Diester Industrie s’inquiète pour ses contrats

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La déception des agriculteurs qui ont cultivé du colza cette année inquiète les responsables professionnels de la filière oléagineuse engagés dans la production croissante de diester. Les agriculteurs avaient suivi l’accroissement de la demande en augmentant leurs semis de colza et de tournesol, de façon inédite dans le quart Nord-Ouest du pays. Hélas, un enchaînement de conditions climatiques défavorables a eu raison des conduites culturales les plus irréprochables : les rendements sont médiocres. L’avantage donné au blé par le marché donne raison à ceux qui ont opté pour un assolement à dominante céréalière. D’où les interrogations avenue George V, siège parisien de la Fop (fédération des producteurs) et de Diester Industrie : les agriculteurs vont-ils basculer en masse vers les céréales ? Les inconditionnels du colza vont-ils succomber à la flambée du colza alimentaire et spéculer en dehors des contrats de culture énergétique ?

Un besoin de 500 000 ha supplémentaires

La perspective d’annulation de la jachère obligatoire au titre de la récolte prochaine (confirmation au Conseil de l’UE du 24 septembre) prive l’industrie des agro-carburants de la manne des cultures non-alimentaires sur jachère. Le colza sur jachère a représenté 339 000 hectares cette année pour une surface totale de 1 566 000 ha (selon le Scees). Il ne lui restera que les hectares de cultures énergétiques éligibles à l’aide européenne de 45 euros (490 000 ha en 2007). Or, ces hectares sont contingentés à 2 millions d’hectares dans l’Union à 27. « Il faut que la Commission accepte de déplafonner », a lâché Xavier Beulin, président de la Fop mercredi dernier à Paris, précisant un besoin d’au moins 500 000 hectares supplémentaires de cultures éligibles.

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Xavier Beulin doute de la possibilité de conclure assez de contrats de production pour combler les capacités des unités de production de diester en place (objectif 2009), soit 1 million d’hectares d’oléagineux, deux fois plus qu’aujourd'hui. Pour la récolte 2008, Diester Industrie prévoit un acompte plus alléchant que l’an dernier et un paiement net au moins égal à 95 % du prix moyen du Matif. Si les engagements ne suivent pas, la société ira sur le marché alimentaire, mais à quel prix ?

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