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Nourrissement : les chiffres clés de 2025

En 2025, une enquête auprès de 575 apiculteurs révèle des pratiques de nourrissement globalement stables mais très variables selon les régions et les objectifs.

À l’automne 2025, 575 apiculteurs nous ont livré leurs pratiques de nourrissement en répondant à l’enquête nationale sur la production de la saison 2025 menée par Résapi. Ils sont situés dans toutes les régions de France métropolitaine.

Dans les résultats, les quantités sont exprimées en kilogrammes équivalent sucre. En effet, les différents types de nourrissement ne contiennent pas la même proportion de sucre. Par exemple, 1 kg de candi contient environ 0,92 kg de sucre. Chaque type de nourrissement est donc converti en quantité équivalente de sucre pour pouvoir les comparer.

De 3 à 15 kg de sucre par colonie hivernée

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Quantité de sucre distribuée en 2025 © Résapi
En moyenne, entre le 1er septembre 2024 et le 31 août 2025, les apiculteurs ayant plus de cinquante colonies ont distribués 7,18 kg équivalent sucre par colonie hivernée. Au-delà de cette moyenne, on observe une grande variabilité régionale, avec des fourchettes allant de 2,7 à 15,1 kg par colonie hivernée. Cette importante fourchette peut s’expliquer par la diversité des contextes climatiques de l’année ou par la diversité des pratiques techniques des apiculteurs. Certains apiculteurs indiquent aussi avoir nourri de manière conséquente pour développer leur cheptel, suite à d’importantes mortalités.
Les croix indiquent la moyenne, les barres indiquent la médiane

Évolution de la quantité de sucre distribuée

<em class="placeholder">Évolution de la quantité de sucre distribuée</em>
Évolution de la quantité de sucre distribuée © ADA Aura
La quantité moyenne de nourrissement distribuée est équivalente à 2024. 7,18 kg équivalent sucre en 2025 contre 7,05 en 2024. En 2024, l’enquête n’avait été menée que dans huit des treize régions de France métropolitaine. Dans cinq régions, la quantité de nourrissement distribuée a augmenté entre 15 et 57 % par rapport à l’année passée. En Corse et dans le Centre, la quantité distribuée est stable, mais elle a diminué en Nouvelle-Aquitaine de 37 %. Cette variabilité interrégion peut être en partie expliquée par la variabilité des conditions météorologiques entre les régions. Par exemple, pour la Nouvelle-Aquitaine, la météo du printemps 2024 a été catastrophique du point de vue apicole : pluviométrie intense provoquant une disette exceptionnelle sur toute la période printanière, contrairement à 2025. La variabilité peut aussi s’expliquer par la différence de l’échantillon d’apiculteurs répondants.

Le sirop du commerce et candi du commerce sont les produits les plus utilisés

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Type de produits de nourrissement utilisés © Résapi
En apiculture conventionnelle, les apiculteurs privilégient le sirop du commerce (80 %) par rapport au sirop « maison » (18 %), tandis qu’en apiculture biologique, l’utilisation est quasi similaire avec 54 % pour le sirop « maison » et 48 % pour le sirop du commerce. Le candi du commerce est majoritairement utilisé dans les deux systèmes (68 %), le candi « maison » est utilisé de manière marginale (4 %). Pour le miel issu de l’exploitation, 31 % des apiculteurs en agriculture biologique en utilisent, contre 21 % des apiculteurs conventionnels. Enfin, les pâtes protéinées du commerce sont utilisées par 19 % des apiculteurs conventionnels, et pour celles faites « maison » : 6 % des conventionnels en utilisent, contre 5 % en apiculture biologique.
En bio, le nourrissement est possible lorsque la survie des colonies est en jeu en raison des conditions climatiques (RUE 2018) ou autres que climatiques (RUE délégué 2020). Il est possible de nourrir avec du miel/sucre/sirop et pollen biologique.

Quel produit pour quel usage ?

<em class="placeholder">Usages des différents types de nourrissement</em>
Usages des différents types de nourrissement © ADA Aura
Les sirops sont principalement utilisés pour constituer à l’automne les réserves hivernales et pour le développement des essaims. Le candi est, quant à lui, majoritairement utilisé en complément pendant l’hiver. Le miel produit sur l’exploitation est utilisé de manière équivalente pour l’ensemble des pratiques de nourrissement. Enfin, la pâte protéinée est surtout utilisée pour l’atelier d’élevage, ainsi que pour la constitution des réserves automnales et le développement des essaims.

Nourrissement des exploitations spécialisées en élevage

Les exploitations qui vendent des produits d’élevage (essaims, reines…) nourrissent en moyenne avec 8,5 kg de sucre par colonie hivernée, soit 18 % de plus que la moyenne, contre 6,5 kg par colonie pour les exploitations qui ne vendent pas de produits d’élevage.

Perception du nourrissement par les apiculteurs

<em class="placeholder">Perception du nourrissement par les apiculteurs</em>
Perception du nourrissement par les apiculteurs © Résapi
Pour étudier si la perception des apiculteurs sur les quantités de nourrissements distribuées correspond aux quantités réelles distribuées, les quantités de sucre ont été comparées avec l’appréciation du nourrissement déclaré par l’apiculteur, sur une note de 1 (je nourris beaucoup) à 5 (je nourris peu). Les résultats montrent que les quantités réellement distribuées varient relativement peu selon cette perception. La quantité moyenne la plus élevée est observée chez les apiculteurs se situant dans la moyenne (note 3 sur 5), avec 8 kg distribués en moyenne. Les apiculteurs déclarant avoir beaucoup nourri (note 1) distribuent en moyenne 7 kg, soit une quantité inférieure à celle de la catégorie intermédiaire. À l’inverse, les apiculteurs indiquant avoir peu nourri (note 5) présentent la quantité moyenne la plus faible : 6 kg. Ces résultats suggèrent que les apiculteurs qui nourrissent « peu » savent bien s’évaluer par rapport à la moyenne, en revanche, ceux qui perçoivent nourrir de manière « moyenne » sont ceux qui distribuent le plus de nourrissement.

Perspectives du groupe de travail nourrissement

En 2026, le groupe de travail nourrissement a lancé une enquête nationale en ligne sur le nourrissement et des entretiens auprès des apiculteurs. L’objectif est d’obtenir des références technico-économiques et des portraits de stratégies de nourrissements, pour se situer, s’inspirer et améliorer. Les travaux sont menés grâce au soutient financier l’InterApi.

Cet article a été rédigé avec le soutien financier d’Interapi. Merci aux apiculteurs qui ont répondu à l’enquête et qui nous ont permis de vous fournir ces données de référence.
Rédaction Réussir

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