A l’heure où l’Afssa met en place un Comité national vétérinaire « pour un usage raisonné des antibiotiques », plusieurs autorités européennes publient une synthèse scientifique sur la résistance antimicrobienne provenant des animaux et de l’alimentation. La résistance microbienne a augmenté dans le monde, constate le rapport, ce qui complique les traitements des infections en médecine humaine ou vétérinaire. Le rapport plaide en faveur d’un renforcement de la surveillance et pour de nouvelles stratégies de lutte. Des programmes de vaccination pourraient en faire partie. L’accent est mis sur les résistances des bactéries aux traitements contre Salmonella et Campylobacter, les deux infections les plus courantes en Europe. Les biocides (désinfectants, antiseptiques et conservateurs) sont pointés du doigt. « Si l’emploi inapproprié ou l’abus d’antibiotiques continue, nous perdrons les moyens de traiter de graves maladies infectieuses », a déclaré Dominique Monnet du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies. La plupart des cas de résistance de bactéries en élevage sont trouvés dans le tube digestif des volailles, porcs et ruminants. Elles se transmettent aux viandes lors de l’abattage ou de la transformation. Le rapport souligne la difficulté de la surveillance due à la globalisation du commerce alimentaire et aux déplacements humains hors de l’UE.
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