Les sanctions américaines envers les exportations françaises vont bien au-delà du roquefort, qui vient d’être taxé d’un droit de douane de 300 % (Lire LM du 19 janvier). En rétorsion contre l’interdiction de commercialisation du bœuf aux hormones sur le territoire européen, les Etats-Unis vont mettre à jour leur liste de produits dont les droits de douanes s’élèveront à 100 % dès le 23 mars prochain, date de dédouanement ou de sortie d’entrepôts sous douane. Washington veut faire pression sur l’Union européenne pour régler ce contentieux sur la viande bovine, vieux de plus de dix ans. Le foie de volaille frais, réfrigéré ou congelé (y compris le foie gras frais), le jambon séché ou fumé (Bayonne, Parme, etc.), le chewing-gum, les poires et pêches en boîte, les marrons frais ou séchés de France et divers jus de fruits, y compris le mout de raisin, seront ajoutés à la liste de rétorsion. La confiture de framboise, le chocolat et les préparations à base de cacao, originaires de France, sont également concernés.
Les eaux italiennes aussi
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Les eaux minérales italiennes, telles que San Pellegrino, font également partie de cette liste de rétorsion. Les eaux françaises sont épargnées. Selon des sources françaises, la valeur des échanges visés par les rétorsions serait proche des 300 millions de dollars (231,61 M€), tandis que les Américains évoquaient un montant sensiblement inférieur. Selon ces mêmes sources, l’USTR (le commerce extérieur américain) aurait utilisé les chiffres d’importations américaines (valeur en douane) pour la période de référence 1996-1998, ne reflétant pas la valeur des échanges actuels. Certaines filières peuvent toutefois se réjouir car les oignons et échalotes, carottes déshydratées, moutarde, tomates en conserve et soupes en provenance de l’Union européenne ont été retirés de la liste. Vingt-six des 27 pays de l’UE sont visés, le Royaume-Uni seul étant épargné car il a toujours été favorable au bœuf aux hormones. Pour certains, il serait illusoire que les sociétés exportatrices espèrent un règlement rapide du conflit, mais elles ont encore deux mois pour éventuellement constituer un stock de réserve.