La production de miel 2025 dessine une nouvelle France apicole
Avec 38 300 tonnes, la France signe en 2025 sa meilleure production de miel depuis 2014.
Alors que 2024 fut une mauvaise année de production à l’échelle de la France, la plupart des régions ont renoué, en 2025, avec des rendements à la ruche satisfaisants pour les apiculteurs. L’Occitanie, Sud-Paca, la Corse et la Nouvelle-Aquitaine, cependant, ne sortent pas d’une série de mauvaises années, qui laisse à penser que la tendance de moindre production sera durable.
Un été hétérogène, après un printemps globalement très bon
Pour la troisième année consécutive, Résapi a conduit une large enquête nationale à l’issue de la saison apicole. Cette enquête, coordonnée par l’Itsap-Institut de l’abeille, et mise en œuvre par les ADA, permet le recueil d’un grand nombre de données apicoles chaque année. Parmi celles-ci, la production de miel. Sur la base de l’enquête Résapi, ADA France réalise un travail d’extrapolation pour estimer le tonnage national de miel produit.
En 2025, malgré la présence massive du frelon à pattes jaunes sur l’ensemble du territoire (sauf la Corse), le printemps a bien démarré, et toutes les régions ont pu réaliser de belles miellées de début de saison : le colza et l’acacia furent au rendez-vous. Une vague de chaleur dans la deuxième quinzaine de juin a cependant mis un frein à la plupart des miellées d’été, principalement dans le sud du pays. Cette vague de chaleur, particulièrement intense et précoce, place ce mois de juin au deuxième rang des mois de juin les plus chauds depuis 1900, derrière juin 2003.
Retour sur les quatre dernières saisons
Cinq régions se démarquent en 2025, avec des rendements par ruche mise en production de plus de 49 kilos : Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Normandie et Grand Est. Pour les régions du sud, la situation se complique d’année en année. En vivant plusieurs mauvaises années consécutives, les exploitations peinent à générer un chiffre d’affaires suffisant, et les rendements de référence, base pour le calcul de l’indemnisation de solidarité nationale, baissent. Rappelons ici que les productions sont renseignées par les apiculteurs et attribuées par défaut à la région de leur siège d’exploitation. Une partie des tonnages attribués à la région Sud-Paca, par exemple, sont produits plus au nord. Enfin, le frelon à pattes jaunes devient une réalité très impactante sur les exploitations apicoles. Sa présence n’affecte pas forcément les rendements des ruches mises en production, mais elle engendre de lourdes pertes, que l’apiculteur doit compenser en travail d’élevage ou en achat de cheptel, et induit une surcharge de travail ainsi qu’un stress supplémentaire en saison.