Entre le rapport de la Cour des comptes sur « Les soutiens publics aux éleveurs de bovins » et les objectifs de « Planification écologique » annoncés par le gouvernement pour accélérer la réduction des gaz à effet de serre, la filière bovine s’interroge sur l’avenir de son secteur. Depuis la diffusion de ces deux documents le 22 mai, les réactions de mécontentement des professionnels sont nombreuses.
Dans un Tweet posté le 23 mai, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a tenu à apporter son soutien aux éleveurs et « redire quelques évidences ». Il faut, selon lui, « essayer d’aborder cette question avec lucidité et avancer », ce qui n’est pas possible « en stigmatisant et en donnant pour seule perspective à toute une profession la vindicte populaire et la disparition ». Prôner « la décroissance forcée » alors que « la France n’est autosuffisante pour aucune filière animale » lui semble être « hors des réalités » et représenter un risque de « renforcer nos importations » et de « baisser notre souveraineté alimentaire ». Dans son message, le ministre rappelle aussi tous les services environnementaux rendus par l’élevage.
« Pourquoi tant d’acharnement ? »
Lors de la séance de questions au gouvernement le 23 mai à l’Assemblée nationale, le député du groupe Les Républicains Xavier Breton a pris la parole. « Pourquoi tant d’acharnement contre la filière élevage ? » a-t-il demandé à la Première ministre. La réduction importante du cheptel bovin devrait pour la Cour des comptes « s’accompagner d’une limitation de la consommation de viande ». Et le député de s’interroger : « mais de quoi se mêle la Cour des comptes ? ». Pour Xavier Breton, ce n’est pas le rôle de cette juridiction indépendante. « Nous pouvons même nous demander si cette attaque contre la filière viande n’est pas organisée délibérément » a-t-il ajouté. « A quoi cela sert-il d’aller pendant de longues heures à la rencontre de nos éleveurs si c’est pour mieux les poignarder dans le dos quelques semaines plus tard ? ».
De son côté Arnaud Rousseau, nouveau président de la FNSEA, a commenté sur France Info le 24 mai le rapport de la Cour des comptes. S’il reconnaît que « l’agriculture doit fournir un effort », les conclusions de cette étude sont pour lui « simplistes et inexactes ».
La Cour des comptes préconise la baisse du nombre de bovins : le président de la FNSEA se dit "agacé et blessé" https://t.co/5HwNRnQxDg via @franceinf
Les éleveurs font eux aussi connaître leur point de vue sur les réseaux sociaux.
Antoine Thibault (@AgriSkippy) pointe la Cour des comptes mais aussi la distribution en citant Leclerc et le gouvernement en épinglant le ministre de l’Economie. Alors que la population d’éleveurs est vieillissante, « on va clairement dissuader les jeunes de s’installer » déplore-t-il.
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Bruno Cardot fustige lui aussi Bruno Le Maire. Si l’on baisse les élevages bovins, « qu’est-ce qu’on va faire de nos prairies ? » demande-t-il au ministre. Le système « prairie-viande-lait » est « vertueux », estime-t-il. Pas question donc de reconvertir les pâturages et de ne plus exporter explique-t-il avec son franc-parler habituel.
Sur RMC, c’est une bouchère parisienne qui a réagi et apporté son soutien aux éleveurs. Véronique Langlais estime que « chaque semaine, on fait culpabiliser les agriculteurs » alors que « les agriculteurs se remettent en question depuis plusieurs années ».