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Le b.a.-ba pour débuter un atelier de transformation de miel

L’intérêt de la diversification en apiculture prend tout son sens dans un contexte de changement climatique, qui impacte fortement la production de miel d’une année sur l’autre. Pour un apiculteur ayant peu de ruches ou lors des mauvaises années, la diversification peut représenter une réelle aide économique. Voici quelques conseils pour se lancer.

© A. Ballis

Les producteurs doivent faire évoluer leur système pour stabiliser leur chiffre d’affaires d’une année sur l’autre et apporter un complément de revenu. Pour cela, l’atelier de transformation doit être mené avec l’objectif d’en tirer un véritable revenu. La plus-value économique peut alors aller de 10 à 50 % du revenu.

Comment débuter un atelier de transformation

Commencer par un produit simple techniquement parlant et connu des consommateurs pour vendre facilement : caramel au miel ou pâte à tartiner par exemple. Ces produits ne demandent pas d’investissement particulier et élargissent la gamme sans recourir à des normes d’hygiène contraignantes. Les produits transformés sont vendus exclusivement en direct ou demi-gros. Il faudra donc faire connaître le produit et cela demande du temps.

Deux pistes pour faire évoluer sa gamme de produits

- Faire des formations et suivre à la lettre des recettes préétablies (elles seront toujours à adapter car elles dépendent du type de miel utilisé, de l’altitude et de l’hygrométrie du lieu de transformation surtout pour le pain d’épices ou le nougat) élaborer ses recettes et faire des tests sur une année, les produits peuvent alors être approuvés par son entourage.

- En terme économique, ne projetez pas un chiffre d’affaires trop conséquent les cinq premières années, sauf à avoir un circuit de commercialisation déjà bien en place. Les retours d’expériences montrent que l’on peut tabler sur 1 000 euros à 5 000 euros de CA par an si l’on propose des pâtes à tartiner ou pain d’épices. Après avoir élargi sa gamme et développé son réseau commercial on peut espérer 10 000 euros voire 30 000 euros si l’on veut vraiment se spécialiser.

Ne pas négliger les emballages !

Le choix de l’emballage a un impact sur la conservation mais aussi sur la présentation des produits. Le sous-vide préserve l’aliment mais n’est pas adapté à certains produits comme le pain d’épices par exemple. Certains plastiques sont hermétiques à l’air et d’autres non, le papier azyme est difficile à trouver si l’on est certifié en AB… Bref, l’emballage reste encore un frein pour certains produits, surtout si l’on veut limiter l’utilisation du plastique.

Avis - Alain Condon, apiculteur professionnel et pâtissier de formation à Coyac en Haute-Loire

Le nougat comporte plusieurs avantages

« Il y a des produits de diversification assez simples à mener. Concernant les gâteaux et les pâtes à tartiner, la majorité des apicultrices et apiculteurs en produisent. L’enjeu serait de passer un cap pour se professionnaliser sur ces produits et savoir ainsi se démarquer. Enfin pour le nougat, ce produit comporte plusieurs avantages. Il peut se conserver facilement et assez longtemps, ce qui permet de le vendre autant en vente directe que dans les magasins. C’est un produit très bien identifié partout en France qui est souvent de qualité moyenne dans les commerces et chez les revendeurs. C’est une réelle plus value pour l’apiculteur s’il arrive avec un nougat de qualité qui a du goût ! »

En savoir plus

Ces conseils sont issus d’expériences d’apiculteurs, de formateurs en produits transformés et de l’expérience de techniciennes de l’ADA Aura et de l’ADA Occitanie. Un travail plus approfondi sur les produits transformés sera porté dans le réseau des ADA.

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