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Week-end génétique et technique autour de l'élevage laitier

Très professionnelles, les premières journées laitières départementales ont attiré de nombreux éleveurs venus admirer les plus belles laitières de notre département. À St Paulien, les 14 et 15 novembre 2009, 150 vaches laitières venant de toute la Haute-Loire s'affrontaient sur 4 concours : Montbéliarde, Prim'Holstein, Abondance et Tarine. La technique était au coeur de ces deux journées organisées par la Chambre d'Agriculture et l'EDE, en partenariat avec le Contrôle Laitier, Codélia et le GDS. Les responsables ont profité de cet évènement pour mettre l'accent sur l'élevage des génisses pour préparer la production laitière de demain.

Les 14 et 15 novembre dernier,  la Chambre d’Agriculture -EDE (Etablissement Départemental de l’Elevage)- organisait en partenariat avec le Contrôle laitier, Codélia et le GDS les toutes premières journées laitières départementales.

Défilé de beaux spécimen

Durant ces deux jours, les plus belles génisses et vaches laitières de races Montbéliarde, Prim’Holstein, Abondance et Tarine se sont rassemblées dans la halle du Chomeil à St Paulien.
Au cours de ces journées, 150 vaches provenant de toute la  Haute-Loire ont participé aux 4 concours par race. Une dizaine de génisses toutes races laitières de moins de 1 an était également en présentation.
Soigneusement lavées, brossées, et pour certaines laquées et pailletées, par leur propriétaire, les vaches candidates ont défilé devant les spectateurs admiratifs et les juges par race, en s’efforçant d’adopter la démarche la plus élégante possible. 
Ces concours ont permis aux éleveurs de comparer la génétique de leur troupeau et d’échanger autour de leur métier et de leurs techniques d’élevage.
La technique se trouvait fondamentalement au cœur de ces journées laitières en particulier avec l’animation «génisse» proposée par les organisateurs de ces rencontres professionnelles (voir article ci-dessous).

Installer des jeunes en production laitière

Michel Chouvier, président de l’EDE nous a présenté les objectifs de ces journées laitières qui se dérouleront désormais tous les deux ans en alternance avec une manifestation dédiée à l’élevage allaitant : «La Chambre d’Agriculture a souhaité organiser ces journées laitières pour montrer que demain, on aura besoin de produire du lait en Haute-Loire. Le lait est notre première production, et si l’on veut un élevage dynamique pour demain, il faut installer des jeunes en production laitière. Ce type de manifestations montre que bon nombre d’éleveurs sont passionnés par leur métier et visent l’excellence pour leur troupeau».

Maîtriser les techniques d’élevage

Malgré la conjoncture actuelle qui plonge les agriculteurs dans des difficultés économiques, pour Michel Chouvier , «si nous voulons survivre, nous n’avons pas d’autres solutions que de maîtriser les techniques d’élevage».
Ces rencontres professionnelles auront réussi leur pari en créant une émulation autour de la technique en élevage laitier.

Pour connaître les résultats complets des 4 concours, voir La Haute-Loire paysanne du 20 novembre en page 5.

«Préparer la production laitière de demain, c’est élever ses propres génisses»

Au cours des journées laitières départementales, les structures d’élevage organisatrices ont souhaité développer un thème technique d’importance : l’élevage des génisses. En Haute-Loire, 60% des génisses vêlées en 2008 ont été achetées.
En se rendant sur le stand dédié à cette thématique et en écoutant les interventions des techniciens, les éleveurs ont pu se rendre compte de l’intérêt d’élever ses propres génisses. Michel Chouvier a listé tous les bénéfices que l’éleveur retire de cette pratique : «En élevant ses génisses, on maîtrise la qualité génétique de ses animaux car on conserve les meilleures vaches pour les accoupler avec les meilleurs taureaux. On maîtrise aussi la qualité sanitaire de son troupeau ; les échanges avec l’extérieur étant moindres, les risques de développement de maladies sont moins importants».
Autre message fort autour duquel les techniciens ont largement communiqué est l’âge au vêlage ; ces derniers conseillent un vêlage jeune à l’âge de 2 ans.  Faire vêler jeune induit des coûts moins élevés pour l’éleveur puisque l’animal est une charge sur deux ans au lieu de trois ! D’autre part, les présentations de vaches à la carrière record ont permis de prouver que les animaux qui vêlent tôt sont de meilleure qualité ; «leur mamelle apparaît moins chargée tout au long de leur vie ; or l’ennemi de la mamelle, c’est la graisse. D’ailleurs la première cause de réforme pour une vache c’est une mamelle qui lâche» a expliqué Michel Chouvier.
Et d’ajouter : «Le vêlage jeune permet également aux éleveurs de gagner une année de progrès génétique».

Quelques enseignements techniques

- Courbe de croissance : des génisses trop légères en première lactation produiront 50 à 90 L de lait de moins par 10 kg de poids vif manquant.
- Dans l’objectif d’un vêlage à 2 ans, contrôlez les croissances de vos génisses :  200 kg à 6 mois, 330 kg à 1 an, 400 kg à 15 mois pour l’insémination
- Génétique : procréér vos génisses en inséminant les meilleures vaches avec les taureaux adaptés à vos objectifs de production. La semence sexée, la collecte d’embryons sont des solutions pour assurer une descendance femelle sur les meilleures vaches.
Inséminer vos génisses en race pure.
- Un pâturage (de bonne qualité et associé à un parasitisme maîtrisé) améliore la qualité des génisses : mise à l’herbe dès la première année à l’âge de 6 mois ; le développement squelettique et donc le gabarit est amélioré et le développement de la mamelle est favorisé sans excès d’engraissement.
- Mise à la reproducton : autour de l’IA (3 semaines avant et après)
- Alimentation : évitez les transitions, attention aux excès d’azote soluble, apport de concentré adapté à l’état et à la croissance, assurez une bonne minéralisation continue, assurez une croissance régulière pour améliorer la fertilité, à partir de 400 kg, contrôlez les poids, notez les chaleurs et n’inséminez pas sur la 1ère chaleur, assurez-vous que la génisse soit cyclée…
- Sanitaire : maîtriser la douve, le paramphistome, les strongles. Attention à la Coccidiose, une maladie qui pénalise la croissance de l’animal dès le premier mois de sa vie. Notons que dans les 6 premiers mois de vie, il n’y a pas de croissance compensatoire.
- Coût de production d’une génisse en vêlage à 2 ans : 1250 euros.

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