Suite aux élections aux chambres d’agriculture qui ont vu la Coordination rurale remporter le collège 1 dans sept départements de Nouvelle-Aquitaine sur douze contre cinq pour les listes FDSEA-JA, la session d’installation de la nouvelle Chambre régionale du 14 mars 2025 était un événement très attendu.
En février dernier, à l’issue des élections aux chambres d’agriculture, la Coordination rurale obtenait la majorité des votes dans le collège 1 de sept des douze départements de Nouvelle-Aquitaine. Depuis lors, les sessions des chambres départementales ont eu lieu. La Chambre de Gironde et la chambre interdépartementale Charente-Maritime/Deux-Sèvres ont été reprises par les listes FDSEA-JA. En effet, malgré le nombre d’élus remporté par la Coordination rurale dans les collèges 1 de ces deux chambres, le syndicat n’a pu remporter la présidence du fait de l’élection d’une majorité opposée par les collèges 2 à 5.
À la veille de la session d’installation de la chambre régionale, sept chambres départementales étaient donc présidées par les listes FDSEA-JA et cinq par la Coordination rurale. L’enjeu était donc de taille au matin du 14 mars : quelle peut-être l’issue de l’élection ? C‘est l’occasion de revenir sur la composition de la Chambre régionale.
Qui sont les membres de la Chambre régionale ?
Les premiers à être intégrés d’office dans la chambre régionale sont les douze présidents des chambres départementales. Viennent ensuite 59 membres élus dont 36 représentants en provenance du collège 1 (exploitants). Ceux-ci sont issus des listes présentées aux élections. Chaque liste départementale a dû ainsi « flécher » au minimum trois personnes pour les représenter à la chambre régionale. Le scrutin est mixte : les listes gagnantes étant gratifiées d’une prime à la majorité, chaque premier fléché sur les 3 est élu d’office. Les autres sont élus à la proportionnelle. Aux élus du collège 1 viennent s'ajouter ceux des neuf autres collèges qui sont désignés par les élus départementaux des collèges concernés. Le collège des propriétaires fonciers (collège 2) doit élire 2 représentants, celui des salariés doit en élire 8 (4 pour les salariés de la production et 4 pour les salariés des OPA), celui des anciens exploitants élit 2 représentants. Le collège 5 élit pour sa part 11 représentants : 1 pour les Cuma, 1 pour les coopératives, 2 pour le Crédit Agricole, 2 pour la MSA et 2 pour les organisations syndicales.
Réunis à Bordeaux le 14 mars pour le vote, les élus ont désigné Bernard Layre président au 1er tour, par 39 voix, contre 26 pour Bertrand Venteau, candidat de la Coordination Rurale. L’annonce du résultat a suscité la colère de la Coordination rurale qui a lancé deux fumigènes dans la salle en guise de protestation. Le syndicat, qui promet « le chaos », a également refusé de siéger au sein du nouveau bureau de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine qui compte 14 membres (cf. encadrés).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Également président de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques, Bernard Layre déplore le climat actuel : « il y a beaucoup de tension depuis le résultat des élections aux chambres d'agriculture de février dernier mais le plus important c'est le message qui nous a été envoyé par les agriculteurs. Un message qui témoigne de leur lassitude et de leur énervement. Aujourd'hui, la profession agricole est la seule à vendre à perte, la seule à subir des entraves à la liberté d'entreprendre, elle est victime de l'inertie, des lenteurs administratives qui empêchent production et investissement. Sur ces cinq dernières années, l’agriculture a perdu beaucoup de compétitivité en Nouvelle Aquitaine. Nous avons besoin de concret pour redonner confiance aux agriculteurs. Nous devons pouvoir conserver nos moyens de production face au changement climatique, à la pression sanitaire sans précédent que nous subissons. L'agriculture est prête à avancer mais il faut l'aider. Nous devons continuer à travailler pour une meilleure rémunération, des charges plus faibles et nous devons contraindre ceux qui entravent l'agriculture aujourd'hui. »