie de ce réquisitoire avorté. A visage découvert cette fois, et en dépit de la la délicatesse du propos, les responsables de Soviba firent valoir ce que personne, par démagogie, ne veut faire entendre sur le "risque zéro". Et même si le cerveau disponible à cette heure tardive n’en a pas compris tellement plus sur les OGM, peut-être le téléspectateur de TF1 aura-t-il été frappé d’un contraste parlant. Celui qui est apparu cette semaine entre les rodomontades des députés à l’encontre des cultures génétiquement modifiées et leur silence paralèlle, masquant leur impuissance, sur la présence massive des OGM dans la ration d’animaux que nous consommons tous les jours. Si une émission du Droit de savoir avait réussi cette oeuvre d’éclairage des esprits, ce serait un miracle de l’étrange lucarne.

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