Salers : cap sur Issoire pour Alsace
Alsace s’apprête à découvrir le National salers à Issoire. Une première pour cette génisse, mais aussi pour le Gaec Combourieu-Prunet, porté par l’enthousiasme de Loane, 13 ans.
Alsace s’apprête à découvrir le National salers à Issoire. Une première pour cette génisse, mais aussi pour le Gaec Combourieu-Prunet, porté par l’enthousiasme de Loane, 13 ans.
Ce lundi après-midi de mi-septembre encore estival, Alsace, une génisse de 18 mois, préfère visiblement profiter tranquillement des repousses d’herbe que de poser pour la photo. Mais nul doute que ce week-end, après de dernières séances de dressage, elle sera fin prête pour fouler le ring du National salers à Issoire, une
première sortie pour cette femelle née au Gaec Combourieu-Prunet(1) à Brommet de Pailherols. Une première aussi pour Julien Combourieu et Lucie Prunet, installés depuis cinq ans, sans oublier Loane, leur fille aînée de 13 ans, la plus motivée de toute la famille. C’est d’ailleurs un peu pour elle que les deux associés ont décidé de s’aligner.
Loane, 13 ans et déjà une vraie meneuse
Après Mur-de-Barrez et la Fête de l’élevage, l’adolescente avait en effet coché à son agenda un autre concours de jeunes meneurs... celui du National de sa race fétiche. Seul bémol pour cette passionnée d’acajou : elle n’a pas obtenu de dispense du collège pour monter dès vendredi dans le Puy-de-Dôme. Elle rejoindra donc samedi son père, Alsace et Bora Bora, la velle qu’elle présente. À Mur-de-Barrez, bien que la benjamine des concurrents, elle s’était hissée à la deuxième place. Une fierté pour elle comme pour ses parents. “En hiver, il n’est pas rare qu’en rentrant un peu tard de la chasse, je trouve déjà les vaches au cornadis grâce à Loane”, sourit son père.
En famille, ce dernier prépare les deux jeunes femelles depuis deux mois et demi : un peu d’aliment spécifique pour Alsace, séances de dressage et brossage. S’il aligne Alsace, c’est pour son p’tit truc en plus repéré dès son plus jeune âge : “Elle a un gros développement squelettique doublé d’un bon développement musculaire, ça fait une bonne moyenne et elle a toujours eu un gabarit hors normes... et puis elle est brave”, liste l’éleveur.
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Sans corne mais pas sans atouts
Seul potentiel handicap : comme toutes les femelles du troupeau, Alsace est une salers sans corne. Un choix assumé de Julien Combourieu : “J’ai été salarié agricole pendant 15 ans, j’ai travaillé dans des élevages avec cornes, d’autres sans, j’ai vu des accidents avec les cornes... C’est la raison pour laquelle je les écorne à la naissance avec un gel spécifique. C’est vraiment par sécurité et je ne reviendrai pas en arrière.” Les veaux mâles pourraient bientôt suivre le même chemin, “ils se font mal au cornadis”, explique l’éleveur.
Plus de muscles et d’homogénéité
Le couple, qui a repris l’exploitation familiale des Combourieu, s’oriente progressivement vers une conduite en pur (cette année, le ratio est passé à 75 %) avec la volonté d’améliorer la qualité génétique du troupeau, “d’avoir un plus grand choix de sélection”. “Avec le croisement charolais, on valorise les veaux un peu mieux mais on n’améliore pas la race”, souligne l’agriculteur du Carladès. Et les deux associés ont mis tous les atouts de leur côté : adhésion à Bovin croissance, inscription au Herd-book, premier veau mis fin août en station (un frère d’Alsace)... “À la dernière vente au Fau, on a essayé avec un autre éleveur d’acheter ensemble un veau qualifié, mais ça n’a pas marché, ça viendra”, assure, confiant, Julien Combourieu. Outre ses broutards, le Gaec commercialise quelques animaux pour la reproduction, mâles et femelles.
Son ambition : apporter de la viande et du gabarit sur des salers qui affichent déjà qualités maternelles et développement squelettique, en recourant à l’IA et à un taureau acheté l’an dernier à la vente de reproducteurs salers d’Altitude. À terme, il s’agit d’arriver à un troupeau plus homogène. “Même si on trie tous les ans, il y a encore du boulot”, confie-t-il.
(1) 80 mères (vêlages novembre-décembre-janvier), 150 ha de SAU (prairies et un peu de céréales) sur quatre sites, dont deux estives. Pâturage tournant hors estives.
Eleveurs et traiteurs
Parallèlement à son installation avec son conjoint, Lucie Prunet a conservé son entreprise de traiteur “L’atelier du terroir”. Présente sur les marchés (notamment le samedi matin à Aurillac, mais aussi sur les marchés de pays), l’éleveuse pluriactive y vend les pountis, choux farcis, farçous, bourriols qu’elle confectionne avec la farine produite sur l’exploitation et les légumes cultivés sur place. Ajouter des plats préparés avec la viande du troupeau salers ? Ce n’est pas à l’ordre du jour. “On engraisse quelques vaches mais uniquement pour des foires, comme pour celle d’Arpajon-sur-Cère, mais l’engraissement ce n’est pas ma spécialité, chacun son boulot”, déclare Julien Combourieu.