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Vet'Sécurité : à la conquête du marché du workwear

La PME aurillacoise de e-commerce devenue leader français des vêtements de sécurité a fait des premiers pas plus que prometteurs sur le marché du vêtement de travail.

Emmanuel Marot, à gauche, et des collaborateurs, présentent quelques-uns des 15 000 articles référencés par vetsecurite.com.
Emmanuel Marot, à gauche, et des collaborateurs, présentent quelques-uns des 15 000 articles référencés par vetsecurite.com.
© P. O.

Devenir le Zalando du workwear (vêtements de travail) : c'est l'ambition affichée par la PME cantalienne Vet'Sécurité. Inutile de chercher la boutique de cette société des plus discrètes créée il y a à peine plus de dix ans par Olivier Finet(1), par ailleurs propriétaire des magasins La Foir'Fouille d'Aurillac, Rodez, Millau et Brive : vetsecurite.com est un "pur player" qui commercialise ses 15 000 références (et 50 000 déclinaisons) uniquement via son site Internet. Sur cette vitrine virtuelle, ce sont près de 20 000 commandes mensuelles qui sont
passées par des internautes partout en France, conférant à l'entreprise une croissance quasi exponentielle. Depuis ses débuts autour de vêtements destinés aux agents de sécurité privée et  incendie, son chiffre d'affaires annuel progresse ainsi en moyenne de près de 60 %, avec un nouveau coup d'accélérateur attendu en 2021.

Du choix, du stock, de la réactivité
En 2010, quand Emmanuel Marot devient le premier salarié de l'entreprise, rien ne laisse pourtant présager un tel essor. "J'avais rencontré lors d'une réunion un collègue de la Foir'Fouille d'Annecy qui venait de créer le site DeguiseToi. Le site affichait plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires dès la première année. Je me suis dit "pourquoi ne pas créer un truc sur Internet ?", sachant que j'avais un petit rayon de vêtements de sécurité à Aurillac qui fonctionnait pas trop mal", relate Olivier Finet. Le test est d'emblée concluant.
Ancien réserviste de la gendarmerie, Emmanuel Marot a lui l'idée d'un premier élargissement de la gamme pour répondre aux besoins de produits annexes des forces de l'ordre : gendarmes, policiers, militaires. "Au-delà de leur dotation, je me suis aperçu que tous avaient besoin de trouver des accessoires complémentaires : des ceinturons, chaussures plus confortables, mousquetons, lampes, sacs à dos...", expose celui qui est aujourd'hui directeur de Vet'Sécurité. Cette gamme de vêtements et accessoires non floqués ni logotés - accessibles également aux particuliers - va s'étoffer au fil des échanges avec les fonctionnaires.

Leader tricolore du vêtement de sécurité
L'adéquation est telle qu'en quelques années, la société aurillacoise devient leader du marché national, détrônant les petites boutiques le plus souvent implantées en face d'une école de gendarmerie ou d'une caserne. "On ne pensait pas que le marché était si mature et que ce public allait commander autant sur Internet", souligne Olivier Finet. Il faut dire que Vet'Sécurité a plus d'un atout dans sa manche : le choix, le stock (80 % des articles disponibles en stock) et une rapidité de livraison inégalée : une commande passée avant 18 heures est expédiée le soir-même et livrée en moins de 48 heures.
Si ce secteur "tactique-sécurité" représente aujourd'hui 80 % du chiffre d'affaires, le site s'est aussi fait un nom sur le marché des vêtements de loisirs et outdoor. Une tendance renforcée depuis un an à la faveur des confinements : les Français se sont découverts des envies d'évasion, d'aventure et bivouac. "Nos produits sont testés par les militaires sur le terrain en Guyane, au Mali... Pour un Parisien qui veut gravir le Puy Mary, ce sont des garanties suffisantes", s'amuse Olivier Finet.
Dernier pari en date : investir le marché - infini - du vêtement de travail. "Ça fait deux ans qu'on y travaille, on a lancé notre gamme en janvier dernier en ciblant d'abord les secteurs du BTP, de l'industrie et de la logistique avant d'aller sur les métiers de bouche, du bien-être... qui étaient alors à l'arrêt." Les premiers résultats sont à la hauteur des moyens déployés : "On a tout de suite voulu avoir des stocks importants, mais c'est comme ça qu'on fait la différence avec nos concurrents", fait valoir le président d'Aurillac Diff. "On a réalisé en cinq mois le chiffre d'affaires qu'on avait mis quatre ans à engranger quand on a démarré sur le vêtement de sécurité", s'enthousiasme Emmanuel Marot, qui ne cache cependant pas la complexité de ce nouveau positionnement et de cette croissance : "Depuis le début de l'année, on recrute une personne par mois." Du personnel qu'il faut souvent former en interne, faute de trouver les profils recherchés.

Dépoussiérer l'image du vêtement de travail
Une complexité en termes d'infrastructures aussi, Vet'Sécurité commençant à être sérieusement à l'étroit dans sa garde-robe de 2 000 m2, au point d'empiéter sur le voisin La Foir'Fouille... D'autant que d'ici deux ans, forte de ce dressing imposant et diversifié, la PME compte courtiser le marché du workwear à l'international en misant sur une image plus moderne de tenues qui répondent désormais aux codes et tendances de la mode : gilets ajustés, chaussures de sécurité aux allures de baskets de trail... "Sur ce marché, il y a déjà de gros, très gros faiseurs, dont quelques purs players qui se sont lancés il y a dix ans déjà... On les a étudiés, à nous d'être un peu plus malins pour compenser ce retard...", glisse sans complexe Olivier Finet.

(1)  Président de la SAS Aurillac Diff.

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