Argentine : 2 points de compétitivité supplémentaires pour les blés argentins avec la baisse des taxes à l’export
Le niveau du tarif d’exportation prélevé par l’État argentin sur les exportations de blés a été réduit par décret de 7,5 % à 5,5 % de leur valeur FOB. L’objectif est d’encourager les agriculteurs argentins à semer davantage de blé alors que les semis pour la campagne 2026-2027 débutent.
Le niveau du tarif d’exportation prélevé par l’État argentin sur les exportations de blés a été réduit par décret de 7,5 % à 5,5 % de leur valeur FOB. L’objectif est d’encourager les agriculteurs argentins à semer davantage de blé alors que les semis pour la campagne 2026-2027 débutent.
En Argentine, le gouvernement de Javier Milei annoncé l’abaissement des taxes appliquées aux exportations de blé, maïs, sorgho et soja. Objectif : booster les surfaces et la compétitivité des grains argentins.
Vers une élimination des taxes sur le blé argentin ?
Dans le détail, en blé, l’abaissement de la taxe est immédiat, de 7,5 % à 5,5 %, et survient en pleine campagne des semis. Au-delà de l’augmentation des surfaces, l’effet escompté est aussi de motiver les céréaliers argentins à mettre le paquet au niveau technologique (semences et engrais).
En soja, les exportateurs de fèves basés en Argentine continueront dans un premier temps de payer à l’État argentin le même lourd tribut qu’actuellement, soit 24 % de leur valeur FOB, durant en 2026 et 2027. La ponction s’abaissera à 21 % en 2028 puis à 15 % à partir de 2029.
En maïs et sorgho, la mesure porte sur une réduction du niveau de la taxe de 8,5 % à 7,5 % à partir de 2027, et à 5,5 % à partir de 2029.
En tournesol, certaines variétés seront exemptées de droits à l’export tandis que la taxe sur l’exportation d’huiles et de tourteaux sera progressivement abaissée à partir de 2028 à un niveau situé entre 1 % et 3 % de la valeur FOB de ces marchandises.
Gain de compétitivité pour les céréales argentines
Cette baisse des taxes à l’export sur les céréales argentines va faire gagner 2 % de valeur FOB à cette origine. Mais on aurait tort de ne retenir que ce chiffre. « Notre gouvernement considère que ces taxes doivent être éliminées. […] Nous avons établi un programme graduel de réduction de leur niveau afin de promouvoir la production agricole », dit le texte du décret sans toutefois préciser de date pour leur élimination. « L’impact de cet allégement fiscal sur la sole de blé argentine 2026-2027 est difficile à mesurer. Les céréaliers en verront-ils seulement la couleur ? », se demande l’analyste marché Gustavo López, intervenant du congrès A Todo Trigo qui s’est tenu à Mar del Plata, le 15 mai dernier.
« La moisson de blé argentine 2026-2027 pourrait être de 23 millions de tonnes (Mt) », estimait-il le 15 mai dernier. Entre-temps, la taxe à l’export des grains de blé a été abaissée. En outre, l’Institut national de technologie agricole argentin a confirmé dans ses pronostics climatiques la matérialisation du phénomène El Niño avec de fortes pluies continues attendues dans toute la région pampéenne. Le scénario idéal de la campagne record de 2025-2026 (27,5 Mt) semble se répéter, avec une tempête arrosée toutes les semaines pendant des mois. À ce stade-là, même s’il est tôt pour le dire, l’hypothèse d’une récolte argentine 2026-2027 de nouveau supérieure à 25 Mt n’est pas à exclure.
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Au 16 juin dernier, selon la Bourse aux céréales de Buenos Aires (BCBA), qui prévoit une sole nationale de 6,5 millions d’hectares en 2026-2027 (6,7 Mha en 2025-2026), 44,2 % de la nouvelle sole de blé argentine était déjà implantée. Si ces prévisions se confirment, la baisse du niveau des taxes à l’export y aura fortement contribué.
Lors du congrès de Mar del Plata, le secrétaire d’État à l’Agriculture argentin, Sergio Iraeta, lui-même céréalier de métier, a encouragé ses pairs à semer davantage de blé, provoquant des rires ironiques dans la salle dans un contexte de flambée des prix des engrais.
De nouvelles destinations à l’export pour les blés argentins
Dix jours plus tard, le même homme reparaissait en public, au congrès de la filière argentine du maïs (Maizar), organisé à Buenos Airesle 27 mai, fort d’une conquête de son cabinet : la baisse de la taxe sur les exportations de blé, de maïs, soja et sorgho. « Maintenant, c’est à vous de passer à l’acte », a-t-il dit aux agriculteurs argentins avec, cette fois, un meilleur accueil de leur part.
Ce contexte offre à l’Argentine de nouvelles perspectives à l’export. Selon l’analyste Gustavo López, « les destinations d’exportation des blés argentins se sont diversifiées. Le Brésil n’est plus le marché par excellence de nos blés. On en vend désormais davantage en Asie du Sud-Est. Et nos marchés africains ne sont plus limités au Maghreb », a-t-il précisé.
Une campagne commerciale record en 2025-2026 pour les blés argentins
Au niveau commercial, l’heure est au bilan de cette campagne export record pour les blés argentins. Forts d'une récolte exceptionnelle entre décembre et mars dernier (28 Mt), « nous avons exporté autant – soit 12 Mt – en trois mois et demi (de janvier à mi-avril) que durant toute la campagne d’export précédente ! Et nous avons encore sur les bras 8 Mt pour l’export », estimait Gustavo López à la mi-mai.
Un autre ponte argentin de l’analyse des marchés, Enrique Erize, revient sur cette campagne record : « Il y a d’abord eu à partir du mois de décembre, une chute abrupte des prix du blé sur la place argentine suite à l’arrivée des 28 Mt de la récolte avec un stock de report de 2 Mt et une consommation intérieure de 7 Mt, soit un excédent de 22 Mt. Du jamais vu. Les prix FOB argentins sont descendus à 50 dollars de moins que l’origine Golfe du Mexique. Là encore, du jamais vu. Nos blés étaient devenus moins cher que le maïs. Les majors du négoce basées en Argentine les ont alors vendus (au cours du premier semestre 2026) là où elles n’en vendaient jamais : en Chine, 400 000 t ; et, dans des proportions inédites, au Vietnam : 2,8 Mt ; au Bangladesh : 2 Mt, soit plus qu’au Brésil à 1,8 Mt ; à l’Algérie pour 400 000 t ; au Maroc : 700 000 t. »